Sarkozy reprend les idées du rapport Zelnik et ajoute le filtrage "sans délai"

Guillaume Champeau - publié le Jeudi 07 Janvier 2010 à 21h23 - posté dans Société 2.0

A l'occasion de ses voeux au monde de la culture, Nicolas Sarkozy a repris à son compte certaines des propositions phares du rapport Zelnik que Frédéric Mitterrand a reçu la veille. Il souhaite "réhabituer les jeunes à acheter ce qu'ils écoutent", et demande que des expérimentations sur le filtrage des contenus piratés soient menées "sans délai".

Comme prévu, le Président Nicolas Sarkozy a présenté aujourd'hui ses voeux au monde de la culture, et en a profité pour reprendre à son compte certaines des 22 propositions du rapport Zelnik, destinées à développer l'offre légale en concomittance avec l'Hadopi.

Nicolas Sarkozy a ainsi repris l'idée d'une "carte musique jeune" qui doit "réhabituer les jeunes à acheter ce qu'ils écoutent". La moitié de la valeur faciale du chèque d'achat de musique en ligne serait payé par l'Etat. Mais alors que le rapport Zelnik évoquait des valeurs de 50 euros, Nicolas Sarkozy a vu les choses en grand en évoquant des cartes d'une valeur faciale de 200 euros. Pourquoi pas. C'est environ 16 euros par mois, soit trois fois plus que le montant généralement évoqué pour une licence globale.

Le Président de la République a également beaucoup aimé l'idée saugrenue de taxer les revenus publicitaires des éditeurs de services en ligne pour financer la culture. Il a à cet égard demandé à Bercy de lancer au plus vite une expertise "pour appréhender fiscalement les activités publicitaires des grands portails et moteurs de recherche internationaux présents en France", et annoncé son intention de saisir l'Autorité de la concurrence "sur l'éventuel abus de position dominante acquise par Google sur le marché de la publicité en ligne". Le rapport Zelnik est tellement précis sur la question qu'il n'est pas étonnant que l'idée soit reprise.

En revanche, on s'étonne avec plaisir de voir Nicolas Sarkozy reprendre également à son compte l'idée d'obliger les producteurs de musique à mettre en place une licence collective d'ici la fin de l'année, qui permette à tout vendeur de musique en ligne d'accéder aux catalogues dans les mêmes conditions, sans discrimination. Il a fait sien l'ultimatum proposé par la mission Zelnik-Cerruti-Toubon, en menaçant que la loi créer "un régime de gestion collective obligatoire par l'entremise de sociétés civiles" si les grandes maisons de disques ne jouaient pas le jeu.

Enfin, Nicolas Sarkozy a réservé sa surprise du chef, et non des moindres. Selon l'AFP, Nicolas Sarkozy a "souhaité que soit expérimentés "sans délai" des dispositifs de filtrage visant à dépolluer automatiquement les réseaux et serveurs de toutes sources de piratage". De telles expérimentations sont déjà dans les tuyaux, mais sans calendrier précis.

La loi Hadopi 1 prévoit en effet que la Haute Autorité "évalue les expérimentations conduites dans le domaine des technologies de reconnaissance des contenus et de filtrage". Mais elle ne peut pas les ordonner. Après débat, les parlementaires avaient préféré que seul le juge garde la possibilité d'ordonner aux FAI et hébergeurs des mesures de filtrage. Toutefois dans son avis, le Conseil constitutionnel avait précisé que pour sauvegarder les libertés d'expression et de communication, seules de mesures "strictement nécessaires à la préservation des droits en cause" pourraient être prises. Or comme l'ont démontré les FAI et les propres tests de l'industrie du disque, les mesures de filtrage sont la plupart du temps inefficaces, ou ne peuvent être efficaces que si elles ratissent trop large, en bloquant y compris des contenus licites. Auquel cas elles ne sont plus "strictement nécessaires", mais disproportionnées.

Publié par Guillaume Champeau, le 7 Janvier 2010 à 21h23
 
 
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Commentaires à propos de «Sarkozy reprend les idées du rapport Zelnik et ajoute le filtrage "sans délai"»
 

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un, le 08/01/2010 - 18:59


@natasha @Numendil
Mais c'est vraiment n'importe quoi, vos histoires de musique gratuite dans les établissements publics en regard du prix du café : vous irez demander au patron du bar qui passe la musique combien il donne par an à la SACEM pour avoir le droit de diffuser : ça va vous faire réfléchir un peu ; et les 500 ou 1000 € (voire bien plus selon la taille du business) de redevance qu'il doit donner pour pouvoir diffuser de la musique, et bien il ne va pas vous en faire cadeau : il y aura toujours un moment ou c'est le client qui va payer (et c'est pareil pour les boutiques de fringues, etc.). Rien que sur un concert associatif, les droits SACEM s'élèvent à 8% du CA des entrées et 5% du CA de la buvette, si je me souviens bien. Tu fais 5000€ de CA en entrées, il faudra débourser 400€ pour la SACEM. Vous imaginez qu'on ne répercute pas ça sur le prix du billet, quand on établit notre budget prévisionnel ? On va se mettre dans le rouge parce que la redevance SACEM, on n'a pas envie de la faire payer aux clients ? Et vous aurez beau me dire que les petis concerts, c'est toujours le même prix genre 10€ ou 15€, et bien les 400€ de sacem, on les aura quand même payé donc la boisson dans le concert sera plus chère, et on aura gratté sur d'autres postes de dépense.


Et quel serait le rapport avec un bistrot qui diffuse de la musique ?

Le patron y pratique le même prix que les autres établissements de son secteur, avec musique d'ambiance en plus.

Le client en profite et se fout pas mal de savoir combien cela coûte au patron du bistrot. De même qu'il se fout pas mal de savoir combien lui ont coûté la réfection du bar, la peinture de sa salle, et le nettoyage des vitres de sa vitrine une fois par semaine, le coût de ses impôts locaux, etc ...

Le client y vient parce qu'il trouve que le rapport qualité / prix lui convient. Tout le reste il s'en tape !

:biggrinthumb:
Tout à fait. La performance publique d'une oeuvre musciale doit pouvoir être rémunératrice pour les auteurs/compositeurs et interpètes. Donc la redevance à la sacem est légitime. Pour reprendre le patron de bar ou l'association, c'est normal qu'ils payent une redevance car ils en tirent un bénéfice.
Bravo nico, et ont vas lui apprendre a negoicier avec les ameracains..

Ce soir dans smackdown Sarkozy VS Obama, david contre goliath, et ont c'est comment ca fini dans la vrai vie...
goliath croque david d'une seul bouché...
Donc Mr Nicolae Sarkeau?escu n'avait-il pas un cousin en Roumanie à une époque ?
Natasha, le 09/01/2010 - 12:16
un, le 08/01/2010 - 18:59


@natasha @Numendil
Mais c'est vraiment n'importe quoi, vos histoires de musique gratuite dans les établissements publics en regard du prix du café : vous irez demander au patron du bar qui passe la musique combien il donne par an à la SACEM pour avoir le droit de diffuser : ça va vous faire réfléchir un peu ; et les 500 ou 1000 € (voire bien plus selon la taille du business) de redevance qu'il doit donner pour pouvoir diffuser de la musique, et bien il ne va pas vous en faire cadeau : il y aura toujours un moment ou c'est le client qui va payer (et c'est pareil pour les boutiques de fringues, etc.). Rien que sur un concert associatif, les droits SACEM s'élèvent à 8% du CA des entrées et 5% du CA de la buvette, si je me souviens bien. Tu fais 5000€ de CA en entrées, il faudra débourser 400€ pour la SACEM. Vous imaginez qu'on ne répercute pas ça sur le prix du billet, quand on établit notre budget prévisionnel ? On va se mettre dans le rouge parce que la redevance SACEM, on n'a pas envie de la faire payer aux clients ? Et vous aurez beau me dire que les petis concerts, c'est toujours le même prix genre 10€ ou 15€, et bien les 400€ de sacem, on les aura quand même payé donc la boisson dans le concert sera plus chère, et on aura gratté sur d'autres postes de dépense.


Et quel serait le rapport avec un bistrot qui diffuse de la musique ?

Le patron y pratique le même prix que les autres établissements de son secteur, avec musique d'ambiance en plus.

Le client en profite et se fout pas mal de savoir combien cela coûte au patron du bistrot. De même qu'il se fout pas mal de savoir combien lui ont coûté la réfection du bar, la peinture de sa salle, et le nettoyage des vitres de sa vitrine une fois par semaine, le coût de ses impôts locaux, etc ...

Le client y vient parce qu'il trouve que le rapport qualité / prix lui convient. Tout le reste il s'en tape !

:biggrinthumb:
Il paie la SACEM, donc tu la paies.
Et si tu es content quand même, et bien tout le monde est content : le patron, le client, le fisc, la sacem, les éditeurs de musique, et les auteurs/compositeurs. C'est pas beau la vie comme ça ?
On se demande bien alors pourquoi tu es contre les majors, la sacem et tout le barouf gouvernemental autour de ce sujet.
vive la chine on y est bientot
vive le filtrage et vive le black out des connaissance et de l information car qui va filtrer et controler le filtre ?????
vive l endettement de l etat et c est qui qui paye ces nous c est nous
pour financer la culture tous comme les taxes sur le tabac et autres pour payent nos chers ministres toujours plus nombreux et mieux paye oups je me suis troupe cest pour la "SECU" ces taxes
a quand on sais que notre EU a repoussent l utilisation des chanson musique de (20 ans un truc comme sa desole je n est pas reussi a trouvais les chiffres exacte)les droits d auteurs personnes ne s en préoccupe
meme 33, stp un petit effort sur l'écriture, car là, ce que tu écris est incompréhensible. Merci.
desole j ai pas fait BAC L
qu est ce que tu ne conprend pas
slt a tous, bon je tiens a dire que je ne fait pas l'apologie du piratage toutefois quand on sais que cette mesure va couté + de 70 millions d'euro au contribuable (celui qui payes des impots) sa va faire très mal et sutout que cela rapportera meme pas à ces industries.

Car il est hors de question que je paye de la musique à ce prix la

0.99 € le titre en MP3 (meme pas du lossless) sachant qu'en plus il n'ont plus le cout de la multiplication, juste de la bande passante
Grâce à M. Zelnik, la France va devenir immensément riche !

L'idée de taxer l'activité Internet mondiale depuis Paris ouvre à notre fiscalité des perspectives gargantuesques : puisque « la taxe ne concernerait pas seulement les sites domiciliés fiscalement en France, mais tous les sites consultés depuis la France »., et que notre Président s'indigne de ce que des entreprises soient « taxées dans leur pays siège alors qu'elles ponctionnent une part importante de notre marché », le principe fondamental est posé : les impôts ne doivent pas seulement concerner ceux qui sont domiciliés en France mais tous ceux dont les clients sont Français. Hôteliers de Marrakech, plagistes des Caraïbes, pizzaioli Siciliens, horlogers Suisses, masseuses Thaïlandaises, et mille autres encore, tous, vous devrez payez l'impôt à la France, pays de l'exception fisculturelle. Bref, on vient d'inventer la Taxation Universelle. Et c'est une taxe sur le chiffre d'affaires mondial, puisque pour les moteurs de recherche, comme pour tous les services gratuits sur le Net, la publicité est l'essentiel des ressources. C'est là que le jackpot cliquette : je vous passe les calculs, sachez simplement que le taux, indolore comme chacun sait, de 1%, rapporterait 700 Milliards de dollars par an au Budget, soit 500 milliards d'euros. Le budget TOTAL de la France est d'environ 300 milliards : on pourra donc supprimer tous les autres impôts, et faire quand-même presque le double de dépenses. Le tout en donnant des leçons au monde entier, car le but de la taxe est « généreux » comme on dit toujours quand on fait des cadeaux avec l'argent des autres : équilibrer la concurrence, déloyale, forcément déloyale. Pour Google, ce sera, dit-on, au profit de la « création française ». Pour l'Hôtelier de Marrakech et le Pizzaiolo, ce seront bien évidemment les Bistrots du Centre de nos 36000 villages méconnus, qui recevront l'aide de l'Etat. Pour les masseuses Thaïlandaises, laissons chaque ville choisir le quartier bénéficiaire de l'opération Convivialité Urbaine et Peau lisse de Proximité.
Merci, M. Zelnik, Evidemment, ne donnez pas l'idée à d'autres pays : si tout le monde l'applique, ça devient un nouveau jeu à somme nulle. Il n'y a pas que lui.

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