La police turque a procédé à l'arrestation de 32 internautes suspectés d'appartenir au mouvement Anonymous. Cinq d'entre eux sont encore mineurs. Ils sont suspectés d'être à l'origine des attaques DDOS qui ont touché plusieurs sites gouvernementaux. Des attaques qui surviennent alors qu'une nouvelle loi sur les communications en ligne va entrer en vigueur en août

Les arrestations d’internautes suspectés d’appartenir au mouvement Anonymous se multiplient en Europe. Alors que la police espagnole a procédé la semaine dernière à l’arrestation de trois Anonymous présumés, c’est au tour de son homologue turc d’annoncer une prise importante. D’après Ars Technica, pas moins de 32 individus ont été arrêtés ces derniers jours, dont 5 sont encore mineurs.

Comme dans les autres pays, l’opération menée par la police turque s’inscrit dans une enquête visant à déterminer les auteurs des attaques par déni de services distribuées (DDOS). La Turquie a été confrontée à plusieurs attaques informatiques qui ont frappé ses sites gouvernementaux, comme celui du ministère du travail ou celui du bureau en charge des télécommunications.

Les attaques dirigées contre les institutions turques n’ont pas été décidées au hasard. Elles surviennent au moment où les autorités souhaitent durcir la censure en ligne. En effet, une loi doit entrer en vigueur le 22 août prochain et prévoit d’obliger les FAI locaux à proposer quatre niveau de filtrage à leurs abonnés. Les Anonymous craignent toutefois que la loi va permettre au gouvernement d’aller plus loin dans la surveillance des Turcs et de l’opposition.

Cette situation n’a pas laissé indifférente une eurodéputée, qui propose en représailles de bloquer l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. De façon générale, la Turquie est considérée comme un ennemi potentiel d’Internet par RSF. Le filtrage et le blocage sont monnaie courante. YouTube a été censuré pendant trois ans, et des sites de téléchargement direct sont désormais menacés du même sort.

L’arrestation de 32 Anonymous ne devrait en tout cas pas subir l’opprobre de l’OTAN, dont la Turquie est membre. Le projet de rapport général sur l’information et la sécurité nationale met en garde les internautes proches du mouvement Anonymous. « Il est probable que face à de telles attaques, des parades seront mises au point et mises en œuvre, et que les groupes seront infiltrés et les auteurs poursuivis« .

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