C'est un aveu d'échec de la part de Google. Invité à une conférence en Californie, le président exécutif du géant américain a reconnu "avoir merdé" avec les réseaux et n'a pas su prendre le virage à temps. Les regrets d'Eric Schmidt ne masquent pas pour autant les ambitions de Google dans ce domaine, comme le prouve le bouton +1. Un bouton que Google pourrait bien imposer par le biais de son moteur de recherche.

Au cours de la dernière décennie, Google a réussi à imposer ses services et ses produits sur de nombreux secteurs. Si l’entreprise américaine n’est pas systématiquement devenue leader d’un marché, elle est parvenue de nombreuses fois à se constituer une part de marché largement suffisante. Le moteur de recherche, YouTube, Gmail, Maps, Street View ou encore Picasa sont des services très populaires auprès des internautes.

Il y a toutefois un domaine dans lequel Google n’a jamais brillé. Il s’agit des réseaux sociaux. Malgré de nombreuses tentatives, la firme s’est toujours cassée les dents face aux concurrents. Et pour cause, Google s’est lancé sans doute trop tardivement dans la bataille. C’est le constat qu’a fait Eric Schmidt, président exécutif de Google, lors d’une conférence organisée par All Things Digital en Californie.

« J’ai merdé » a-t-il reconnu. « Il y a trois ans, j’écrivais des mémos qui parlaient en général [des réseaux sociaux], mais je n’ai rien fait de ces mémos« . « De toute évidence, je savais que je devais faire quelque chose, et je ne l’ai pas fait » a-t-il continué, estimant que l’échec de Google dans le réseautage social était de sa faute. L’entreprise a réagi beaucoup trop tard, avec des services comme Orkut, Wave ou encore Buzz.

Ces trois tentatives ont toutes été des échecs, sauf peut-être Orkut qui est parvenu à se maintenir hors de l’eau grâce à deux marchés très spécifiques : le Brésil et l’Inde. En revanche, Wave a disparu des écrans radars tandis que Buzz a surtout attiré de nombreux ennuis à la firme de Mountain View. L’entreprise a même tenté de se rapprocher de Facebook pour nouer des partenariats. Sans succès.

Eric Schmidt explique que « Microsoft était capable d’offrir des conditions que nous ne pouvions pas proposer« . En 2007, malgré les efforts de Google pour séduire Facebook, le géant de Redmond a obtenu gain de cause. Microsoft a déboursé 240 millions de dollars pour obtenir 1,6 % de Facebook et depuis les deux entreprises ont signé divers accords opérationnels.

Le mea culpa de Google ne signifie pas pour autant que l’entreprise a baissé les bras dans l’univers des réseaux sociaux. L’entreprise pourrait bien revenir très fort dans la compétition grâce au bouton +1. Pour y parvenir, Google devrait miser sur la dépendance des sites web à son moteur de recherche pour imposer cette fonctionnalité, qui permet aux internautes de signaler les pages jugées intéressantes et de le faire savoir à leurs contacts.

Ce réseau social un peu particulier ne devrait alors pas s’imposer de manière naturelle mais plutôt par la crainte de perdre des places dans le référencement. Les sites qui n’implémenteront pas le bouton +1 seront comparés à ceux qui l’auront fait, et ces derniers devraient jouir d’une meilleure visibilité dans les pages de résultat. Le tri se fera naturellement ou dans l’algorithme de Google,.

Quand bien même Google ne compte pas intégrer ce facteur dans son algorithme, le géant américain laissera la nature faire son œuvre. Les réfractaires seront sanctionnés de toute façon, car il est certain que les internautes iront naturellement vers les pages les plus appréciées de leurs contacts, leurs avis étant un gage supplémentaire de qualité. Mécaniquement, le trafic de ces sites progressera et les fera monter dans les résultats de recherche.

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