Vers une option "informatique et sciences du numérique" au lycée ?

Julien L. - publié le Mercredi 06 Janvier 2010 à 12h26 - posté dans Société 2.0

Alors que l'histoire-géographie est au centre des débats sur la réforme du lycée, et en particulier de série scientifique en terminale, Luc Chatel a présenté une option "informatique et sciences du numérique" qui pourrait être enseignée dès 2012. Une première étape vers une plus grande généralisation de l'enseignement informatique dans le cycle éducatif ?

Si la réforme du lycée a cristallisé les positions de chacun sur la place accordée à l'histoire-géographie en terminale série scientifique (l'épreuve du baccalauréat serait alors anticipée en fin de première S), d'autres propositions sont en revanche beaucoup plus fédératrices. Ainsi, toujours à travers cette volonté affichée de rééquilibrer les voies et les séries, le ministre de l'Éducation nationale a présenté une spécialisation "informatique et sciences du numérique" accessible en terminale série S.

"À l'heure de la société de l'information et de la connaissance, la France a besoin plus que jamais de compétences scientifiques en informatique" avait alors déclaré Luc Chatel. "Aujourd'hui, l'informatique représente 30 % de la recherche et du développement dans le monde. Aujourd'hui l'informatique est partout" a-t-il poursuivi. La France ne peut donc pas manquer ce rendez-vous majeur a-t-il poursuivi.

Comme le souligne l'April dans un communiqué de presse, "cette annonce est concomitante avec la création d'une chaire du même nom par le Collège de France en partenariat avec l'INRIA". Mais si cette spécialisation survient bien en 2012, l'association dédiée à la promotion et à la défense du logiciel libre espère que cet enseignement sera par la suite généralisé. "Nous ne pouvons que nous féliciter de cette importante avancée signe d'une certaine rupture. L'informatique est reconnue en tant que discipline autonome dans notre système éducatif" s'est réjouit Frédéric Couchet.

"Cependant, nous souhaitons que cette avancée soit la première manifestation d'un mouvement de fond conduisant à l'introduction d'un véritable enseignement de l'informatique pour toutes les filières du lycée mais aussi dès le collège" a relativisé le délégué général de l'April. En la matière, la France ne serait d'ailleurs pas pionnière, rappelle l'association. Plusieurs pays ont déjà intégré cette matière dans l'enseignement général, parfois comme discipline obligatoire.

Quant au contenu de cet enseignement, l'April a déjà des propositions : "cet enseignement aborderait progressivement les questions de la représentation des données (quel choix de formats de fichier en fonction de quel usage) et des différentes couches logicielles (système, interfaces, logiciels applicatifs et les rapports qu'ils entretiennent) ; puis, sans doute dans un second temps, des principes généraux de l'algorithmique (seuls à même de permettre la compréhension de la notion centrale de processus), des réseaux (là encore quel protocole et pour quel usage, avec quelle sécurité), de leurs usages (techniques et usages des outils collaboratifs) tant dans la sphère privée que professionnelle".

Une option qui intéressera probablement beaucoup de lycéens en série scientifique, surtout ceux se destinant à des études en informatique, mais qui devra trouver sa place dans un emploi du temps déjà bien chargé. D'autant qu'avec l'épreuve du baccalauréat, les candidats sont souvent face à de complexes arbitrages pour orienter leurs révisions et leur assiduité en fonction des coefficients...

(Illustration CC BY-NC)

Publié par Julien L., le 6 Janvier 2010 à 12h26
 
 
37
Commentaires à propos de «Vers une option "informatique et sciences du numérique" au lycée ?»
 

1
2
J'avais pris l'option en terminale çà ne valait pas le coup s'était seulement coefficient 1. En plus les ordinateurs de l'école et leurs logiciels étaient ultra dépassés. Ils étaient sous Windows 3.1 alors qu'on en était à 95 ou 98.

Le programme de l'année avait été réduit à savoir utiliser Works car Office c'était trop cher pour le lycée.
je vois déjà tout le monde sur twitter, facebook, counterstrike pendant que le prof donne cours :-D vouloir institutionnaliser la liberté c'est très difficile! j'espère qu'il en feront un autre sur "le marketing des nouveaux médias, la neutralité du net et les libertés fondamentales" ;-)
Jorj, le 06/01/2010 - 12:58
Sans rire, il faudrait déjà que les profs s'y connaissent mieux que leurs élèves.
Il y a plein d'adultes qui s'y connaissent, le problème c'est de les convaincre de bosser pour l'éducation nationale.
Non le problème c'est qu'on embauche beaucoup moins qu'avant de nouveaux fonctionnaires et que l'informatique n'est pas une matière (comme les maths ou le français).

Comment recruter des personnes compétentes dans leur domaine avec un salaire réduit (par rapport à ce qui existe dans le privé) dans des conditions de travail difficiles (l'école c'est pas le paradis, je pense qu'il y a suffisamment de jeunes et de profs sur ce forum pour dire qu'ils ne travaillent pas dans de bonnes conditions en classe), sachant en plus qu'il n'y a pas de concours de recrutement du type CAPES d'informatique (une part de connaissances techniques dans le domaine et une part de connaissances pédagogiques).

Et puis surtout pour faire quoi d'utile ? Une grande part se fait déjà dans le cadre des autres enseignements (en particulier la techno et maths) qui contribuent par ailleurs à l'obtention du B2I. En dehors de l'utilisation du traitement de texte, du tableur, du navigateur internet et de la messagerie, que reste-t-il de général et d'indispensable à savoir faire ou à savoir tout court ?

Faire des pages web, programmer, faire du montage vidéo, tout ça c'est de la spécialisation; et ça n'est sûrement pas ce chemin là que l'on va prendre, il n'y a qu'à voir comment s'est traduite dans les faits la réforme du lycée : tous les élèves auront plus ou moins un enseignement commun au rabais jusqu'en première afin de permettre le changement de filière en cour d'année, alors qu'avant la spécialisation s'opérait dès l'entrée en 1ère...

Par contre c'est là un moyen pour le gouvernement de s'attaquer indirectement au BAC en accentuant l'importance de la part du contrôle continue. D'ici quelques années on va assister à ce qui se passe pour le brevet : où des élèves auront déjà leur diplôme avant d'avoir passer les épreuves... N'importe quoi...
Euh.. Pourquoi limiter cette option aux classes scientifiques ? Pourquoi les littéraires seraient moins sensibles a l'informatique que les autres ?

Tout à fait, ma compagne est une pure littéraire (hypokhâgne, khâgne...), pourtant, c'est elle qui gère le réseau, le NAS et le backup de sa boite...

C'est en plus un travers typiquement français de considérer que l'informatique et les mathématiques sont liés. La programmation, ce n'est de la technique qu'à 10% - et cette partie est facile... Un littéraire est parfaitement capable de l'apprendre - il arrive bien à comprendre la philosophie qui suit un processus similaire. Simplement, il faut un prof doué pour arriver à l'y amener...
Je fais confiance a l'éducation nationale pour rendre la matière tellement théorique, tellement pompeuse dans les termes et les exercices que les cours seront chiants à mourir et leur efficacité minimale.
Je croirai à un enseignement efficace de l'informatique quand l'education aura été dépoussierée et débarassée de toute composante académique.
En outre le bon age pour apprendre l'informatique c'est 8-9 ans pas 17ans!
Multipost involontaire, navré
-
En seconde en 93 j'ai eu la chance de bénéficier de cet enseignement Informatique et Électronique en Sciences Physiques (IESP). voir programme de l'époque : http://pedagogie.ac-.../programme.html
C'était très vivant et donnait un bonne ouverture. Bon il n'y avait pas bien sûr la dimension Internet, sécurité tout ça.
Ayant bien aimé l'ouverture sur le Turbo Pascal, ça m'a poussé vers le métier de programmeur.
Lictor, le 06/01/2010 - 17:04
Euh.. Pourquoi limiter cette option aux classes scientifiques ? Pourquoi les littéraires seraient moins sensibles a l'informatique que les autres ?

Tout à fait, ma compagne est une pure littéraire (hypokhâgne, khâgne...), pourtant, c'est elle qui gère le réseau, le NAS et le backup de sa boite...

C'est en plus un travers typiquement français de considérer que l'informatique et les mathématiques sont liés. La programmation, ce n'est de la technique qu'à 10% - et cette partie est facile... Un littéraire est parfaitement capable de l'apprendre - il arrive bien à comprendre la philosophie qui suit un processus similaire. Simplement, il faut un prof doué pour arriver à l'y amener...
Et au moins les messages réseau sont écrits en bon français ^^ Pas comme chez les matheux.
munrau, le 06/01/2010 - 20:12
Lictor, le 06/01/2010 - 17:04
Euh.. Pourquoi limiter cette option aux classes scientifiques ? Pourquoi les littéraires seraient moins sensibles a l'informatique que les autres ?

