Deux ados de 13 ans poursuivis pour s'être envoyés des sextos

Guillaume Champeau - publié le Lundi 01 Février 2010 à 12h08 - posté dans Société 2.0

Il y a tout juste un an, nous avions publié un article sur la pratique des "sextos" qui se répand à travers le monde, et notamment aux Etats-Unis. Il s'agit d'adolescents pour qui la pudeur n'est plus aussi importante que dans les générations précédentes, qui envoient par texto à leurs petit ami des images d'eux-mêmes nus, ou des messages à caractère érotique. Dans une étude menée par MTV que nous avions relayée, 10 % des sondés disaient avoir déjà envoyé des photos d'eux nus par Internet ou par mobile, et 3 % en avoir déjà partagé sur des sites web et réseaux sociaux. Or aux Etats-Unis, les autorités sont bien décidées à enrayer le phénomène avec l'aide de la justice.

Nous avions déjà évoqué le cas de trois adolescents de 14 à 15 ans poursuivis pénalement l'an dernier en Pennsylvannie pour avoir envoyé des sextos. Même chose en ce début d'année en Indiana. Une élève de 13 ans qui s'était fait confisquée son mobile en classe est poursuivie pour possession et exploitation de pédopornographie, parce qu'ils s'étaient échangés avec un autre élève des photos de leur sexe par MMS.

Comme en Pennsylvanie, le procureur a justifié les poursuites par le fait que les photos risquaient un jour de se retrouver sur Internet, et qu'il était donc essentiel de contraindre les jeunes à arrêter ces pratiques. Mais les conséquences de l'arrestation ne sont pas neutres. Les ados condamnés peuvent en effet se retrouver fichés pendant au moins 10 ans sur un registre des délinquants sexuels, avec toutes les conséquences dramatiques que ça peut avoir sur leur vie.

Publié par Guillaume Champeau, le 1 Février 2010 à 12h08
 
 
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Commentaires à propos de «Deux ados de 13 ans poursuivis pour s'être envoyés des sextos»
 

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Kimd, le 01/02/2010 - 22:09
Je suis tout à fait d'accord, heureusement que la justice des mineurs, et surtout le travail des juges, est fait dans un but d'éducation en essayant au maximum de maintenir l'enfant au sein de sa famille en prévoyant une gradation dans les mesures d'aide, d'assistance etc...

Sinon si interdire l'accès au nouvelle technologie est impossible techniquement parlant, les raisons qui interdisent la conduire au mineur de moins de 16ans ne se retrouvent pas pour les nouvelles technologies.Un accent doit être donc mis sur la prévention où l'école a aussi un rôle à jouer (tous les parents ne peuvent pas encore se permettre d'avoir un ordinateur à la maison ni même les connaissance pour se servir d'un ordinateur)
Oui les raisons ne sont pas les mêmes (on n'est pas dans la catégorie des risques d'accidents corporels, même si des dérives meurtrières ont pu être constatées). Restes que des mesure de contrôle parentale peuvent ou pourraient être mises en places sur les ordinateurs et les téléphones (liste blanche de numéros sortant et entrant, limitation des usages : texto, images, videos) pour les plus jeunes avec un débridage progressif suivant la maturité.

Sinon je crois aussi qu'il faut arrêter de demander à l'école de s'occuper de toutes les formations : on a bien entendu la formation scolaire mais à cela on ajoute de plus en plus de choses qui grèvent le temps d'instruction de base : éducation à la santé, à la diététique, aux risques d'accidents et formations aux premiers secours, aux risques d'internet et au B2I, à la contraception, à la sécurité routière et au BSR, ... Il serait peut être temps de revoir l'organisation scolaire pour que ces activités ne s'inscrivent plus dans le temps scolaire (quitte à le réduire un peu) mais dans un temps extérieur (une après-midi ou une matinée de chaque semaine spécialement réservée à cet usage), ça ne ferait que rajouter un peu plus de cohérence à l'ensemble.

A noter enfin que 92 % des 12-17 ans sont équipés d'au moins un ordinateur à leur domicile d'après une enquête de 2008. On voit que même les familles les plus modestes sont impliquées.
Sur l'organisation du temps scolaire je pensait à ce type de formation, lorsque j'étais à l'école primaire une fois toutes les deux semaines une après-midi était réserver à une découverte de l'informatique. Le problème aujourd'hui étant qu'avec la semaine de quatre jours (quelle stupidité) bein il est difficile de mettre dans la semaine des activités extra scolaires, avant d'en demander autant à l'école il faut revoir comme tu le soutient une réorganisation de la semaine à l'école...
Voilà une très bonne raison pour ne pas donner à un jeune ado (ou lui laisser aquérir) un téléphone portable. Et si il souffre sur le moment de ne pas être comme ses "charmants" petits copains, devenu adulte il bénira ses parents d'avoir jouer leur rôle. En plus avec toutes les ondes nocives qu'émettent ces charmants petits aspirateurs à Euros, il faut être irresponsable pour laisser livrer des gamins à eux même, eux qui ne connaissent pas encore toutes les subtilités des pièges de ce monde.

Il faut avoir le courage de dire non à la société de con-sommation et les dérives quelle entraine. Si on était dans un monde de Bisounours ça se saurait !

La technologie doit être au service de l'homme et non le rendre servile.


ColdFire qui n'a pas encore d'enfants, mais qui côtoie ceux des autres tout les jours et qui vois l'évolution catastrophique que cause les lacunes éducatives et l'influence négative des nouveautés technologiques quant on les mets dans les mains des enfants sans en maitriser toute la subtilité des risques induits.

PS : Et oui, je sait que ça n'est pas un discours très plaisant pour les pelouses de votre château Monsieur Bouygues ;)
Kimd, le 01/02/2010 - 22:09
Je suis tout à fait d'accord, heureusement que la justice des mineurs, et surtout le travail des juges, est fait dans un but d'éducation en essayant au maximum de maintenir l'enfant au sein de sa famille en prévoyant une gradation dans les mesures d'aide, d'assistance etc...
Excuses moi mais je cherche encore la vertue éducative de mettre 2 ados sur la liste des pédophiles fichés par la police. Je reste convaincu que l'éducation de l'enfant est sous la responsabilité des parents, le juge ne doit intervenir que quand il y a préjudice. Où est le préjudice là ? Qui est la victime ? Appliqué la loi à la lettre tout ça parce qu'elle existe est la chose la plus stupide à faire dans ce cas précis, c'est aller contre le principe même de cette loi et son but qui est de protéger les enfants. En quoi cela va protéger ses enfants de foutre leur vie en l'air je le demande ? Est-ce que vous n'avez pas l'impression qu'on marche sur la tête là ?
@bskevin
comment se porte ta sexualité mon gland?
Leto42, le 02/02/2010 - 10:23
Kimd, le 01/02/2010 - 22:09
Je suis tout à fait d'accord, heureusement que la justice des mineurs, et surtout le travail des juges, est fait dans un but d'éducation en essayant au maximum de maintenir l'enfant au sein de sa famille en prévoyant une gradation dans les mesures d'aide, d'assistance etc...
Excuses moi mais je cherche encore la vertue éducative de mettre 2 ados sur la liste des pédophiles fichés par la police.
On parlait à ce moment là de la justice des mineurs en France et non aux Etats-Unis.

Je reste convaincu que l'éducation de l'enfant est sous la responsabilité des parents, le juge ne doit intervenir que quand il y a préjudice.
Et comment établir s'il y a préjudice ou non. Dans les cas de chantage sexuel, la victime ne va pas spontanément se plaindre lorsqu'on l'interroge. Il faut une vraie enquête pour établir les faits et déterminer s'il y a ou non préjudice.

Où est le préjudice là ? Qui est la victime ?
Imposer la vision d'un mineur nu (c'est bien ce qui se passe lorsqu'on envoie un sexto accompagné d'une photo) peut constituer un préjudice si elle est répétée car cela peut s'apparenter à une forme de harcèlement. La suspicion d'un tel acte ne mérite-t-il pas qu'on s'y intéresse pour savoir ce qu'il en est réellement ? Bien sûr que oui. Et qui doit s'en charger ? Ce n'est surement pas à l'école de le faire, ce n'est pas son rôle, mais c'est celui des services sociaux et de la police...

Appliqué la loi à la lettre tout ça parce qu'elle existe est la chose la plus stupide à faire dans ce cas précis
C'est à partir du moment où on commence à faire des arrangements avec la loi que les dérives apparaissent. Si pour certains problèmes susceptibles d'être graves on commence à fermer les yeux, on peut être sûr qu'on les fermera parfois sur des victimes incapables de faire connaître leur situation (enfants battus, adolescentes violées ou harcelées, jeunes rackettés, ...).

, c'est aller contre le principe même de cette loi et son but qui est de protéger les enfants.
En l'occurrence ce ne sont pas des enfants mais des adolescents.

En quoi cela va protéger ses enfants de foutre leur vie en l'air je le demande ?
Foutre leur vie en l'air ? Mais rien n'est décidé, la justice s'est simplement saisie du problème et ce n'est pas un mal car la loi doit être adaptée et une jurisprudence être établie pour l'encadrer.

Est-ce que vous n'avez pas l'impression qu'on marche sur la tête là ?
Pas plus qu'avec les nombreuses lois mal rédigées qui sortent actuellement à toute vitesse pour satisfaire une opinion publique en mal de justice (ou certains groupes de pression)...
Croux, le 02/02/2010 - 19:29
Et comment établir s'il y a préjudice ou non. Dans les cas de chantage sexuel, la victime ne va pas spontanément se plaindre lorsqu'on l'interroge. Il faut une vraie enquête pour établir les faits et déterminer s'il y a ou non préjudice.
Les enfants sont parfois cruels. Certains se font racketter, d'autres se font moquer, certains se battent, etc...
Mais, tant qu'ils ne s'en plaignent à personne, on ne fait rien, parce qu'après tout c'est la vie, c'est pas si grave.
Signales-tu au juge chaque bleu que ton gamin se fait au cas où on l'y ait aidé ?


Croux, le 02/02/2010 - 19:29
La suspicion d'un tel acte ne mérite-t-il pas qu'on s'y intéresse pour savoir ce qu'il en est réellement ? Bien sûr que
Non ! Bien sûr que non ! Qu'est-ce que ça peut bien faire ? Si l'enfant est harcelé, alors qu'il s'en plaigne, et à ce moment OUI, s'il donne de lui-même son téléphone pour montrer ce qu'il reçoit, et que ça ne lui plait pas, ALORS on peut dire qu'il y a harcèlement et éventuellement réprimander l'indélicat. Mais je ne vois toujours pas le rapport avec la justice bordel.
Elle a autre chose à faire que de s'occuper d'ados qui jouent à touche-pipi...



Croux, le 02/02/2010 - 19:29
C'est à partir du moment où on commence à faire des arrangements avec la loi que les dérives apparaissent.
Et c'est à partir du moment où on dénonce le moindre écart à la loi de la part de l'entourage qu'on tombe dans la dictature paranoïaque de 1984. Tonton roule un joint, le fiston appelle la police. Papa roule trop vite, la maman porte plainte pour mise en danger de sa vie. Le fiston se baigne à poil dans la piscine, le papa appelle les flics. La maman a un peu trop bu au resto et titube en rentrant chez elle à pied, le papa appelle les flics...

