La Sacem américaine sollicite des dons pour combattre le copyleft (MAJ)
Guillaume Champeau -
publié le Lundi 28 Juin 2010 à 10h00 -
posté dans Musique Numérique
C'est une démarche qui serait vue en France comme un appel ouvert à la corruption, mais qui paraît naturel dans le paysage démocratique américain où les lobbys agissent avec plus de transparence, ou moins d'hypocrisie. L'ASCAP, la Sacem américaine, demande à ses membres de l'aider à financer des campagnes électorales pour que les vues du "copyright" soient toujours défendues contre celles, croissantes, du copyleft et des licences libres. Mise à jour : La fondation Creative Commons a bien sûr réagi à cette violente attaque de l'ASCAP, en niant vouloir détruire le droit d'auteur. "Les licences Creative Commons sont des licences basées sur le droit d'auteur", rappelle un porte-parole de l'organisation à Zeropaid. "Sans droit d'auteur, ces outils ne fonctionnent tout simplement pas". "Des dizaines de milliers de musiciens, y compris des noms comme Nine Inch Nails, les Beastie Boys, David Byrne et Snoop Dog, ont utilisé des licences Creative Commons pour partager avec le public. Ces musiciens ne cherchent pas à arrêter de gagner de l'argent avec leur musique. En fait, beaucoup des artistes qui utilisent des licences CC sont aussi membres de sociétés de gestion collective comme l'ASCAP". Article du 24 juin 2010 -
Alors qu'en France la Sacem est entrée dans une démarche confidentielle de dialogue avec les partisans des licences libres, la Société Américaine des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de musique (ASCAP) a décidé d'entrer dans une logique d'affrontement direct. Dans un courrier communiqué par l'artiste Mike Rugnetta et repris par Boing Boing, la société de gestion collective américaine demande à ses membres une aide financière pour combattre ceux qui promeuvent la libre diffusion de la musique dans l'univers numérique.
"C'est pourquoi votre aide est vitale", continue la lettre. "Nous craignons que nos adversaires influencent le Congrès contre les intérêts des créateurs de musique. Si nous laissons leurs points de vue gagner de l'importance, (...) nous savons tous ce qui va se passer ensuite : la musique va s'assécher, et le perdant en définitive sera le consommateur de musique". Elle sollicite des dons au bénéficie du Fonds Législatif pour les Arts de l'ASCAP, un lobby qui a versé plus de 145.000 dollars d'aide à des candidats aux élections législatives de 2008, et plus de 80.000 dollars cette année. "Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre le soutien de nos législateurs, ni en ce moment, ni pour l'avenir", entonne la missive qui réclame un effort de guerre. "Une campagne législative de cette ampleur redemande des fonds". L'ASCAP demande à ses membres de verser au moins 5 dollars chacun. On ne sait pas très bien, faute d'en-tête et de signature (partie 1, partie 2), s'il s'agit d'un courrier officiel envoyé par l'ASCAP à tous ses membres, ou s'il s'agit d'une initiative isolée. Sur Twitter, l'artiste indique cependant qu'il a repris cette lettre sur la mailing-list envoyée par l'Ascap, ce qui laisse penser qu'il s'agit bien d'un message à tous les inscrits. Déjà en début d'année, l'Ascap avait organisé une réunion avec des membres et des cadres du personnel pour évoquer les moyens de "travailler ensemble pour lutter contre la prévalence croissante des pontifes du "copyleft" ou "de la culture libre" dans le discours public sur les droits des créateurs". Il semble qu'elle a décidé de passer la vitesse supérieure. à lire aussi
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Commentaires à propos de «La Sacem américaine sollicite des dons pour combattre le copyleft (MAJ)»
Grand_grunt, le 25/06/2010 - 01:58 vincedra, le 25/06/2010 - 00:14
