La fondation Mozilla a annoncé cette semaine avoir conclu un partenariat avec l'Associated Press pour intégrer la fonctionnalité Do Not Track. Cette option permet de limiter le ciblage comportemental des internautes. Au total, la participation de l'agence de presse pourra concerner pas moins de 175 millions d'internautes.

Avec Firefox 4, la fondation Mozilla a intégré une fonctionnalité très prometteuse pour les internautes soucieux de leur vie privée sur Internet. Baptisé « Do Not Track » (ne me pistez pas), l’outil doit permettre à un visiteur d’indiquer à un site web s’il veut ou non être suivi dans le cadre d’une campagne de ciblage comportemental. Avec le DNT, les internautes devraient ainsi faire des réglages plus pointus qu’avec les outils actuels.

Cependant, l’efficacité d’un tel dispositif dépend du volontarisme des publicitaires et des professionnels. « Alors que les gouvernements s’inquiètent de la protection de la vie privée, et que les publicitaires ont peur de voir arriver une régulation, le principe du ‘Do Not Track’ est une façon d’amorcer le débat » a ainsi expliqué Tristan Nitot, directeur de Mozilla Europe, lors d’un entretien accordé au Monde.

À en croire Alex Fowler, responsable de ses questions au sein de la fondation Mozilla, le débat a bel et bien commencé. Mercredi, l’agence de presse américaine Associated Press est devenue la première organisation à adopter la fonctionnalité proposée par Firefox 4. Au total, la fonction Do Not Track devrait impacter pas moins de 800 sites d’actualité et 175 millions de visiteurs uniques.

Mais ce n’est pas tout. Toujours selon la fondation Mozilla, la Digital Advertising Alliance (DAA) est également en train de mettre en place un processus pour intégrer l’option Do Not Track dans son programme d’auto-régulation pour la publicité comportementale en ligne (OBA). Signe que les professionnels n’ont pas d’opposition de principe à un meilleur encadrement de la publicité en ligne.

Démarré en janvier, le programme Do Not Track a été préparé avec plus de cinquante organisations. Les spécifications ont été standardisées avec le World Wide Web Consortium (W3C) ainsi que l’Internet Engineering Task Force (IETF). La fondation Mozilla n’est pas le seul éditeur à croire à cette fonctionnalité, puisque Microsoft propose également l’outil sur Internet Explorer 9.

L’objectif final du programme Do Not Track n’est pas de fermer complètement le suivi des internautes. « Même si le système marche, je ne pense pas qu’il faille tout le temps être en mode ‘Do Not Track’. D’un côté, cela fait peur d’être pisté, mais la personnalisation est très importante sur le web. Le souci est que l’utilisateur n’a pas de curseur pour contrôler la personnalisation » a commenté Tristan Nitot.

« Il sait que de toute façon, il est pisté et qu’il n’a pas le choix. Ou alors il utilise des extensions Firefox, comme Adblock Plus ou BetterPrivacy, qui cassent certains sites, parce qu’il n’y a plus de cookies, sans qu’il n’y ait aucune garantie supplémentaire sur les traces laissées. Ce qu’on veut, c’est que suivant les sites, les utilisateurs puissent régler un curseur, décider ce sur quoi ils veulent de la personnalisation, et ce sur quoi ils ne veulent pas être pistés« .

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