Marc-Edouard Nabe et les avantages de l'auto-édition

Guillaume Champeau - publié le Mardi 23 Mars 2010 à 10h55 - posté dans Société 2.0

Les artistes de la musique avaient été les premiers à s'y mettre. Grâce à Internet, les musiciens n'ont plus besoin de passer avec succès le filtre des maisons de disques et des programmations radios pour se faire connaître, ni celui des rayons des disquaires pour vendre leurs productions. A l'image de Radiohead, Nine Inch Nails, et des milliers d'artistes connus ou méconnus, les écrivains eux-aussi peuvent désormais s'affranchir de l'intermédiaire, incontournable hier, qu'est l'éditeur de livres.

C'est le cas de Marc-Edouard Nabe, qui a lancé sa propre plateforme en ligne où l'on peut commander ses nouveaux ouvrages, et une grande partie des anciens dont il a pu récupérer les droits. Faute de contrat écrit signé, il a pu retrouver les droits sur 22 livres édités par les Editions du Rocher, et de quelques autres livres édités par Gallimard ou Dilettante, qu'il propose désormais sur son site. A l'avenir, tous ses romans seront édités par lui-même, ce qui n'est pas un maigre avantage comme le résume le magazine littéraire BSC News :

Après 27 livres édités aussi bien chez Gallimard qu'au Dilettante, il auto-publie son nouveau roman : L'homme qui arrêta d'écrire. Un véritable pied de nez à l'édition. " J'en ai assez des éditeurs blasés et des libraires boycotteurs. J'ai imprimé mille exemplaires de ce roman, qu'on ne pourra commander que sur ma plate-forme, marcedouardnabe.com. Au lieu de toucher mes misérables 10 % de droits d'auteur, désormais, je serai à 70 % ", déclare-t-il à l'Express (30% à l'imprimeur). Nabe se fout de vendre beaucoup : avec le peu qu'il vendra, il gagnera plus qu'en touchant un maigre avaloir (les tarifs sont à la baisse) et 10 % de droits d'auteurs. Le prix de son roman de sept cent pages ? 28 euros - à peu près le prix du dernier Sollers. Vous pouvez le commander dès le 14 janvier, vous recevrez un livre avec une couverture élégante, papier bouffant, sans code-barres ni mention du prix.

Ca n'est pas pour autant la mort de l'éditeur. Il faudra "simplement" qu'ils travaillent beaucoup plus leur image de marque avec une ligne éditoriale affirmée par un accompagnement poussé dans l'écriture (un rôle trop souvent oublié de l'éditeur), et par un travail de promotion efficace du livre. Il faudra aussi, sans doute, qu'ils réhaussent la part du prix du livre reversée aux auteurs. A défaut, leur mort sera aussi lente que certaine.

Publié par Guillaume Champeau, le 23 Mars 2010 à 10h55
 
 
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Commentaires à propos de «Marc-Edouard Nabe et les avantages de l'auto-édition»
 

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En tant que futur éditeur je remarque surtout une chose, c'est la baisse des intermédiaires. Il faut savoir par exemple qu'un amazon achète à l'éditeur ses livres avec une réduction de 50% du prix HT, se faire distribuer en librairie coûte 70% du prix d'un livre.

Mais ce qu'il fait, c'est ni plus ni moins ce que font les petits éditeurs aujourd'hui en se passant de distributeurs et de diffuseurs, internet permet de vendre ses livres directement depuis le site internet de l'éditeur et il est possible de n'avoir aucun autre distributeur que amazon si on le souhaite.

Par contre, quand il dit qu'il ne met ni code barre ni prix sur son bouquin, il est en infraction vis-à-vis de la loi sur le livre qui oblige toute personne imprimant et distribuant un nombre conséquent d'ouvrage papier à faire l'acquisition d'un ISBN et d'effectuer un dépôt légal, et n'importe quel lecteur doit être en mesure de commander son bouquin dans une librairie, ce qui fait qu'il est obligé de travailler avec les libraires au moins un minimum.

Par contre, c'est les imprimeurs qui râlent de voir tout ces auto-éditeur qui ne savent pas fabriquer un livre et qui envoient des fichiers word, d'autant que de récentes décisions de justices obligent ces imprimeurs à corriger les fautes des textes si l'auto-éditeur en aurait laissé et doit en gros effectuer le travail de rewriter, je trouve ça abusé personnellement, chacun son métier.
Nicobi, le 23/03/2010 - 14:53
gros cliché made in numerama. faut arreter de croire que les artistes sortent d'un ventre mou et deviennent instantanement geniaux

c'est pas du tout ce que j'ai dit, je dis juste que les artistes s'ils sont géniaux n'ont pas besoin d'intermédiaires entre eux et leur public, qu'ils soient connus ou non.