Enfin bref après tout il a le droit de s'exprimer mais moi je suis complétement opposé à ses idées (payer au volume dénigrer le copyleft franchement j'apprécie pas)Je ne dénigre pas le copyleft, pas plus que le copyright. Je fais juste remarquer que, de la part des défenseurs des licences libres, déclarer que le copyright est injuste, et/ou recommander de ne pas le respecter, et/ou souhaiter sa disparition pure et simple (via la loi), n'est pas malin, pour plusieurs raisons: - premièrement, comme le souligne submerged, le copyleft s'appuie sur le copyright. Sans droit d'auteur, toutes les licences seraient équivalentes à la WTFPL, adieu les belles inventions de la GPLv2, GPLv3, aGPL.. - deuxièmement, quand on explique qu'un modèle (les licences libres) est meilleur pour le public et pour les major, ce n'est pas très crédible de mépriser les modèles différents, ou de considérer qu'ils ne doivent pas être respectés. Quand on propose quelque chose de mieux, on n'a pas besoin de massacrer ce qui est différent, pour être reconnu, - troisièmement, mélanger "défense des licences libres" et "non respect des licences propriétaires", comme le font parfois certains (pas tous!) défenseurs des licences libres, facilite l'amalgame "libre = pirate", lequel nuit au mouvement des licences libres dans son ensemble. Plus prosaïquement, sans droits d'auteur Microsoft pourrait sortir une Debian avec des DRM, en considérant comme abusif le copyright on sous-entend qu'en le respectant on n'est pas foutus de construire un modèle libre qui tienne la route, et assimiler "logiciels libres" et "téléchargement à outrance du contenu des majors" ne rend pas service, mais alors pas du tout, aux utilisateurs de logiciels libres. Mais bon pour moi j'estime qu'il faut adapter le droit d'auteur à l'aire d'internet c'est à dire autoriser la diffusion entre particuler à but non lucratif mais bon cela n'engage que moi. @ Grand_grunt
Voilà un point de vue différent, étayé et correct comme j'aime les lire. Ce n'est pas parce que les proprios abusent du lobbyisme, gueulent qu'à part eux tout est vol ( ? ), induisent les usagers dans l'erreur sur leurs droits...que les libristes doivent tomber dans le piège. Au contraire. La force du libre est l'ouverture, la concurrence amicale, la franchise, le partage. Grand_grunt, le 24/06/2010 - 20:35
àa rappelle les déclarations de Microsoft, qui comparait la licence GPL à un "cancer": dans les deux cas, on a une incapacité totale à comprendre que, oui, ce que l'on défend est intéressant, est positif, mais que d'autres puissent avoir une opinion différente, voire (oh sacrilège) que les deux puissent coexister dans un monde de choix (que, par exemple, une licence propriétaire soit bien adaptée à l'économie d'un film débile et divertissant qui a coûté des millions en effets spéciaux, et qu'une licence libre soit bien adaptée à une chanson engagée porteuse d'un message à diffuser le plus largement possible). Oui, les nazies avaient un avis différent des alliés, c'est pas pour autant qu'ils avaient raisons. Du reste Crimosoft a un comportement à mi-chemin entre une mafia et une dictature, je pense que c'est suffisant pour jetter à la poubelle leur avis sur la GPL. PS: Comment tu veux faire cohéxister des gens qui veulent de la liberté avec des gens qui veulent détruire cette liberté? korbï, le 25/06/2010 - 16:36
Oui, les nazies avaient un avis différent des alliés, c'est pas pour autant qu'ils avaient raisons. Du reste Crimosoft a un comportement à mi-chemin entre une mafia et une dictature, je pense que c'est suffisant pour jetter à la poubelle leur avis sur la GPL. Ceci dit, si ce sont des mafias, des nazis, des dictateurs, c'est une raison de plus pour ne pas se salir avec leurs produits. Logique. Je suppose que tu n'as pas d'adresse MSN, sinon tu es un collabo. PS: Comment tu veux faire cohéxister des gens qui veulent de la liberté avec des gens qui veulent détruire cette liberté? - que tout le monde ne soit pas de leur avis, - qu'un choix qui leur semble intéressant ne soit pas jugé intéressant par tout le monde. "La Sacem américaine sollicite des dons pour combattre le copyleft (MAJ)"
C'est peut être une bonne chose pour le Copyleft, car cette action stupide peut permettre de faire mieux connaître le Copyleft, et le Libre en général. Cette action peut se retourner contre les initiateurs. Et puis cela me fait penser à la citation de Gandhi: "D'abord ils vous ignorent, puis ils se moquent de vous, ensuite ils vous combattent, et enfin vous gagnez." "A cet instant, nous faisons face au plus grand défi de notre histoire. Beaucoup de forces parmi lesquelles Creative Commons, Public Knowledge, Electronic Frontier Foundation (EFF) et des entreprises technologiques avec des moyens financiers importants se mobilisent pour promouvoir le "Copyleft" de manière à ébranler notre "Copyright".
