Alors que la Haute Autorité va envoyer en septembre ces premiers courriers d'avertissement, le secrétaire général a manifesté une certaine inquiétude sur la propagation des fraudes exploitant la peur de la riposte graduée. À l'AFP, Eric Walter a recommandé la plus grande prudence, insistant sur le fait que la Hadopi ne demanderait pas de coordonnées personnelles ou bancaires.

Vendredi dernier, le secrétaire général de la Hadopi, Eric Walter, annonçait lors d’un chat organisé par La Tribune que l’envoi des premiers courriers d’avertissement aux abonnés à Internet allait se faire très prochainement. « Nous avons commencé à communiquer, il est tout à fait évident que c’est imminent » a-t-il déclaré, en référence aux dépliants distribués sur les autoroutes.

Un envoi imminent qui est désormais assorti d’une mise en garde. À l’AFP, Eric Walter s’est inquiété de l’opportunité que donne la riposte graduée aux fraudeurs pour piéger des internautes peu à l’aise avec l’outil informatique. « On s’y attendait, c’est classique de l’internet. Des escrocs essayent d’en profiter en faisant circuler des spams et fichiers qui demandent de l’argent » a-t-il commenté.

« Les mails de recommandation de la Hadopi seront simples et nominatifs alors que les spams n’ont pas le nom de l’usager. En aucun cas, ils ne demanderont de données personnelles ou bancaires, ni ne nécessiteront une quelconque connexion sur une plate-forme dite +sécurisée+ avec carte bancaire et mot de passe » a-t-il poursuivi.

L’exploitation de la loi Hadopi et de sa riposte graduée à des fins frauduleuses n’est pas nouvelle. En mai dernier, nous avions évoqué le cas du service Mask-Mail.com qui avait été utilisé pour faire peur à quelques internautes. Le mail en question affirmait être adressé au nom « du gouvernement français » suite à « la détection de connexions et de transferts de données protégées sans autorisation ni licence associée« . Tout un programme.

En 2009, Christine Albanel – alors ministre de la culture – avait évacué le problème en affirmant que les éditeurs de logiciel anti-spam ne créeront de toute façon pas de règles pour bloquer les messages légitimes de la Haute Autorité.

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