Je ne vois pas en quoi un Rémi Gaillard ou un JoueurDuGrenier ou un LaChansonDuDimanche ou un Mozinor ou je ne sais qui encore aurait besoin d'un "label" pour vivre de son art. Ils n'ont eu besoin de personne pour sortir du lot, tout s'est fait à la sueur de leur front. Si demain ils ont envie de sortir un livre/un CD/un DVD, je suis sur qu'ils passeront par un système d'autoproduction et pas par un système de parasites assoiffés de pognon.
"grâce à internet, les musiciens n'ont plus besoin de passer avec succès le filtre des maisons de disques et des programmations radios pour se faire connaître"

Toujours la même posture sur Numérama... C'est faux !
On a toujours besoin de financer : la promo, le site internet et éventuellement le clip !
Et ce n'est pas avec le budget d'un particulier qu'on peut le faire de manière professionnelle.
NiN peut se permettre de zapper la maison de disque, mais c'est une exception...
Goldy

Par contre, quand il dit qu'il ne met ni code barre ni prix sur son bouquin, il est en infraction vis-à-vis de la loi sur le livre qui oblige toute personne imprimant et distribuant un nombre conséquent d'ouvrage papier à faire l'acquisition d'un ISBN et d'effectuer un dépôt légal, et n'importe quel lecteur doit être en mesure de commander son bouquin dans une librairie, ce qui fait qu'il est obligé de travailler avec les libraires au moins un minimum.
J'ai mon exemplaire sous le nez, et il porte l'ISBN 978-2-9534879-0-9. Dépôt légal en janvier 2010, et copyright Marc-Edouard Nabe. Ce dernier a d'ailleurs bien précisé dans diverses interviews qu'il ne voulait pas que le bouquin soit vendu par des libraires, et qu'on ne pourrait se le procurer QUE sur marcedouarnabe.com
brazil, le 23/03/2010 - 17:33
Toujours la même posture sur Numérama... C'est faux !
On a toujours besoin de financer : la promo, le site internet et éventuellement le clip !
Et ce n'est pas avec le budget d'un particulier qu'on peut le faire de manière professionnelle.
NiN peut se permettre de zapper la maison de disque, mais c'est une exception...
Va dire ça aux Spiral Tribe
tass_, le 23/03/2010 - 18:08
Va dire ça aux Spiral Tribe

On parlait culture, là, non ? Faudrait peut-être pas mettre des teufeurs et Nabe dans le même panier.
CRN, le 23/03/2010 - 18:59
tass_, le 23/03/2010 - 18:08
Va dire ça aux Spiral Tribe

On parlait culture, là, non ? Faudrait peut-être pas mettre des teufeurs et Nabe dans le même panier.

Ce serait bien d'éviter ce genre d'amalgame minable qui ne vaut pas mieux que la Boutin et son combat contre le Hellfest.
Je n'amalgame rien, j'insiste même pour qu'on fasse bien la différence. Teufeurs et écrivains ne sont pas du même monde. Ce n'est même pas un jugement de valeur, juste un constat.
Je n'amalgame rien, j'insiste même pour qu'on fasse bien la différence. Teufeurs et écrivains ne sont pas du même monde. Ce n'est même pas un jugement de valeur, juste un constat.

Heu nan c'est un jugement de valeur.
Spiral Tribe est un collectif qui joue sur scène depuis 20 ans, qui a produit cds, vinyls, dvds... Qui rassemble des milliers de fans pour leurs concerts. Et si tu t 'intéressais un tant soit peu à leur musique tu verrais qu'elle est différente du "boom boom tchak" que font la plupart des tribes de bas étage.
Pourquoi nier qu'ils font partie de la culture ? Je te signale qu'Elvis était aussi mal vu qu'eux à son époque. Ha c'est sûr c'est de la musique électronique donc ça vaut pas le coup ? Tu as 40 ans de retard mon pauvre.
Constat de quoi ? Je ne crois pas tu fasses parti de la police du bon gout pour pouvoir te permette de dicter aux autre ce qui peut être classé dans le rayon de la culture (art ?) ou non. Que l'on s'appelle Pierre Soulages en peignant en noir, Burroughs en découpant des textes au ciseau ou les spiral tribes, aphex twin ou micropoint en séquencant derrière des machines pour faire danser je ne vois pas ou se trouve la différence.
Bon de toute façon on s'en branle pas mal de connaitre la définition du mot culture. Déja ce mot reste bien gerbatif et employé abusivement par l'étudiant en première année de fac d'art plastique qui va s'astiquer sur son technikart et lors ses visites au musées sans rien y comprendre.
CRN, le 23/03/2010 - 17:39
Ce dernier a d'ailleurs bien précisé dans diverses interviews qu'il ne voulait pas que le bouquin soit vendu par des libraires, et qu'on ne pourrait se le procurer QUE sur marcedouarnabe.com

Bah en ce sens, il est en infraction vis-à-vis de cette loi. Si un libraire veut se procurer le livre, il est dans l'obligation de lui en faire parvenir un exemplaire. Qu'on soit auto-édité ou pas, c'est la même règle pour tous.

