Un député socialiste, Hervé Féron, demande au gouvernement dans une question écrite d'intervenir contre Google Street View. Il demande au ministre de l'Intérieur de soutenir l'action de CNIL, rappelant que le service de navigation virtuelle de la firme américaine a été au c?ur de deux polémiques importantes sur la vie privée.

Tandis que le procès de Google Street View s’est ouvert en Suisse fin février, le service de navigation virtuelle proposé par Google revient sur le devant de la scène en France par le biais d’une question écrite posée par le député socialiste Hervé Féron. Il demande à Claude Guéant, le nouveau ministre de l’Intérieur, d’agir contre Google Street View.

Dans son intervention publiée mardi au Journal officiel, Hervé Féron pointe deux problèmes liés à Google Street View. Le premier concerne la collecte illicite et – a priori – involontaire de données personnelles transitant sur les réseaux sans fil non sécurisés. L’affaire, révélée en mars 2010 par l’Allemagne, avait incité de nombreux régulateurs nationaux, dont la CNIL, à enquêter sur Google Street View.

« Il s’agit d’une opération totalement illicite et déloyale, ainsi que d’une intolérable intrusion dans la vie privée, puisqu’elle s’effectue à l’insu des personnes concernées » a réagi le parlementaire. En juin dernier, la Commission nationale de l’informatique et des libertés avait, lors de ses premières investigations, noté que des adresses MAC, des noms de réseau SSID, des mots de passe et des extraits de mail avaient été enregistrés.

Le second problème – un peu vite relié au premier dans la question de Hervé Féron – porte sur les photographies réalisées dans le cadre de Google Street View, et les atteintes éventuelles à la vie privée. En effet, le service de navigation virtuelle photographie tous les bâtiments à portée. Cela a déclenché une polémique en Allemagne entre le gouvernement et l’entreprise américaine.

Le député rappelle que « plus de 244 000 Allemands ont demandé à Google, au nom de la législation sur la protection de la vie privée sur Internet, de flouter leur domicile, de crainte que cela ne porte atteinte à leurs droits personnels et que cela facilite le travail de repérage d’éventuels cambrioleurs« . Et de rappeler les nombreuses enquêtes menées dans les différents pays de l’Union européenne et en Amérique du Nord.

En France, « la CNIL a adressé à Google en mai 2010 une mise en demeure de cesser toute collecte indue de données personnelles« . Hervé Féron demande donc si « le gouvernement envisage d’appuyer la demande de la CNIL auprès de Google« , dans la mesure où le directeur général de la firme avait déclaré en septembre 2010 son intention de « continuer à développer ce système« .

Rappelons que ce député socialiste n’est pas le premier à se pencher sur Google Street View. Deux ans auparavant, le parlementaire du Nouveau Centre Jean-Christophe Lagarde avait également manifesté des inquiétudes devant ce service de cartographie virtuelle. Le député avait alors plaidé pour une une proposition de loi exigeant que Google obtienne l’accord préalable des habitants avant de photographier les villes françaises.

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