Dans quel monde on vit pour que tu trouve normal de faire appel à la justice à chaque foi qu'un texte de loi n'est pas appliqué à la lettre ? Pourtant, je suis sûr que pour toi même on aurait mille et une raison de te mettre devant le juge, si on devait le faire au moindre écart de conduite. Tu es sûr de t'être bien mis au point mort au dernier STOP que tu as passé ? Dommage.
Stabbquadd, le 03/02/2010 - 11:14
Croux, le 02/02/2010 - 19:29
Et comment établir s'il y a préjudice ou non. Dans les cas de chantage sexuel, la victime ne va pas spontanément se plaindre lorsqu'on l'interroge. Il faut une vraie enquête pour établir les faits et déterminer s'il y a ou non préjudice.
Les enfants sont parfois cruels. Certains se font racketter, d'autres se font moquer, certains se battent, etc...
Mais, tant qu'ils ne s'en plaignent à personne, on ne fait rien, parce qu'après tout c'est la vie, c'est pas si grave.
Et combien de victime d'agressions sexuelles ne disent jamais rien ? Faut-il fermer les yeux ou chercher à savoir ?

Signales-tu au juge chaque bleu que ton gamin se fait au cas où on l'y ait aidé ?
Le problème soulevé par l'article n'est pas celui de la relation enfant - parent, mais celui de la relation adolescent - institution scolaire. Combien d'adolescentes préfèrent mentir plutôt que de révéler à un personnel d'éducation ce qui s'est réellement passé ? Reste que le fait est que ce problème dépasse les compétences de l'école, ce n'est donc pas à elle de le gérer et qu'elle n'a pas le droit de fermer les yeux pour autant. C'est bien beau de dire qu'il faudrait laisser tomber, mais la personne qui a remarqué un problème doit-elle risquée elle-même d'être poursuivie en justice et de perdre son emploie pour avoir fermé les yeux si jamais il y avait réellement eut une infraction ? Ces ados ont fait une connerie c'est aussi à eux de s'expliquer de d'assumer leurs actes, et non aux autres.

Croux, le 02/02/2010 - 19:29
La suspicion d'un tel acte ne mérite-t-il pas qu'on s'y intéresse pour savoir ce qu'il en est réellement ? Bien sûr que
Non ! Bien sûr que non ! Qu'est-ce que ça peut bien faire ? Si l'enfant est harcelé, alors qu'il s'en plaigne, et à ce moment OUI, s'il donne de lui-même son téléphone pour montrer ce qu'il reçoit, et que ça ne lui plait pas, ALORS on peut dire qu'il y a harcèlement et éventuellement réprimander l'indélicat. Mais je ne vois toujours pas le rapport avec la justice bordel.
Elle a autre chose à faire que de s'occuper d'ados qui jouent à touche-pipi...
On n'est pas dans la réprimande là, on est potentiellement dans l'acte criminel. Avec de tels raisonnements on en arrive à justifier ce qui arrive aux femmes battus qui n'osent pas parler et aux enfants victimes d'incestes qui ne parlent pas de peur de voir leur agresseur partir en prison.


Croux, le 02/02/2010 - 19:29
C'est à partir du moment où on commence à faire des arrangements avec la loi que les dérives apparaissent.
Et c'est à partir du moment où on dénonce le moindre écart à la loi de la part de l'entourage qu'on tombe dans la dictature paranoïaque de 1984. Tonton roule un joint, le fiston appelle la police. Papa roule trop vite, la maman porte plainte pour mise en danger de sa vie. Le fiston se baigne à poil dans la piscine, le papa appelle les flics. La maman a un peu trop bu au resto et titube en rentrant chez elle à pied, le papa appelle les flics...

Dans quel monde on vit pour que tu trouve normal de faire appel à la justice à chaque foi qu'un texte de loi n'est pas appliqué à la lettre ? Pourtant, je suis sûr que pour toi même on aurait mille et une raison de te mettre devant le juge, si on devait le faire au moindre écart de conduite. Tu es sûr de t'être bien mis au point mort au dernier STOP que tu as passé ? Dommage.
Encore une fois cette affaire ne se restreint pas au milieu familial, en utilisant en public son téléphone elle a pris le risque (délibéré ?) que quelqu'un d'extérieur découvre ce qu'il y avait dedans et de par ses obligations professionnelles en fasse part à qui de droit.

Je trouve surprenant de prétendre à la dérive dictatoriale de 1984 dès qu'on applique les mesures destinées à protéger les mineurs de possibles délits sexuels. Pour faire dans le guignolesque similaire je dirais que fermer les yeux c'est se diriger vers un monde à la MadMax. :)
Le problème de tout ça est de savoir si le bien n'est pas pire que le mal !

Ainsi, il ne faut pas en arriver à ce qu'un prof puisse librement accéder au données personnelles d'un enfants (d'un téléphone mobile dans le cas présent). Une personne, adulte ou non, a des droits et son intimité doit être respectée.

Les enfants ont une sexualité et il faut la laisser s'exprimer ; en tout cas, ce n'est pas à un prof, un flic ou une autorité autre que parentale de venir faire son cours d'éducation.

Si on accepte qu'un prof puisse désormais fouiller le mobile d'une élève, alors l'inverse doit être possible ! Personne ne doit être épargné si l'on juge que nous sommes tous égaux.
Mais le fait de fliquer tout le monde par n'importe qui, n'est pas la solution, Hadopi en est l'exemple type.