Je vais aller le commander dans une librairie son bouquin.
Goldy, le 23/03/2010 - 21:39

Bah en ce sens, il est en infraction vis-à-vis de cette loi.
Pourquoi serait-il en infraction ? En tant qu'entrepreneur, il peut faire des affaires avec les partenaires de son choix.
Ici, il a fait affaire avec TOPPLERS, qui livre les bouquins, au lieu de traiter avec les distributeurs et libraires habituels.
Les acolytes de Nabe ne refuseront pas d'envoyer le bouquin à M. Trucmuche parce qu'il est libraire, car cela constituerait à l'évidence un refus de vente. Il ne sera de leur point de vue qu'un client comme les autres, et pas un maillon de la chaîne de distribution.
Donc Trucmuche n'aura pas d'autre choix que de le commander sur marcedouardnabe.com et de te faire payer plus cher que si tu l'avais commandé toi-même. Mais si t'aimes gaspiller ton pognon, vas-y.

tass_, le 23/03/2010 - 20:41
cf. ci-dessus
T'as vraiment la tête dans le guidon, Spiral Tribe ne m'intéresse pas, et n'a rien à voir dans cette conversation. Tu as lancé ce nom en l'air, et maintenant tu m'engueules parceque je prétends faire la différence entre littérature et sous-culture musicale ? Excuse-moi d'oser suggérer que c'est peut-être pas pareil. D'ailleurs il y a cinq minutes, je me suis versé un grand verre de jus d'orange, et tu me croiras ou te me croiras pas, mais ça avait pas le même goût que le vin blanc du dîner.

Grisha, le 23/03/2010 - 20:44
Constat de quoi ? ...
Qui dicte le bon goût ici ? tass me donne du "mon pauvre" parce que je ne m'intéresse pas à SON groupe préféré.
CRN, le 24/03/2010 - 01:03

T'as vraiment la tête dans le guidon, Spiral Tribe ne m'intéresse pas, et n'a rien à voir dans cette conversation. Tu as lancé ce nom en l'air, et maintenant tu m'engueules parceque je prétends faire la différence entre littérature et sous-culture musicale ? Excuse-moi d'oser suggérer que c'est peut-être pas pareil. D'ailleurs il y a cinq minutes, je me suis versé un grand verre de jus d'orange, et tu me croiras ou te me croiras pas, mais ça avait pas le même goût que le vin blanc du dîner.


"Mon pauvre" était là car en effet tu n'as aucune ouverture d'esprit, je me demande qui a plus la tête dans le guidon : moi qui peut apprécier une "sous-culture musicale" comme tu l'appelles aussi bien que la littérature et les autres arts ou toi qui t'enfermes dans ton élitiste puant l'étudiant des Beaux-Arts pétant plus haut que son cul dans les vernissages mondains.

Mais reste dans ton ignorance crasse et des généralités à deux francs, t'iras loin dans la vie comme ça. Comme je le disais Elvis en son temps était tout aussi rabaissé par les "vrais" artistes.

L'histoire leur a donné tort.

edit: et tu me croiras peut-être pas mais hier soir j'ai bu un bon côtes du Rhones villages avec un bon saint nectaire, et ben les deux étaient différents mais je ne saurais dire lequel je préfère.
Tu devrais te demander sincèrement lequel de nous deux se prend pour une référence.
Puisque tu veux absolument entendre un jugement, que je n'ai pas donné jusqu'ici : Spiral Tribe n'est pas à mon goût.

En te lisant et en suivant ta logique, je comprends que quiconque émet, pas même une critique, mais une réserve :
-n'a aucune ouverture d'esprit.
-est d'une ignorance crasse
-est élitiste.

Essayes-tu de m'insulter en me disant que j'ai l'esprit fermé ? Entre avoir l'esprit ouvert et penser que tout se vaut et que tout est uniformément génial, il y a un gouffre.
«Avoir des goûts personnels» = «être ignorant» ? Il me semble qu'au contraire, savoir ce qu'on aime et surtout, pourquoi, dénote une certaine finesse. Sans parler du fait que trouver ce qu'on aime nécessite des recherches.
Il me semble moral de louer les meilleurs et de ne pas les placer sur le même plan que les autres. A quoi bon se casser le c*l à écrire des bouquins superbes s'il est interdit de dire qu'ils sont mieux que ceux des autres ? àa n'exclut pas le débat : ça le nourrit. Si on considère que tout se vaut, il n'y a aucune raison de débattre.