Tout à fait, ma compagne est une pure littéraire (hypokhâgne, khâgne...), pourtant, c'est elle qui gère le réseau, le NAS et le backup de sa boite...

C'est en plus un travers typiquement français de considérer que l'informatique et les mathématiques sont liés. La programmation, ce n'est de la technique qu'à 10% - et cette partie est facile... Un littéraire est parfaitement capable de l'apprendre - il arrive bien à comprendre la philosophie qui suit un processus similaire. Simplement, il faut un prof doué pour arriver à l'y amener...
Et au moins les messages réseau sont écrits en bon français ^^ Pas comme chez les matheux.
Il y a matheux et matheux. Les élèves en filière scientifique sont loin d'être tous des matheux. J'en veux pour illustration le baccalauréat scientifique où la moyenne à l'épreuve de mathématiques est inférieure à 10 sur 20. Et puisque la moyenne est très proche de la médiane (compte tenu du nombre de candidats) cela signifie par conséquent que la moitié des élèves de terminale S environ n'obtient tout simplement pas la moyenne dans cette matière aussi essentielle pour la filière. En fait, un matheux sur deux ne l'est pas...

Par ailleurs les très bons élèves sont autant matheux que littéraires, il n'y a donc aucune raison de croire qu'un littéraire ne possède aucune aptitude en mathématiques, en informatiques, ou en sciences plus généralement.
Eh oui, en 89 il y avait Turbo Pascal et dans ma section en BTn H (Informatique de Gestion) on se prenait le choux sur COBOL74 sous le système Prolog (car utilisé au Sevrice Info du Rectorat).
Ah ! Nostalgie ! Quand tu nous tiens !! ^^
L'idée est bonne, mais comme ça fait longtemps que le gouvernement de désintéresse de plus de plus de l'éducation, il est fort à parier qu'on refilera ces cours aux profs de techno et que la majeur partie du programme sera l'utilisation d'un tableur et l'art du développement web avec frontpage...
99% culture pirate.
vont peut-être chercher a les abrutir... :)
J'imagine bien le windows sur tout les postes, et tout les programmes sponsoriser par des entreprises pour devenir un bon petit consommateur !
Je fais partie de la dernière promo à avoir passé au bac la célèbre option "informatique libre" (option transversale pour les bacs classiques mais avec majoritairement des futurs bacs S) dans laquelle on apprenait à utiliser un ordinateur : les bases, la programmation pascal et l'utilisation de logiciels dédiés.

Une bonne occasion de forcé des parents à autoriser l'achat d'un PC à la maison "pour faire les devoirs" :) :) :)
Mais aussi une première rencontre avec ce qui est maintenant mon métier. Sans cette option et un peu avant ma rencontre avec les Nanoréseau, je n'aurais certainement jamais croisé la route de l'informatique.

L'année d'aprés, cette option a été remplacée par une option "bureautique" (exit la programmation, jugée trop "élitiste"). Dommage ... :(
C'est pas trop tôt...
Ca fait longtemps que je ne l'attend plus puisqu'il est trop tard pour moi...
Les cours obligatoire d'informatique on commencé en 2008 à l'école élémentaire de Propriano. Imposé par le Directeur Gilbert Ettori, enseigner par Aurélien DESBRIÈRES le tout contrôlé par un inspecteur d'académie venue de Paris pour l'occasion. Les élèves du cp au cm2 sont concerné. Les cours portait de la présentation de l'ordinnateur Hardware en passant par les systèmes d'exploitation et les logiciels. L'accent à été mis sur les logiciel Libre et leur intérêt. Dès le cp les élèves on leur propre adresse mail, un bureau virtuel ... Pourquoi ce Directeur et cet employé étant cense être le secrétaire de l'école ont fais celà? pour répondre à l'obligation du B2i. Le seul problème le secrétaire était en contrat CAE. (Membre de la Free Software Foundation et Président de l'association Free Software Corsica)

1
2
Télécharger
Spy Sweeper
Anti-spywares - Anti-spyware
 
ToCA Race Driver 3
Simulations - Courses de bolides sur circuits
 
Fantasy Chess
Plateau - Jeu d'échec customisable
 
ManyCam
Communication - Logiciel d'effets pour la webcam
 
Kaspersky Antivirus Personal
Antivirus - Un antivirus pas comme les autres.
 
Janvier 2010
 
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
28 29 30 31 1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
1 2 3 4 5 6 7
Matoumba
EntrepreNantes
Numerama est un site du réseau PressTIC