Dans le cas présent, un mot aux parents aurait suffit. Charge à eux de faire ce qu'il faut si tant est qu'il y ait quelque chose à faire.

Alors bien sûr, si l'on souhaite vivre dans un monde sûr à 99%, il suffit de mettre des caméras de vidéo surveillance et des micros dans tous les foyers, de les faire analyser par des ordinateurs qui, suivant un mot prononcé qui, suivant une attitude typée, alertera une autorité apte à virtualiser ce qui se passe vraiment pour déterminer l'envoi ou non des forces de l'ordre.

Perso, ce monde je n'en veux pas, je préfère courir des risques que de ne plus avoir d'intimité.
longcat, le 02/02/2010 - 13:07
Encore une fois cette affaire ne se restreint pas au milieu familial, en utilisant en public son téléphone elle a pris le risque (délibéré ?) que quelqu'un d'extérieur découvre ce qu'il y avait dedans et de par ses obligations professionnelles en fasse part à qui de droit.

Je trouve surprenant de prétendre à la dérive dictatoriale de 1984 dès qu'on applique les mesures destinées à protéger les mineurs de possibles délits sexuels. Pour faire dans le guignolesque similaire je dirais que fermer les yeux c'est se diriger vers un monde à la MadMax. :)
Non mais tu as relu ce que tu as dit ?

"en utilisant en public son téléphone", et plus loin "prétendre à la dérive dictatoriale de 1984".

Tu l'as lu ce bouquin au moins ? Parce que c'est exactement son sujet ! Se cacher des autres et des caméras pour faire ce qu'on a envie de faire, au cas où ce soit interdit et qu'on se retrouve condamné sans la moindre raison valable !

En trouvant normal de condamner (au moins au jugement des autres et à l'humiliation) un ado parce qu'il a utilisé un bien PRIVE dans un lieu PUBLIC, et en ajoutant qu'alors cet ado s'exposait à ce que les autres puissent avoir le droit de FOUILLER dans sa vie privée, tu es carrément dans 1984 ! Tu y vis déjà !
Stabbquadd, le 04/02/2010 - 18:13
longcat, le 02/02/2010 - 13:07
Encore une fois cette affaire ne se restreint pas au milieu familial, en utilisant en public son téléphone elle a pris le risque (délibéré ?) que quelqu'un d'extérieur découvre ce qu'il y avait dedans et de par ses obligations professionnelles en fasse part à qui de droit.

Je trouve surprenant de prétendre à la dérive dictatoriale de 1984 dès qu'on applique les mesures destinées à protéger les mineurs de possibles délits sexuels. Pour faire dans le guignolesque similaire je dirais que fermer les yeux c'est se diriger vers un monde à la MadMax. :)
Non mais tu as relu ce que tu as dit ?

"en utilisant en public son téléphone", et plus loin "prétendre à la dérive dictatoriale de 1984".

Tu l'as lu ce bouquin au moins ? Parce que c'est exactement son sujet ! Se cacher des autres et des caméras pour faire ce qu'on a envie de faire, au cas où ce soit interdit et qu'on se retrouve condamné sans la moindre raison valable !

En trouvant normal de condamner (au moins au jugement des autres et à l'humiliation) un ado parce qu'il a utilisé un bien PRIVE dans un lieu PUBLIC
Stop ! Attention on lui a confisqué son téléphone dans un lieu régit par un règlement, CE N'EST PAS UN LIEU PUBLIC ! En contrevenant à ce règlement devant entre autre des adultes (c'est ce que signifiait le EN PUBLIC) qui sont tenus de faire respecter ce règlement sous peine de se retrouver sanctionnés eux-même et de perdre leur emploi, elle savait ce qu'elle risquait : qu'on lui confisque son téléphone et qu'on découvre ce qu'il contenait.

, et en ajoutant qu'alors cet ado s'exposait à ce que les autres puissent avoir le droit de FOUILLER dans sa vie privée, tu es carrément dans 1984 !
Qui a dit qu'on avait FOUILLÉ dans sa vie privée ? Rien ne dit que l'image n'était pas déjà affichée à l'écran du portable quand on le lui a confisqué... En plus comme on n'est pas en France là-bas, rien ne dit qu'ils n'ont pas le droit de regarder ce que contient le portable en question, comme ils le font de façon similaire avec la fouille des casiers.

C'est bien beau de parler de respect de la vie privée, encore faut-il ne pas l'exhiber maladroitement comme elle l'a fait, si elle tenait à ce que ça reste privé. En plus de cela rien ne dit que ces deux gamins vont être condamnés et s'ils le sont ce sera aussi parce que le procureur (le ministère public qui représente l'intérêt général) aura décidé de poursuivre ces deux gamins.

Enfin cette histoire ne relève pas que de la vie de ces deux ados, comme la fille n'a que 13 ans, s'il avait fallu que l'établissement scolaire ferme les yeux au nom du soit disant respect de la vie privée alors ses parents n'en aurait rien su et peu importe dans ce cas l'âge du copain, qu'il ait 13 ans, 16 ans, 20 ans ou 80 ans ou même si ce copain devait être son grand père incestueux pendant qu'on y est !

La question est simple : que doit faire l'école lorsqu'elle a connaissance d'une situation qui pourrait relever d'un acte aussi grave que le harcèlement sexuel, sachant qu'elle n'a pas de pouvoir d'enquête ? Ce qui est sûr c'est que la plupart des jeunes victimes (mais aussi les autres) osent rarement en parler et lorsqu'elle le font longtemps après il est parfois trop tard.
TotoRhino, le 04/02/2010 - 13:39
Ainsi, il ne faut pas en arriver à ce qu'un prof puisse librement accéder au données personnelles d'un enfants (d'un téléphone mobile dans le cas présent).
Les profs ne fouillent pas dans les portables confisqués. Par contre rien n'interdit de lire l'écran lorsqu'il est encore allumé. De plus ce genre de chose ne devrait jamais arriver puisque l'usage des téléphone est en général interdit dans les établissements scolaires.

