Nantes a-t-elle peur que l'Open Data aide ses entreprises ? (MàJ)
Guillaume Champeau -
publié le Lundi 28 Février 2011 à 19h00 -
posté dans Société 2.0
La ville de Nantes annonce qu'elle va libérer ses données publiques, mais elle ne souhaite pas que ses entreprises locales puissent utiliser les données pour générer des revenus. Un comble qui montre à quel point l'intérêt de l'open data a encore du mal à être compris par les décideurs politiques.
Article du 18 février 2011 - A l'occasion de l'ouverture de la Cantine Numérique de Nantes, le député-maire de la ville Jean-Marc Ayrault a annoncé, il est vrai timidement, le lancement du chantier de l'open data à Nantes. L'homme fort du Parti Socialiste à l'Assemblée Nationale était resté assez évasif sur les actions concrètes qui seraient prises pour l'ouverture des données dans sa ville, mais dès le lendemain un communiqué de la métropole salué par l'association LiberTIC l'affirmait dès son titre : "Jean-Marc Ayrault libère les données publiques". "Parmi les premières données libérées, celles concernant par exemple la mobilité (info trafic en temps réel, calcul de l'emprunte CO2...), et l'environnement (qualité de l'air...). Deux axes importants pour la Capitale Verte en 2013. Les données liées à tout le champ culturel (idées de sorties, parcours Voyage à Nantes 2010), pourraient également en faire partie. La liste n'est ni arrêtée ni exhaustive", détaillait la ville dans son communiqué. Mais celui-ci restait silencieux sur une problématique essentielle des données publiques et de l'open data : leur licence. Or sur ce point, "rien n’est encore arrêté mais, a priori, les données seront en accès gratuit sauf pour les acteurs qui s’en serviront pour générer des revenus", explique dans LaGazette.fr le conseiller en communication en charge de la prospective, Frédéric Vasse. L'open data à Nantes pourrait donc exclure toute utilisation commerciale des données, ce qui leur retire une grande partie de leur intérêt. C'est justement pour permettre aux entreprises de la région de créer des services innovants que la libération des données publiques est importante pour l'économie locale. Réserver ces données aux seuls projets citoyens est certes un premier pas louable, et utile, mais c'est avoir une curieuse conception de l'encouragement au développement des start-up. C'est un message contraire à celui donné par la Région qui vient d'officialiser le lancement de Ouest Numérique, sa Filière TIC censée donner à la Loire-Atlantique "une position de leader reconnue à l'échelle européenne et/ou internationale" sur les technologies de l'information et de la communication. Pour encourager les acteurs locaux, il faut d'abord ne pas exiger d'eux qu'ils payent des licences pour utiliser des données publiques. L'enrichissement de la ville sera indirect, notamment par les impôts locaux. Il ne faut pas s'étonner de voir que les grandes success stories du web sont toutes de jeunes pousses américaines qui ont su grandir, aidées par des pouvoirs publics locaux et nationaux plus conscients de l'intérêt de soutenir leurs PME. Il est permis en revanche de s'énerver lorsqu'à cause de cette incapacité des décideurs politiques français à s'attaquer aux causes plutôt qu'aux conséquences, on en arrive à la situation absurde de vouloir créer une "taxe Google" qui pénalise exclusivement les entreprises françaises. Espérons que les services de Jean-Marc Ayrault sauront retrouver la raison, et s'inspirer plutôt de ParisData, qui autorise l'exploitation commerciale. Et que le modèle parisien soit suivi partout en France. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Nantes a-t-elle peur que l'Open Data aide ses entreprises ? (MàJ)»
"mais elle ne souhaite pas que ses entreprises locales puissent utiliser les données pour générer des revenus"
Mais lol quoi! un pas dans le bon sens c'est mieux que rien.
après tout est question de tarif des licences pour les pros. Je ne vois pas de problème sur le principe payant-pour-exploitation-commerciale (ça se rapproche plus ou moins de la CC-by-nc-sa), le prix de la licence d'exploitation doit cependant être raisonnable (permettre aux jeunes pousses de se lancer sans plomber leur budget). les données seront en accès gratuit sauf pour les acteurs qui s'en serviront pour générer des revenus", explique dans LaGazette.fr le conseiller en communication en charge de la prospective, Frédéric Vasse. L'open data à Nantes pourrait donc exclure toute utilisation commerciale des données,
Il y a une différence entre exiger un payement, sans doute minime, et interdire l'utilisation. àa reste gratuit pour les citoyens, c'est l'essentiel. les données seront en accès gratuit sauf pour les acteurs qui s'en serviront pour générer des revenus", explique dans LaGazette.fr le conseiller en communication en charge de la prospective, Frédéric Vasse. L'open data à Nantes pourrait donc exclure toute utilisation commerciale des données,
Il y a une différence entre exiger un payement, sans doute minime, et interdire l'utilisation. àa reste gratuit pour les citoyens, c'est l'essentiel. Reste à savoir selon quel mode de facturation (% CA, % bénéfices, forfait ?). ça peut quand même tout changer ! Vu le ton de l'article, j'imagine que Numerama, EntrepreNantes et/ou un (des) partenaire(s) de ces entreprises avait un beau projet commercial qui est bien plombé maintenant
Fallaitpas, le 18/02/2011 - 18:04 Vu le ton de l'article, j'imagine que Numerama, EntrepreNantes et/ou un (des) partenaire(s) de ces entreprises avait un beau projet commercial qui est bien plombé maintenant C'est sûrement ça ouais. Le soucis c'est que ce n'est pas ca l'esprit de l'opendata. Ces données les contribuables les ont déjà payées (entreprises françaises comprise donc). Même si la directive européenne PSI Reuse et la règlementation française autorisent la mise en place de frais de licence et stipule tout de même que l'accès aux données ne peut être discriminatoire : le cout de licences ne devant pas excéder le "cout marginal" de mise à disposition de celles ci. Une étude anglaise a montré que les plus gros consommateurs de ces données sont les administrations elles même, il apparait normal que ce "cout marginal" soit pris en charge par celles ci au vu des économies qu'elles réaliseront une fois cette pratique généralisée (plus de licence à tarif élevé et meilleure circulation de l'information dans les services) et la création de valeurs que cela va engendrer : création d'entreprises, impots, tva, etc...
Ajoutons à tout ca le "débugage citoyens" des jeux de données libèrés et le simple fait qu'une ville ne pourrait jamais avoir le budget pour créer autant d'applis utiles aux citoyens, c'est ce qu'ont montré les initiatives d'ouverture partout ailleurs. La démarche de Paris est bien plus réaliste, à tout niveau là dessus. Moi je vois ca comme ceci:
La municipalité à investi pour avoir des données avec l'argent du contribuable. Il faut bien sur faire vivre tout cet éco-sphère. Si des entreprises privées veulent tirer profit de l'infrastructure mise en place par la municipalité, pourquoi serait-ce gratuit pour elles ? Je n'ai ptet rien compris à l'article, mais c'est un peut à la mode de demander que l'argent publique permettes à des entreprises privées de faire des bénéfices sans la moindre contre partie. Je suis du même avis que si les données ont pour vocation d'être payante par une entreprise privées, que celles-ci payent aussi afin que l'infrastructure puisse être entretenue. Une étude anglaise a montré que les plus gros consommateurs de ces données sont les administrations elles même
Les anglais, ce sont bien eux qui se servent des données de l'administration pour visualiser une carte de la délinquance (y compris les "comportements anti-sociaux"), quartier par quartier, rue par rue. Avec un taux d'erreur d'ailleurs assez phénoménal. Et de l'immobilier qui chute. http://www.police.uk...-Uni#crimetypes Le problème de fond, c'est que la génération au pouvoir, sont paniqués par tout ce bordel d'internet et des nouvelles technologies, auxquelles ils ne comprennent rien.
A l'ENA, à leur époque, tout ça n'existait pas. Droite et gauche confondues, ça leur fout la trouille. Alors ils essaient de s'entourer de conseillers qui viennent du monde de l'informatique, mais qui la plupart du temps, sont issus d'un lobby ou d'un autre, et donc partiaux. J'ai encore en mémoire, les politiques qui nous expliquaient, dans les années 95-2000, qu'internet était une mode et que ça disparaîtrait très vite... Ils ont vraiment été long à la détente, ils y comprennent toujours pas grand chose, et quand on maîtrise pas, ça fait peur. C'est donc logique que pour cette génération là, il y a un besoin maladif et obsessionnel de contrôler, filtrer, et retenir l'info car l'info, avant internet, c'était l'essence même du pouvoir. Je ne comprends effectivement pas la position de Nantes. Fournir des données brutes pour faire mumuse dans son coin, ça sert à quoi ?