Que des organisations terroristes tout ça... Ce sont plutôt les mouvements "copyleft" qui ont l'air désespéré, en expliquant que les licences libres c'est bien, et en laissant sous-entendre que, si la licence n'est pas libre, faut faire comme si elle l'était et copier quand même... Yannice97231, le 25/06/2010 - 00:36
ZeHiro, le 24/06/2010 - 16:43 J'ai le droit de citer une célèbre Une d'un grand journal sportif francais?Tu veut parlé de cette Une ? ![]() Radamanthe, le 24/06/2010 - 17:52
Sans déc, ils sont désespérés à ce point ? Roooh, faut que j'aille leur dire d'aller se faire foutre, c'est la moindre des choses...Ce sont plutôt les mouvements "copyleft" qui ont l'air désespéré, en expliquant que les licences libres c'est bien, et en laissant sous-entendre que, si la licence n'est pas libre, faut faire comme si elle l'était et copier quand même... ah bon? tu parles de quoi, là? un petit lien? parce que moi, les propositions avancées politiquement que j'ai remarquées, parlaient de réformer le droit d'auteur, pas de le tuer ; la protection des oeuvres demeurerait, simplement le paiement se ferait plus directement aux artistes, et moins à des intermédiaires devenus archaïques à l'ère numérique (éditeurs principalement). Quant aux adeptes du libre qui parleraient de faire comme si... Stallman prône des systèmes 100% libres, essaye de faire évoluer jusqu'au bios en informatique, et pas de "faire comme si", à ce que je sache... Grand_grunt, le 25/06/2010 - 01:58 vincedra, le 25/06/2010 - 00:14
Enfin bref après tout il a le droit de s'exprimer mais moi je suis complétement opposé à ses idées (payer au volume dénigrer le copyleft franchement j'apprécie pas)Je ne dénigre pas le copyleft, pas plus que le copyright. Je fais juste remarquer que, de la part des défenseurs des licences libres, déclarer que le copyright est injuste, et/ou recommander de ne pas le respecter, et/ou souhaiter sa disparition pure et simple (via la loi), n'est pas malin, pour plusieurs raisons: - premièrement, comme le souligne submerged, le copyleft s'appuie sur le copyright. Sans droit d'auteur, toutes les licences seraient équivalentes à la WTFPL, adieu les belles inventions de la GPLv2, GPLv3, aGPL.. - deuxièmement, quand on explique qu'un modèle (les licences libres) est meilleur pour le public et pour les major, ce n'est pas très crédible de mépriser les modèles différents, ou de considérer qu'ils ne doivent pas être respectés. Quand on propose quelque chose de mieux, on n'a pas besoin de massacrer ce qui est différent, pour être reconnu, - troisièmement, mélanger "défense des licences libres" et "non respect des licences propriétaires", comme le font parfois certains (pas tous!) défenseurs des licences libres, facilite l'amalgame "libre = pirate", lequel nuit au mouvement des licences libres dans son ensemble. Plus prosaïquement, sans droits d'auteur Microsoft pourrait sortir une Debian avec des DRM, en considérant comme abusif le copyright on sous-entend qu'en le respectant on n'est pas foutus de construire un modèle libre qui tienne la route, et assimiler "logiciels libres" et "téléchargement à outrance du contenu des majors" ne rend pas service, mais alors pas du tout, aux utilisateurs de logiciels libres. Il ne faut pas "tout massacrer". Cela n'empêche pas qu'il faille faire évoluer le droit d'auteur. Il suffit d'ailleurs de se pencher sur l'histoire des différents droits d'auteur, pour voir qu'il a évolué déjà beaucoup (exemple aux Etats-Unis pour les livres, au départ 14 ans, renouvelable une fois, maintenant, pour tout ce qui est postérieur à 1923, 70 ans après la mort de l'auteur!). D'une demande légitime des auteurs, après le travail des lobbies, la loi n'essaye plus comme à l'origine de simultanément défendre l'auteur et le bien public! A l'heure actuelle avec l'accélération due aux progrès techniques, ça se justifie de moins en moins. petites lectures instructives : pour la France : http://multitudes.sa...?id_article=168 tableau général : http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_droit_d'auteur Il y a aussi quelque part un bref historique des évolutions en durées du copyright, mais je ne l'ai pas sous la main (il est assez édifiant)
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Je ne dénigre pas le copyleft, pas plus que le copyright. Je fais juste remarquer que, de la part des défenseurs des licences libres, déclarer que le copyright est injuste, et/ou recommander de ne pas le respecter, et/ou souhaiter sa disparition pure et simple (via la loi), n'est pas malin, pour plusieurs raisons:
- premièrement, comme le souligne submerged, le copyleft s'appuie sur le copyright. Sans droit d'auteur, toutes les licences seraient équivalentes à la WTFPL, adieu les belles inventions de la GPLv2, GPLv3, aGPL..
- deuxièmement, quand on explique qu'un modèle (les licences libres) est meilleur pour le public et pour les major, ce n'est pas très crédible de mépriser les modèles différents, ou de considérer qu'ils ne doivent pas être respectés. Quand on propose quelque chose de mieux, on n'a pas besoin de massacrer ce qui est différent, pour être reconnu,
- troisièmement, mélanger "défense des licences libres" et "non respect des licences propriétaires", comme le font parfois certains (pas tous!) défenseurs des licences libres, facilite l'amalgame "libre = pirate", lequel nuit au mouvement des licences libres dans son ensemble.
Plus prosaïquement, sans droits d'auteur Microsoft pourrait sortir une Debian avec des DRM, en considérant comme abusif le copyright on sous-entend qu'en le respectant on n'est pas foutus de construire un modèle libre qui tienne la route, et assimiler "logiciels libres" et "téléchargement à outrance du contenu des majors" ne rend pas service, mais alors pas du tout, aux utilisateurs de logiciels libres.