Pour lutter contre la recrudescence des vols, Brice Hortefeux annonce qu'avec la loi Loppsi 2, il sera désormais possible de bloquer l'usage des téléphones mobiles à distance. Mais, inexistant dans le texte du projet de loi, le dispositif est déjà mis en place depuis 2003 chez les opérateurs...

Mise à jour : Lors de la discussion générale en ouverture de la seconde lecture du texte au Sénat, Brice Hortefeux a de nouveau défendu l’idée que les vols de portables seraient enfin réglés avec la loi Loppsi. Pourtant rien n’est prévu dans le projet de loi, et aucun des amendements présentés par le gouvernement ne s’y intéresse. Ni aucun amendement de sénateur.

Article du 4 janvier 2011 – Invité sur RTL le jour du réveillon, le 31 décembre 2010, le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux a été prié de commenter un document interne de la préfecture de Paris, selon lequel les vols avec violence commis dans les transports en commun de la région parisienne auraient augmenté de 39,3 % par rapport à l’année 2009. De janvier à novembre 2010, il y aurait ainsi eu 9501 vols commis avec violence (à l’arraché, avec violences physiques, ou par extorsion), contre 6281 sur la même période l’année précédente. Puisque la moitié des objets ainsi volés étaient des smartphones, dont encore la moitié étaient des iPhone, la Préfecture parle d’un « effet iPhone » pour expliquer l’envolée des statistiques.

Sur RTL, le ministre de l’intérieur n’a pas cherché à cacher ou amoindrir ce constat. Au contraire, il indique que sur le mois de novembre 2010, 75 % des objets volés concernaient des smartphones. « Face à cela, j’ai décidé de prendre plusieurs mesures« , annonce-t-il. Parmi elles, une mesure « très importante, c’est que dans le cadre de la Loppsi 2, qui sera définitivement votée à la fin de l’année, nous allons changer le système des téléphones. Jusqu’à présent, lorsqu’il y avait un téléphone dérobé, on pouvait bloquer la carte SIM. Dorénavant, on pourra bloquer le téléphone« .

« Ca veut dire que ça sera beaucoup moins attractif, naturellement, de dérober un téléphone. C’est ce qui s’est passé il y a 20 ans avec les autoradios. Il y avait des vols d’autoradios, et on a trouvé des moyens techniques pour les dissuader« .

Problème : le projet de loi Loppsi adopté à l’Assemblée Nationale ne prévoit aucune mesure pour le vol des téléphones mobiles. Sauf à ce qu’un amendement soit introduit en seconde lecture au Sénat, la mesure annoncée par Brice Hortefeux semble tout simplement inexistante.

Ce qui n’est pas en soit surprenant puisque comme le note Tris sur son blog, « le blocage à distance d’un téléphone, ça fait un moment que ça se fait, notamment chez BlackBerry grâce au numéro IMEI« .

Concrètement, lorsqu’un mobile est volé l’opérateur peut immédiatement bloquer la carte SIM dès que le vol lui est notifié. Mais il est aussi – depuis 2003 – possible d’aller déposer plainte au commissariat ou à la gendarmerie, pour ensuite communiquer le numéro unique IMEI du téléphone à l’opérateur, qui peut alors bloquer l’usage du mobile. La procédure est un peu longue, car il faut envoyer copie du procès-verbal de la plainte à l’opérateur, mais elle existe bien…

On ne voit donc pas très bien ce que Brice Hortefeux peut faire de plus, à part un effet d’annonce qui aura l’avantage de vanter les mérites d’une loi Loppsi très fortement contestée.

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