Les enfants ont une sexualité et il faut la laisser s'exprimer ; en tout cas, ce n'est pas à un prof, un flic ou une autorité autre que parentale de venir faire son cours d'éducation.
L'éducation sexuelle fait et doit faire partie de l'instruction dispensée aux jeunes. On ne peut pas parler de contraception, d'IVG, du respect du corps ou de viol sans parler de sexualité. D'ailleurs en quoi l'autorité parentale s'impose-t-elle davantage dans ce cas ? Dans certaines familles le sujet est tabou, ne parlons pas de l'homosexualité qui peut être vécue comme un crime religieux chez certains et mériterait à ce titre la lapidation...

Si on accepte qu'un prof puisse désormais fouiller le mobile d'une élève, alors l'inverse doit être possible
Pourquoi parler du prof toujours, le premier concerné me semble le chef d'établissement qui réceptionne le portable confisqué... De plus un portable ça se sécurise aussi par un mot de passe. Ce devrait plutôt être aux jeunes de protéger leur vie privée... mais force est de constaté que c'est tout le contraire, la vie privée s'exhibe de plus en plus et s'impose à la vue des autres.

Dans le cas présent, un mot aux parents aurait suffit. Charge à eux de faire ce qu'il faut si tant est qu'il y ait quelque chose à faire.
Sauf qu'il faut alors être sur que le copain qui s'exhibe n'est pas le frère de cette adolescente... elle pourrait se retrouver contrainte psychologiquement par sa propre famille à jamais en parler (les détraqués il y en a partout dans tous les milieux). Et comme ce n'est pas à l'école d'enquêter, il me semble normal qu'elle passe le relai à une autorité plus à même d'apprécier la situation sous couvert du secret, même si ça doit en passer par le juge (on croirait d'ailleurs que le juge est devenu une sorte d'ennemi du peuple à lire certains commentaires).


Alors bien sûr, si l'on souhaite vivre dans un monde sûr à 99%, il suffit de mettre des caméras de vidéo surveillance et des micros dans tous les foyers, de les faire analyser par des ordinateurs qui, suivant un mot prononcé qui, suivant une attitude typée, alertera une autorité apte à virtualiser ce qui se passe vraiment pour déterminer l'envoi ou non des forces de l'ordre.

Perso, ce monde je n'en veux pas, je préfère courir des risques que de ne plus avoir d'intimité.
Perso je préfère vivre dans un monde qui peut parfois employer des moyens disproportionnés (c'est la deuxième affaire en quelques mois) si cela peut sauver des gamins en danger à cause de leur entourage (deux affaires à côté de combien de victimes d'inceste qui se meurent).

Il ne s'agit pas d'excuser toutes les dérives mais malheureusement cette loi imparfaite (qui aurait du être plus réfléchie: comment d'ailleurs se fait-il que des députés ne pensent pas que des gamins de 13 ans vont se photographier nus et diffuser leurs photos...) ne pourra être corrigée que lorsqu'on cherchera à l'appliquer dans de telles situations.
Croux, le 04/02/2010 - 18:56
que doit faire l'école lorsqu'elle a connaissance d'une situation qui pourrait relever d'un acte aussi grave que le harcèlement sexuel, sachant qu'elle n'a pas de pouvoir d'enquête ?
Peut-être en parler avec la "victime", qui n'en était probablement même pas une.
Lui demander de rester après le cours pour lui "rendre" son portable, afin de permettre au reste de la classe de sortir.
Tout le monde pense qu'elle va juste se faire réprimander pour avoir utilisé son portable, mais la professeur en profite pour lui demander comment se fait-il qu'elle consulte ce genre d'image en classe.
Si la prof soupçonne un problème plus grave, elle peut en avertir les parents, après tout ce sont eux qui sont en charge de son éducation en premier lieu non ? La droite se plaint que les parents n'éduquent pas (ou mal) leurs enfants, mais là on ne leur laisse même pas la possibilité de le faire. On les court-circuite directement en saisissant la justice.

LA JUSTICE !

Cette même justice qui est là pour réparer les torts et dédommager les victimes. On lui demande d'emblée de se charger d'une affaire sans même savoir s'il y a un tort, et s'il y a une victime.
Encore une fois, si un professeur voit un bleu sur un gamin, va-t-il saisir un juge au cas où ce soit un de ses camarades qui l'ait frappé, ou ses parents ? Bien sûr que non, il va d'abord essayer de comprendre, il va parler au jeune, et si ça se reproduit il va en informer les parents, et ce sera AUX PARENTS de porter plainte. Enfin, si le professeur pense que le problème vient justement des parents, elle pourra toujours en informer les services sociaux. C'est comme ça que ça se passe quand on a une conscience civique et qu'on ne cherche pas à régler le moindre pet de travers par l'intermédiaire de la justice.
Stabbquadd, le 05/02/2010 - 10:22
Croux, le 04/02/2010 - 18:56
que doit faire l'école lorsqu'elle a connaissance d'une situation qui pourrait relever d'un acte aussi grave que le harcèlement sexuel, sachant qu'elle n'a pas de pouvoir d'enquête ?
Peut-être en parler avec la "victime", qui n'en était probablement même pas une.
Lui demander de rester après le cours pour lui "rendre" son portable, afin de permettre au reste de la classe de sortir.
A parce que c'est encore aux profs de gérer ça sur les heures de cours ou entre l'inter-cours (destiné à tout autre chose qu'à régler les problèmes)... Dans de nombreux établissements (où le règlement voté s'applique à tous) un portable confisqué doit être transmis au chef d'établissement ou à son adjoint et ce sont eux qui se chargent de le restituer, le plus souvent à la famille.

Tout le monde pense qu'elle va juste se faire réprimander pour avoir utilisé son portable, mais la professeur en profite pour lui demander comment se fait-il qu'elle consulte ce genre d'image en classe.
On touche là encore plus à la vie privée... pourquoi un prof devrait-il poser ce genre de questions intimes à ses élèves. J'imagine là scène, avec le vieux prof de math qui demande à son élève pourquoi elle a ce genre de photos sur son portable...

Si la prof soupçonne un problème plus grave, elle peut en avertir les parents,
Et hop en plus il faut que la prof contact les parents pour une histoire qui touche peut être à la vie sexuelle d'un ou d'une élève. C'est tout bon pour la paix des familles ou l'enfant a des orientations homosexuelles... Et puis pourquoi LA prof, et pas LE prof ?

après tout ce sont eux qui sont en charge de son éducation en premier lieu non ?
La vie sexuelle d'une gamine regarde-t-elle les parents ? Quelles peuvent être les conséquences dans des familles strictes ou très religieuses ? Et hop on bât la gamine parce qu'elle a fait honte à la famille et on la renvoie au bled... (Et ça c'est arrivé bien plus souvent que le problème soulevé par l'article).

La droite se plaint que les parents n'éduquent pas (ou mal) leurs enfants, mais là on ne leur laisse même pas la possibilité de le faire.
L'éducation est sensée avoir été faite déjà avant... L'éducation c'est la prévention, elle est sensée préparer les enfants à grandir et leur éviter certains écueils. Éduquer ce n'est pas attendre qu'un problème se déclare pour le résoudre...

On les court-circuite directement en saisissant la justice.
Justement certains problèmes ne se résument pas à l'éducation. J'ai vu des enfants battus et d'autres abusés par leurs parents, s'il avait fallu en passer par la discussion avec les parents ça n'aurait rien changé pour eux. Il arrive un moment, quand on suspecte qu'il y a danger pour l'enfant, où il faut savoir transmettre le problème à la justice et aux services sociaux (qui eux aussi peuvent se tromper et clore des dossiers). Ca permet en plus de ne pas dévoiler la vie privée de ces gamins à l'ensemble de la communauté éducative.


LA JUSTICE !

Cette même justice qui est là pour réparer les torts et dédommager les victimes. On lui demande d'emblée de se charger d'une affaire sans même savoir s'il y a un tort, et s'il y a une victime.
Encore une fois, si un professeur voit un bleu sur un gamin, va-t-il saisir un juge au cas où ce soit un de ses camarades qui l'ait frappé, ou ses parents ? Bien sûr que non, il va d'abord essayer de comprendre, il va parler au jeune, et si ça se reproduit il va en informer les parents, et ce sera AUX PARENTS de porter plainte. Enfin, si le professeur pense que le problème vient justement des parents, elle pourra toujours en informer les services sociaux. C'est comme ça que ça se passe quand on a une conscience civique et qu'on ne cherche pas à régler le moindre pet de travers par l'intermédiaire de la justice.
Toujours le professeur... il faudrait l'augmenter car en plus d'enseigner il doit mener des enquêtes, faire l'assistante sociale, devenir pédo-psychiatre...
Tout ce que vous dites, les profs le font lorsque les problèmes sont à priori légers (élèves dissipés, turbulents, renfermés, ...). Mais quand le problème parait de prime abord plus grave, comme celui de ces images, je ne vois par pourquoi ils devraient se mêler de la vie privée et sexuelle de cette gamine pour en discuter avec les parents, surtout s'ils peuvent être mis-en cause dans l'affaire. Sans compter qu'en France en plus des chefs d'établissement, il y a aussi les conseillers principaux d'éducation (CPE) qui peuvent aussi intervenir.
Je considère toujours que transmettre le dossier se justifie : la gamine peut être reconnue comme "victime" et protégée, sa vie privée sexuelle ne fait pas les potins de la salle des profs, la loi est respectée (en France les enseignants fonctionnaires sont tenus de signaler les délits, s'ils ne le font pas ils peuvent perdre leur travail : fermer les yeux sur un sexto et perdre son boulot ou en parler, quel est le bon choix ?).

Et puis tout ça se passe aux états-unis, ce n'est surement pas le/la prof qui a appelé la police pour signaler le sexto, mais son supérieur voire peut être même la police qui se trouve elle même présente déjà dans certains établissements.
Croux, le 04/02/2010 - 19:25
L'éducation sexuelle fait et doit faire partie de l'instruction dispensée aux jeunes. On ne peut pas parler de contraception, d'IVG, du respect du corps ou de viol sans parler de sexualité. D'ailleurs en quoi l'autorité parentale s'impose-t-elle davantage dans ce cas ? Dans certaines familles le sujet est tabou, ne parlons pas de l'homosexualité qui peut être vécue comme un crime religieux chez certains et mériterait à ce titre la lapidation...
Je ne parle pas de ça, mais d'interdire aux enfants de se servir de la technologie d'aujourd'hui pour jouer çà touche pipi, comme on cherche à interdire aux fans de musique d'utiliser la technologie pour échanger leur musique.
Quant à se poser la question : "en quoi l'autorité parentale s'impose-t-elle davantage dans ce cas" ... ben mince alors ! Mais qui d'autre que les parents doivent être les premiers concernés à ce qui touche à leurs enfants ?
Il y a là un relent de dé-responsabilisation des parents qui est certes à la mode, mais que personnellement je fustige .

Croux, le 04/02/2010 - 19:25
Pourquoi parler du prof toujours, le premier concerné me semble le chef d'établissement qui réceptionne le portable confisqué... De plus un portable ça se sécurise aussi par un mot de passe. Ce devrait plutôt être aux jeunes de protéger leur vie privée... mais force est de constaté que c'est tout le contraire, la vie privée s'exhibe de plus en plus et s'impose à la vue des autres.
Alors pourquoi le prof ? Parce que c'est le premier concerné dans la chronologie des évènements (avec l'enfant, bien sûr).
Tu as le droit d'exposer ta vie privée si ça te chante, mais cela ne t'ôtes pas pour autant le droit de ne pas choisir les personnes envers qui tu désires "t'exhiber".
Quant à reporter encore la faute sur l'enfant pour ne pas avoir sécurisé son portable, ça me rappelle Hadopi et l'obligation à l'internaute de sécuriser sa ligne...

Croux, le 04/02/2010 - 19:25
Sauf qu'il faut alors être sur que le copain qui s'exhibe n'est pas le frère de cette adolescente...
Ce n'est pas à toi ou un prof de s'assurer de ça.

Croux, le 04/02/2010 - 19:25
elle pourrait se retrouver contrainte psychologiquement par sa propre famille à jamais en parler (les détraqués il y en a partout dans tous les milieux). Et comme ce n'est pas à l'école d'enquêter, il me semble normal qu'elle passe le relai à une autorité plus à même d'apprécier la situation sous couvert du secret, même si ça doit en passer par le juge (on croirait d'ailleurs que le juge est devenu une sorte d'ennemi du peuple à lire certains commentaires).
Tu sautes des étapes, car tu considères toujours que c'est aux enseignants (quels que soit leur niveau hiérarchique) de lancer la machine.
Il est inutile que l'école actionne l'artillerie lourde sans lucidité. Avant, on convoque les parents. Et personnellement, j'aurai hurler si l'on avait entraîné mon enfant dans une telle procédure.
Car au bout du compte, on risque de faire plus de mal que de bien.
Ce n'est pas parce qu'il existe une minorité de détraqués sur terre que l'on doit considérer tous les parents comme tels. Ce genre de raisonnement amène au "Tout le monde coupable" et à des lois comme Hadopi.

Croux, le 04/02/2010 - 19:25
Perso je préfère vivre dans un monde qui peut parfois employer des moyens disproportionnés (c'est la deuxième affaire en quelques mois) si cela peut sauver des gamins en danger à cause de leur entourage (deux affaires à côté de combien de victimes d'inceste qui se meurent).
Et bien soit, mais sache que je suis contre ça, voilà tout. Il me semble illusoire de penser que la vie serait meilleure en prenant des mesures disproportionnées au cas où.

D'un manière générale, je suis consterné de voir que l'on occupe les forces de l'ordre à venir vider un gars ou des familles entières qui amènent un sandwich au cinéma, même si elles sont prêtes à ranger l'objet du délit dans leur sac lorsqu'on leur fait lire le règlement ; idem pour cet exemple de photos cochonnes sur portable, etc.
Alors que justement, bien des établissements scolaires sont demandeurs (en vain) de vigiles, surveillants, force l'ordre dans les lieux à risques, pour endiguer les vrais fléaux dans les écoles qui sont le raquette, la drogue, etc.
On marche sur la tête.
TotoRhino, le 05/02/2010 - 20:09
Je ne parle pas de ça, mais d'interdire aux enfants de se servir de la technologie d'aujourd'hui pour jouer çà touche pipi, comme on cherche à interdire aux fans de musique d'utiliser la technologie pour échanger leur musique.
Comme tout nouvel usage il ne s'agit pas d'interdire mais d'accepter et de comprendre que celui doit s'accorder avec la loi. Pouvoir n'est pas permettre. Le fait par exemple qu'un mineur de moins de 15 ans soit capable de se filmer en train de pratiquer un axe sexuel avec une webcam ne l'autorise pas pour autant à diffuser sa vidéo sur un site communautaire.
Quant à l'exemple des fans s'échangeant leur musique, bien entendu que ce n'est pas interdit s'il s'agit bien de leur musique et pas de celle d'un autre... sauf s'il s'agit de copie privée (c'est à dire si ces fans se connaissent tous les uns les autres).

Quant à se poser la question : "en quoi l'autorité parentale s'impose-t-elle davantage dans ce cas" ... ben mince alors ! Mais qui d'autre que les parents doivent être les premiers concernés à ce qui touche à leurs enfants ?
Je ne nie pas qu'ils doivent se sentir concernés mais comment établir un équilibre entre le besoin de maintenir un jardin secret pour ces jeunes et le besoin qu'ont leurs parents de connaître leurs enfants pour les éduquer ? Si on accepte que tout doit être dit aux parents alors leurs enfants ne peuvent avoir de vie privée vis à vis de leurs parents.

Il y a là un relent de dé-responsabilisation des parents qui est certes à la mode, mais que personnellement je fustige .
Non non j'estime tout à fait nécessaire que les parents soient responsables et informés pour qu'ils puissent endosser et maitriser cette responsabilité. Cependant comment permettre à un jeune de se construire si tout ce qui fuit à l'école de sa vie sexuelle finit par revenir aux oreilles de ses parents ? En tout cas en France ce n'est pas le cas, les médecins scolaires n'informent pas les parents de ce qu'ils apprennent des enfants.

