Conçue au début du siècle dernier, la théorie de l’équilibre structural n’avait pas encore pu être vérifiée dans les faits, par une analyse scientifique. C’est désormais chose faite, grâce aux jeux vidéo. Des chercheurs autrichiens, britanniques et américains ont en effet prouvé que les individus pensent effectivement que « l’ami de leur ennemi est leur ennemi », et construisent des relations sociales plus stables avec ceux qu’ils estiment être des amis.

Les chercheurs qui publient leurs travaux dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) ont analysé les interactions entre 300.000 joueurs du jeu en ligne gratuit Pardus, qui propose l’exploration d’univers dans des vaisseaux spatiaux, et qui permet de nouer des alliances, de communiquer, de s’affronter ou de faire du commerce. Par rapport aux études traditionnelles basées sur les échanges de courriels, les communications mobiles, les achats en ligne ou les réseaux type Facebook, l’étude des jeux a l’avantage de montrer clairement la nature des liens d’amitié ou d’animosité entre les joueurs.

L’étude s’est intéressée à six types d’interactions, positives (l’amitié, la communication et l’échange) et négatives (l’hostilité, l’agression et la punition). Les interactions forment des réseaux, qui eux-mêmes interagissent. Or, les chercheurs démontrent que les relations positives forment les réseaux stables de la société, dans lesquels les joueurs échangent et communiquent facilement, alors que les relations négatives coupent les communications et les échanges.

Dans le jeu, celui qui déclare à un joueur être son ami a de fortes chances de recevoir une réponse similaire en retour, alors que celui qui se déclare ennemi a de bonnes chances de ne pas avoir de réponse.

« Cela peut sembler évident, étant donné que nous préférons tous communiquer avec des personnes qui nous sont sympathiques. Toutefois, c’est une hypothèse qui n’a jamais été démontrée à une si grande échelle« , se félicite le Dr. Renaud Lambriotte, l’un des auteurs chercheur auprès de l’Institut des Sciences Mathématiques de l’Imperial College de Londres.

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