Pour ce qui est de la méthode, tu noteras que j'ai pris le temps de répondre à ton message. A son contenu. Je ne me suis pas contenté d'un petit procès d'intention psychologisant, qui constitue la totalité de ton dernier message. Il est à la fois très facile et très ridicule d'attaquer le caractère et les motivations fantasmés de quelqu'un, et de ne pas répondre à son discours.
D'ailleurs, ton numéro de madame Irma n'a pas marché : je ne suis pas étudiant, et je ne fréquente pas de vernissages, ni le milieu de l'art.
Tu prouves encore que tu n'as rien compris à mon message. Mais je t'en veux pas tu te focalise sur ce que tu crois être des insultes au lieu de lire ce que je dis.

Que spiral tribe est à ton goût ou pas, j'en ai absolument rien à faire. Mais sache que certaines personnes peuvent reconnaitre l'intérêt artistique d'une oeuvre/d'un artiste sans qu'ils soient à son goût. Etonnant non ? Par exemple je suis pas fan de peinture mais je peux dire qu'un Picasso est mieux que le griboulli d'un gosse quelconque de 4 ans. Ou alors reconnaitre que même si je n'aime pas le style Sidney Bechet est un grand jazzman.

Désolé tout ce que je lit de tes propos c'est : les teufeurs ne pourront jamais atteindre le niveau artistique de la littérature. leur musique n'est même pas de la culture selon toi.

Comment ne pas te taxer de "fermé d'esprit" quand tu nie toute un pan de la musique juste parce que tu n'aimes pas ?

Je n'ai jamais dis que tu se valaient, mais assimiler Sipral Tribe aux teufeurs montre bien que tu ne connais rien à cette culture.

Comme dirait l'autre : quand on ne connait pas on se tait.

Après pour le passage sur l'étudiant des Beaux-Arts j'ai jamais dit que tu en était un, tu en a juste le discours pédant. Je n'ai pas été le seul à le souligner et Grisha l'a souligné avec de meilleurs mots.

Pour qui te prends tu pour dire que la musique électronique est "inférieure" à la littérature ?
tass_, le 24/03/2010 - 19:26
J'ai du mal à comprendre pourquoi tu t'acharnes.
Un mec que tu ne connais pas et que tu ne rencontreras jamais, te dit, par internet, qu'il n'a pas les mêmes goûts que toi. Qu'est-ce que ça peut te fovtre ?

Désolé tout ce que je lit de tes propos c'est : les teufeurs ne pourront jamais atteindre le niveau artistique de la littérature. leur musique n'est même pas de la culture selon toi.

Nature-Culture, tu as sûrement dû voir ça au lycée. Tout est culture dans cette conversation, pusique la culture sépare l'Homme de l'animal, et que les animaux n'ont ni Nabe, ni Spiral Tribe. Cependant certains hommes qui ne considéraient pas qu'il était criminel de classer et de différencier* ont placé les arts dans deux catégories : arts majeurs et arts mineurs. Gainsbourg le dira mieux que moi : http://www.youtube.c...h?v=XnbC1Wa7uno

C'est tout ce que je me bornais à dire dans mon premier message. Et je ne vois sincèrement pas de quoi Monsieur s'offense. Je ne t'interdis pas d'apprécier des arts mineurs, je n'affirme pas non plus que c'est infamant, alors oû est le problème ?

C'est ton procédé qui me choque : j'ai laissé entendre que je n'étais pas d'accord avec toi, et au lieu de débattre, d'étayer ta position dans une discussion courtoise, tu me fais la leçon en affirmant que le simple fait de DIRE que je n'aime pas est mal.

Avec, je te le concède, une belle variété de prétextes :
"quand on ne connait pas on se tait" : je ne suis pas cuistot, ça m'empèche pas de reconnaître de la bouffe dégueulasse. Suis-je obligé d'être fan de musique électronique pour la critiquer, auquel cas il n'y aura jamais de critique négative ?
"on n'a pas le droit de dire que la musique électronique est inférieure à la littérature" : justement, je ne l'ai jamais dit. J'ai dit qu'elle était différente.
"pour qui tu te prends" : pour moi, donc pour personne puisque sur internet, on n'est personne. Mais je ne vois pas en quoi ça devrait me dissuader de débattre.
"Elvis était lui aussi critiqué en son temps" : quel est le rapport avec la choucroute ? TOUS les artistes du monde ont été critiqués, les nuls, les géniaux, les incompris... àa ne prouve rien.

*je pourrais dire (mais oserais-je face à une fliquette comme toi) : discriminer ? Robert est ton ami.

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