Edward Webber, alias Lowkee, a pactisé avec la MPAA. Le créateur et webmaster du site de liens BitTorrent lokitorrent.com avait soulevé environ 50.000 $ de dons pour affronter l'association américaine de l'industrie cinématographique devant les tribunaux. Hier, celui qui remplaçait le roi SuprNova.org s'en est allé, lui et tous ses logs, dans les mains de la MPAA.

Ca ressemble fortement à un coup monté de la part de Lowkee. En décembre, alors que la MPAA réussissait le plus grand coup de filet de l’histoire du P2P en faisait fermer des sites importants tels que Youceff.com, Lokitorrent.com proclamait sa légalité et appelait la communauté du monde entier à apporter son aide financière au combat judiciaire.

Alors même que le monde entier avait les yeux et le chéquier tournés vers le tsunami asiatique, Edward « Lowkee » Webber parvenait à soulever plus 30.000 $ de dons en à peine plus d’une semaine. « Ça peut paraître une grosse somme, mais les frais juridiques sont très onéreux, et 30.000 $ est le minimum requis« , assurait le créateur de Lokitorrent.

Le 27 janvier dernier, un membre de la communauté P2Pforums dévoilait que le nom de domaine Lokitorrent.com et le contenu du site étaient mis aux enchères sur Sedo.com, un spécialiste de la négociation de fonds de commerce virtuels. Dans la description de l’annonce, Lowkee annonçait vendre un site BitTorrent parfaitement fonctionnel avec 680.000 membres actifs, une base d’e-mails tout aussi fournie, le code source du site et le forum. La communauté s’était inquiétée que le site et tous ses logs de connexions ne tombe ainsi dans les mains de la MPAA, mais Lowkee avait réagi en affirmant qu’il « voulait simplement savoir quels genres d’offres un tel site pouvait recevoir« .

Visiblement, une belle offre venue de la MPAA.

Depuis jeudi soir, la page d’accueil du site est toute vouée à la propagande anti-piratage des studios d’Hollywood. « Il y a des sites qui fournissent des téléchargements légaux. Celui-ci n’en est pas un« , peut-on maintenant lire en lettres rouge sur Lokitorrent. Le message suit une copie du flyer qui avait été distribué dans les vidéoclubs aux Etats-Unis, sur lequel on peut lire un slogan digne de George Orwell : « Vous pouvez cliquer, mais vous ne pouvez pas vous cacher !« .

La MPAA affirme sur Lokitorrent.com que le site a été fermé sur ordonnance judiciaire. En réalité, comme l’association le dévoile dans un communiqué, c’est surtout après négociation avec Lowkee que la page a été substituée. Le webmaster du site de liens BitTorrent a accepté un règlement à l’amiable avec la MPAA, d’un montant « substantiel », et a accepté d’obéir à une ordonnance judiciaire qui restait jusqu’à présent sans effet faute d’arrestation. Bien sûr, les quelques 50.000 $ de dons reçus par Lowkee pour combattre la MPAA et défendre en justice l’idée de la légalité des sites de liens P2P ne sont probablement étrangers à l’accord. Il faut plusieurs semaines de préparation avant de signer un tel document ; Lowkee ne pouvait que connaître cette issue lorsqu’il continuait à demander des dons à ses visiteurs.

Tous les logs entre les mains de la MPAA

L’effet de manche réalisé par Lowkee est d’autant plus inquiétant pour la communauté utilisatrice de Lokitorrent que le webmaster a accepté de donner à la MPAA un « accès et des copies de tous les logs et des données des serveurs liés à ses activités illégales sur BitTorrent, qui fourniront des indications menant à d’autres qui ont utilisé LokiTorrent pour s’engager dans des activités illégales.

La MPAA va ainsi certainement analyser les données des trackers pour déterminer quels sont les plus grands « seeders » parmi les utilisateurs de Lokitorrent (ceux qui participent le plus à la diffusion des fichiers via Lokitorrent), et demandera rapidement de premières perquisitions.

Selon l’association, les actions qu’elle a engagé depuis décembre ont contribué à faire baisser de 40 % le nombre de serveurs dédiés à la distribution de torrents. Les serveurs eDonkey sont également dans le giron de la MPAA, qui annonce que des mises en demeure seront bientôt envoyées aux hébergeurs sur le fondement du DMCA.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés