Microsoft contribue aussi, à sa façon, à l'exception culturelle française. Hier, Steve Ballmer a annoncé en compagnie du président de la BNF la mise en place d'un partenariat entre Bing et Gallica. Le moteur de recherche de Microsoft doit améliorer la visibilité et l'accès à la bibliothèque numérique de la BNF.

C’est un accord qui a de quoi surprendre. Hier à Paris, le président de la Bibliothèque Nationale de France et le directeur général de Microsoft ont annoncé la mise en place d’un partenariat entre Gallica, la bibliothèque numérique de la BNF, et Bing, le moteur de recherche du géant américain. L’objectif, selon les deux hommes, étant de « démultiplier l’audience de Gallica et contribuer ainsi à la diffusion mondiale des richesses culturelles » de la France.

Au total, plus de 1,25 million de documents seront concernés par le rapprochement entre Gallica et Bing. « Cet accord marque une étape décisive dans la concrétisation de notre vision de la recherche sur internet en France : la collaboration avec les institutions et partenaires français dans le respect de leur identité, de la propriété intellectuelle et du développement de la société de la connaissance » a déclaré Steve Ballmer, dans des propos cités par l’AFP.

À l’heure actuelle, Gallica affiche un trafic quotidien de 23 000 visites. Si le concours de Bing permettra très certainement de renforcer l’audience de la bibliothèque numérique de la BNF, il est néanmoins curieux d’avoir choisi un moteur de recherche dont l’utilisation est anecdotique en France. En effet, Google se taille la part du lion avec une part de marché autour de 90 %. Le directeur de Google, Eric Schmidt, l’avait d’ailleurs rappelé lors d’une visite en France le mois dernier.

Un état de fait qui ne semble pas effrayer les deux hommes. « L’idée de ce partenariat est de surmonter cette difficulté afin qu’au final l’internaute accède en bonne place aux ressources de Gallica » a expliqué le directeur de la BNF. « La mise en place de ce service de recherche spécifique et dédié au patrimoine documentaire de la BNF permettra de proposer aux utilisateurs de Bing des résultats enrichis et plus pertinents« 

Cela étant, l’accord entre Microsoft et la Bibliothèque Nationale de France n’est pas exclusif. La BNF peut tout à fait signer d’autres accords avec des moteurs de recherche concurrents et Microsoft peut également proposer ses services à d’autres bibliothèques. La BNF a toute latitude pour obtenir un accord similaire avec Google. Chose rare pour le souligner, ce partenariat ne comporte aucun élément financier.

Tandis que le partenariat entre Microsoft et la BNF porte sur une meilleure visibilité de Gallica, soulignons que Google est également en discussion avec la Bibliothèque Nationale de France. Toutefois, il n’est pas question ici d’indexation mais de numérisation des œuvres.. En effet, le géant de Mountain View aimerait participer à la numérisation du patrimoine français et alimenter par la même occasion sa propre bibliothèque numérique.

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