L'opérateur suédois Bahnof a trouvé une manière de contourner la directive européenne sur la rétention des données. Le FAI a décidé de faire transiter l'ensemble du trafic de ses clients à travers un VPN, de façon à anonymiser et chiffrer les données. Cette décision est une des conséquences de l'entrée en vigueur de la loi IPRED en Suède.

Entrée en vigueur au mois d’avril 2009, la législation suédoise IPRED offre aux ayants droit de nouveaux outils pour combattre le piratage des contenus protégés par le droit d’auteur. Issu d’une directive européenne, le texte de loi oblige notamment les fournisseurs d’accès à Internet à communiquer l’identité des abonnés suspectés d’enfreindre la propriété intellectuelle, après collecte des adresses IP.

L’arrivée de cette loi a suscité un débat en Suède. Si les industries culturelles se sont déclarées satisfaites, d’autres – comme le Parti pirate suédois – ont affiché une franche hostilité à l’égard de l’IPRED. Si le trafic Internet a chuté pendant un temps, de nombreux internautes se sont ensuite tournés vers les services de VPN, qui ont vu leur notoriété grimper en flèche. En conséquence, l’effet de la loi anti-piratage a été amoindri.

Près de deux ans après l’arrivée de l’IPRED, l’opposition reste toujours aussi vivace. Torrentfreak signale qu’un FAI suédois, Bahnof, a décidé de faire transiter toutes les activités de ses clients à travers un réseau virtuel privé (VPN) chiffré et anonyme. De cette façon, l’opérateur rend presque impossible l’identification des internautes, qu’ils contreviennent au droit d’auteur ou non.

Auparavant, Bahnof avait manifesté sa désapprobation avec l’IPRED en arrêtant d’enregistrer l’activité de ses abonnés. Or, la directive européenne 2006/24/CE oblige les fournisseurs d’accès à Internet à conserver les données pendant une période qui peut aller de six mois à deux ans. Contraint par cette directive, le FAI a dû changer de fusil d’épaule.

En faisant transiter les données de ses clients dans un VPN, Bahnof ménage la chèvre et le chou. Le FAI se met en conformité avec la directive européenne en conservant les données de connexion de ses clients. Mais en faisant passer le trafic à travers le filtre du VPN, Bahnof chiffre les historiques de connexion de façon à les rendre difficilement exploitables. Ainsi, le FAI continue de préserver la vie privée de ses clients.

Le service proposé par Bahnof concerne par défaut l’ensemble de sa clientèle. Celle-ci n’a donc pas à configurer quoi que ce soit pour profiter du système mis en place par le FAI. Celui-ci propose malgré tout une option payante (8 dollars par mois) pour les internautes souhaitant ne pas profiter de cet anonymat. Une inversion des rôles surprenante, car d’ordinaire il faut payer pour profiter d’une protection supplémentaire.

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