Croux, le 04/02/2010 - 19:25
Pourquoi parler du prof toujours, le premier concerné me semble le chef d'établissement qui réceptionne le portable confisqué... De plus un portable ça se sécurise aussi par un mot de passe. Ce devrait plutôt être aux jeunes de protéger leur vie privée... mais force est de constaté que c'est tout le contraire, la vie privée s'exhibe de plus en plus et s'impose à la vue des autres.
Alors pourquoi le prof ? Parce que c'est le premier concerné dans la chronologie des évènements (avec l'enfant, bien sûr).
Certes mais il ne reste qu'un intermédiaire dans la chaine des conséquences, ce n'est pas à lui de questionner l'élève, ce n'est pas son rôle, son métier, sa fonction.

Tu as le droit d'exposer ta vie privée si ça te chante, mais cela ne t'ôtes pas pour autant le droit de ne pas choisir les personnes envers qui tu désires "t'exhiber".
Sauf que ces jeunes n'envisagent pas les conséquences à long terme, et la possibilité que ce qu'il expose puisse leur échapper très facilement et se retourner contre eux très facilement.

Croux, le 04/02/2010 - 19:25
Sauf qu'il faut alors être sur que le copain qui s'exhibe n'est pas le frère de cette adolescente...
Ce n'est pas à toi ou un prof de s'assurer de ça.
Exactement, le devoir du prof c'est de transmettre l'information à sa hiérarchie.

Croux, le 04/02/2010 - 19:25
elle pourrait se retrouver contrainte psychologiquement par sa propre famille à jamais en parler (les détraqués il y en a partout dans tous les milieux). Et comme ce n'est pas à l'école d'enquêter, il me semble normal qu'elle passe le relai à une autorité plus à même d'apprécier la situation sous couvert du secret, même si ça doit en passer par le juge (on croirait d'ailleurs que le juge est devenu une sorte d'ennemi du peuple à lire certains commentaires).
Tu sautes des étapes, car tu considères toujours que c'est aux enseignants (quels que soit leur niveau hiérarchique) de lancer la machine.
Il est inutile que l'école actionne l'artillerie lourde sans lucidité. Avant, on convoque les parents. Et personnellement, j'aurai hurler si l'on avait entraîné mon enfant dans une telle procédure.
Car au bout du compte, on risque de faire plus de mal que de bien.
Ce n'est pas parce qu'il existe une minorité de détraqués sur terre que l'on doit considérer tous les parents comme tels. Ce genre de raisonnement amène au "Tout le monde coupable" et à des lois comme Hadopi.
Il n'est pas dans le pouvoir des enseignants d'actionner la machine, puisque leur rôle doit se borner à transmettre l'information à leur hiérarchie, si la machine est lancée c'est par la volonté de cette hiérarchie qui en général recherche des conseils auprès du rectorat, des services juridiques mis à sa disposition, de la médecine scolaire, les services de polices locaux et des brigades des mineurs, ...

Croux, le 04/02/2010 - 19:25
Perso je préfère vivre dans un monde qui peut parfois employer des moyens disproportionnés (c'est la deuxième affaire en quelques mois) si cela peut sauver des gamins en danger à cause de leur entourage (deux affaires à côté de combien de victimes d'inceste qui se meurent).
Et bien soit, mais sache que je suis contre ça, voilà tout. Il me semble illusoire de penser que la vie serait meilleure en prenant des mesures disproportionnées au cas où.
Si ces mesures s'avèrent disproportionnées (ce que l'avenir nous dira, puisqu'on ignore les tenants de cette histoire), cela voudra dire que le procureur aura décidé de poursuivre inutilement ces gamins. Ce qui peut nous amener à nous poser des questions sur les motivations d'un tel procureur... Si par contre ils devaient être condamnés c'est que la loi aura été violée, et dans ce cas on peut aussi s'interroger sur la dangerosité de cette loi mal fichue. D'un côté un procureur plus que zélé cherchant à nuire, de l'autre une loi injuste qui peut servir à nuire. C'est le signe que quelque chose ne tourne par rond.

D'un manière générale, je suis consterné de voir que l'on occupe les forces de l'ordre à venir vider un gars ou des familles entières qui amènent un sandwich au cinéma, même si elles sont prêtes à ranger l'objet du délit dans leur sac lorsqu'on leur fait lire le règlement ; idem pour cet exemple de photos cochonnes sur portable, etc.
C'est simplement que le monde occidental devient de moins en moins tolérant, parce qu'il y a d'un côté trop d'abus non sanctionnés et de l'autre un besoin de plus en plus important de justice et d'ordre face aux faits-divers relatés dans la presse et plus nombreux que jamais.
A côté de ça il faut reconnaître le dialogue de sourd entre ceux qui violent un règlement ou une loi et pensent avoir le droit de le faire et ceux qui attendent que ce règlement ou cette loi soit respectée. Nous vivons en France dans un pays latin de moins en moins respectueux et soucieux de l'ordre, ou l'individualisme est la voie à suivre depuis les années 80, il n'y a donc rien d'étonnant à ce que les choses empirent.

Alors que justement, bien des établissements scolaires sont demandeurs (en vain) de vigiles, surveillants, force l'ordre dans les lieux à risques, pour endiguer les vrais fléaux dans les écoles qui sont le raquette, la drogue, etc.
On marche sur la tête.
Ca coûte moins cher de déplacer une équipe mobile à la demande des personnes que d'en avoir plusieurs à s'occuper toutes les heures de la sortie des écoles et de leurs alentours, et c'est plus facile à classer dans les affaires résolues...

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