Des députés de la majorité proposent que l'Etat prenne en charge la moitié du prix payé par les foyers pour acheter et faire installer leur parabole lorsqu'ils n'ont pas d'autre choix que d'utiliser le satellite pour accéder à Internet à haut débit.

Plusieurs dizaines de députés UMP ont déposé mercredi une proposition de loi « tendant à développer l’Internet par satellite dans les zones à handicap numérique« , inspiré des aides apportées à la réception de la télévision dans les zones non couvertes par la TNT. Le texte porté par Pierre Morel-à-l’Huissier propose en effet que « l’État finance à hauteur de 50 % l’achat et la pose du modem et de la parabole destinés à recevoir l’Internet par satellite« , dans les « zones à handicap numérique« .

Ces zones devront être déterminées par décret, et se « caractérisent par la difficulté voire l’impossibilité d’une couverture en haut débit et très haut débit par d’autres technologies que l’Internet par satellite« . Les députés espèrent qu’une telle mesure participe au développement du haut débit sur l’ensemble du territoire.

L’accès à Internet à haut débit est « une commodité indispensable sans laquelle la vie au quotidien n’est plus dans la normalité que ce soit pour la communication, l’accès au savoir, les opportunités d’économie (télétravail) ou encore l’e-administration« , défendent les élus de la majorité parlementaire qui a pourtant adopté la loi Hadopi, et sa suspension de l’accès à Internet. Il s’agit aussi pour les députés d’une question stratégique d’aménagement du territoire, puisqu’avec 30 % des foyers en zone rural qui disposent d’un accès de moins de 1 Mbps, ils craignent que l’isolement numérique entraîne les foyers à déserter les campagnes au profit des zones urbaines mieux équipées.

Alors que les opérateurs semblent surtout miser aujourd’hui sur la 3G voire la future 4G, les députés veulent s’en remettre aux offres d’internet par satellite. Mais « le kit de connexion, constitué d’une parabole et d’un modem, coûte environ 400 € auxquels il faut ajouter le coût de la pose par un professionnel de 150 euros« , constatent les signataires de la proposition de loi. D’où l’idée de prendre la moitié des frais à la charge de l’Etat dans les zones où l’accès à Internet à haut débit n’est pas possible autrement que par satellite.

Reste ensuite la question du prix de l’abonnement, qui n’est pas abordée mais qui constitue aussi un frein très important. Le site InternetParSatellite.net propose un comparatif qui montre des prix extrêmement variables, à partir de 24,90 euros par mois et jusqu’à 99,90 euros par mois. LA différence se faisant moins sur le débit disponible que sur la quantité de données qui peuvent être transmises par l’abonné chaque mois. Même les offres dites « illimitées » sont bridées au delà d’un certain seuil, jusqu’à des taux de transferts ridicules. Par exemple chez Viveole, le forfait illimité familial se retrouve bridé à 16 kbps en montant (au lieu de 208 kbps) au delà de 1,5 Go envoyés, et à 64 kbps descendant (au lieu de 1536 kbps) au delà de 7 Go reçus dans le mois. Mieux vaut abandonner toute idée d’aller souvent sur YouTube, de télécharger des films en VOD ou de télécharger des démos de jeux sur la PS3.

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