Je pense que les politiques ont la trouille de voir une entreprise privée émerger grâce aux données publiques et de n'en retirer aucun bénéfice local (au pire : boite étrangère n'ayant aucun lien avec la région) Je suis d'accord avec darius_france, c'est nouveau, donc les politiques sont perdus... et pas forcément bien conseillés. A nous de leur expliquer (diplomatiquement) l'intéret de l'open-data et les risques qui vont avec. Moi je vois ca comme ceci:
La municipalité à investi pour avoir des données avec l'argent du contribuable. Il faut bien sur faire vivre tout cet éco-sphère. Si des entreprises privées veulent tirer profit de l'infrastructure mise en place par la municipalité, pourquoi serait-ce gratuit pour elles ? Je n'ai ptet rien compris à l'article, mais c'est un peut à la mode de demander que l'argent publique permettes à des entreprises privées de faire des bénéfices sans la moindre contre partie. Je suis du même avis que si les données ont pour vocation d'être payante par une entreprise privées, que celles-ci payent aussi afin que l'infrastructure puisse être entretenue. L'infrastructure est maintenue à tout les coup puisque déjà payée par les citoyens. Et je pense que le bienfait que pourrait en tirer une entreprise est aussi bon pour la région, pour son dynamisme, pour l'emploi que ça peut générer. L'un dans l'autre l'administration et ses concitoyens ne perdrait pas à libérer l'usage de ces données. Fallaitpas, le 18/02/2011 - 18:04 Vu le ton de l'article, j'imagine que Numerama, EntrepreNantes et/ou un (des) partenaire(s) de ces entreprises avait un beau projet commercial qui est bien plombé maintenant Même pas Cette article montre une vraie vigilance sur le projet OpenData à Nantes (c'est bien!) mais l'intention de Nantes est mal connue pour le moment. Ce que je peux vous dire, c'est que la volonté est là, l'intérêt (citoyen et startup) est bien compris, mais le projet de mise en place n'a pas encore vraiment commencé.
L'open data, ça ne coute pas très cher mais il y a quand même une petite infrastructure technique à mettre en place et qq personnes qui doivent la gérer. Je pense que Nantes n'a pas fermé la porte à l'idée d'une contribution minime des acteurs privés, afin de couvrir les frais de maintenance. MAis là encore, laissons les travailler. Personnellement, l'idée ne me choque pas mais tout va dépendre des règles. Que les startups puissent s'emparer de l'opendata gratuitement, oui ! Mais que le société qui vend des applications exploitant ces données, avec un CA produit dépassant un certain seuil, soit obligé de contribuer légèrement... why not. Bref, soyons vigilant laissons les préciser le projet ! Il me semble vraiment que la volonté de Nantes n'est pas du tout de mettre en place une barrière financière et de géner les stratups, au contraire. Idem, je trouve qu'il est normal de faire payer un minimum. Après cela peut être dégressif suivant la taille, ca de l'entreprise.
bonjour, je pense que le noeud du problème tient au risque de délocalisation des services internet
dans le domaine informatique, le phénomène d'entreprise dominante est très fort. dans le cas de l'opendata, on peut voir plusieurs scénarios, - une start-up locale se saisit des données, propose des services innovants, génère de l'emploi, paye des impots. Tout le monde est gagnant, la ville peut continuer à maintenir ses données en opendata. Après tout ce n'est pas différent de subventionner une zone d'activité, fournir une plateforme, ou financer de l'accès routier. - la où cela risque de coincer, c'est lorsque une entreprise, dont la structure financière est aux Bahamas, etc, va utiliser gratuitement le jeux de données et conforter si elle existe sa position dominante. Le règles du jeux de l'Opendata voudraient que les données soient réellement librement utilisables ( licence ODBL) mais il est souhaitable que cette libération ne se fasse que s'il existe un contexte local de start-up réactives favorable. Le risque de délocalisation est toujours présent, mais la réactivité des acteurs locaux et leur connaissance du contexte peuvent faire la différence. Un minimum de préparation et d'accompagnement est nécessaire du côté des villes qui libérent leur données.
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