Vers une taxe négociée entre la Sacem et les FAI pour une "licence musique"
Guillaume Champeau -
publié le Vendredi 10 Juillet 2009 à 19h19 -
posté dans Musique Numérique
![]() Depuis plus d'un an, l'ancien président de la Sacem Laurent Petitgirard avance ses pions pour promouvoir l'idée d'une taxe sur les FAI pour financer la musique enregistrée. Le projet de "licence musique" dont il dévoile les contours dans une récente interview rejoint nos informations selon lesquelles plusieurs FAI seraient proches de lancer leur plateforme propriétaire de contenus, contre une augmentation sensible et systématique du prix de l'abonnement.
Dans une interview au magazine du Conseil Général des Haut-de-Seine où il dit avoir soutenu la loi Hadopi seulement "du bout des doigts", l'ancien président du conseil d'administration de la Sacem dévoile les contours de ce qu'il appelle une "licence musique". Fin lobbyiste, il prend soin de préciser qu'il en parle "en tant que Laurent Petitgirard, compositeur, et non plus en tant qu'ancien président de la Sacem". Mais l'idée qu'il détaille ressemble pourtant à s'y méprendre aux projets dont nous avons eu l'écho, ou aux déclarations qu'avaient faites le président du directoire de la Sacem, Bernard Miyet, dès juin 2008. "Il ne s'agirait évidemment pas de légaliser l'échange sauvage de fichiers via le peer-to-peer, mais de fournir une licence qui donnerait accès à des sites de téléchargement correspondant aux différents fournisseurs d'accès et fournis en fichiers sains par les producteurs, où l'abonné pourrait télécharger toutes les oeuvres qu'il voudrait, puis à partir desquels on pourrait répartir les droits d'auteur à l'unité près !", explique Laurent Petitgirard. "Il faudrait que cette licence soit intégrée à l'offre internet et peu chère, parce qu'elle devrait être incluse systématiquement dans tous les abonnements". "Avec par exemple six euros par mois partagés entre l'internaute et le fournisseur d'accès, sur dix-huit millions d'abonnés à haut débit, on arriverait à un ordre de grandeur d'un milliard trois cents millions millions d'euros par an pour la filière". Soit plus de deux fois ce qu'a rapporté en 2008 le marché de gros de la musique enregistrée en France (606 millions d'euros). Jackpot garanti. Selon M. Petitgirard, "on aurait là quelque chose de très sain, qui respecterait les traités internationaux, qui permettrait un accès large à la culture avec une vraie rémunération de la création". Prière de ne pas rire. Car il y a beaucoup plus drôle. Pour refuser la licence globale, Laurent Petitgirard critique la répartition par sondage qui est souvent avancée par ses partisans. "Parler de panel comme l'audimat, quand on sait la diversité des oeuvres musicales, quand on parle de millions d'euros... Il faut être sérieux !", s'étouffe l'ancien président de la Sacem. Il propose donc (c'est là qu'il faut rire) de rémunérer sur la base du nombre de téléchargements, à l'unité près. Comme au bon vieux 20ème siècle où l'on comptait le nombre d'achats d'un CD pour rémunérer l'auteur ! Comme si un album de la Star Academy acheté un soir de déprime et jamais plus écouté devait rapporter autant à son producteur et à son auteur qu'un album de Michael Jackson écouté et réécouté sans cesse depuis 20 ans. C'était jusqu'à présent le cas, par la force des choses, mais le 21ème siècle permettrait une rémunération beaucoup plus juste, assise sur le nombre d'écoutes. Tout autre mode de répartition ne serait pas plus fiable ni plus juste que la rémunération basée sur des sondages. Ayant eu vent des mêmes rumeurs que Numerama, alerté par les mêmes interviews, la Quadrature du Net a publié récemment un communiqué demandant aux internautes de "se méfier des contrefaçons" de licence globale. Ils demandent en substance que toute idée de "licence" assise sur une taxe sur les abonnements à Internet puisse donner des droits supplémentaires aux internautes, que la rémunération soit ouverte aux auteurs d'oeuvres sous licence libre, qu'elle soit ouverte aux nouveaux médias, et qu'une gouvernance démocratique de la répartition des sommes collectées soit mise en place. Autant d'éléments que la taxe soutenue par la Sacem ne semble pas respecter. Le débat devrait s'intensifier d'ici la fin de l'année, puisque Nicolas Sarkozy veut qu'un Grenelle du financement artistique s'ouvre dès cette année. Une idée relayée par Frédéric Mitterrand, qui a annoncé à l'Assemblée Nationale et confirmé dans un communiqué son intention de "lancer très rapidement une vaste concertation, avec tous les acteurs de la Culture mais aussi de l'Internet, pour dégager ensemble des solutions concrètes et immédiates (...) à un partage équitable de la richesse créée entre les créateurs, les entreprises de la Culture, et les acteurs de l'Internet". à lire aussi
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Commentaires à propos de «Vers une taxe négociée entre la Sacem et les FAI pour une "licence musique"»
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Aefron
le 10/07/2009 à 19:55
réservée aux catalogues des maisons de disques partenaires, et les internautes n'auraient pas le droit de redistribuer ces oeuvres sur les réseaux P2P ou sur leurs blogs.
Et... quelque chose d'aussi minablement limité est censé remplacer le "sauvage" ? Mouahahahahaha ! Ils n'apprennent décidément donc jamais... Les plateformes sont quasiment prêtes
Si c'est pour qu'elles soient aussi castrées, ils peuvent les laisser rangées.Rah c'est énervant! Une fausse licence globale >
même pas globale puisque cela ne concerne que la musique et en plus uniquement le catalogue Sacem grrrSi c'est pas de la "vente forcée" ça...
Dégueu... que le pognon qui compte, comme d'hab, le reste c'est de la littérature... C'est pas précisé, y'a des DRM prévus dans l'histoire ? Parce que les offres "illimitées" actuelles c'est ça, alors si c'est le cas franchement...(enfin même sans ça, y'a beaucoup de reproches à faire)
obligatoirement [...] réservée aux catalogues des maisons de disques partenaires
Hors de question pour moi. Leurs bouses de la star ac et leur vieux artistes tout miteux, au son bien édulcoré pour le grand public, j'en veux pas. Qu'ils crévent et aprés on avisera On augmente pas le prix d'un abonnement sans l'accord du client... sinon je change de FAI et ce même FAI me payera les frais de changement.
Jacques Attali avait raison : il faut que les artistes se prennent en main et exigent l'ouverture à tous de ces plateformes. Il serait inconcevable pour un artiste qu'il faille abandonner la quasi intégralité de ses droits (ainsi que sa liberté artistique) en signant sur un label, seule sésame pour intégrer cette pseudo licence globale.
Le droit d'auteur, si cher soit disant aux défenseurs d'HADOPI & co, est le droit de TOUS les auteurs, et non de quelques auteurs encartés, ayant signé des contrats les liant pieds et poings à quelques "happy few" qui font la pluie et le beau temps dans le music business. Kad, le 10/07/2009 - 19:19
Ca n'est plus qu'un secret de polichinelle. .... En tout cas ce qui n'est pas un secret de polichinel c'est que Laurent Petigirard est un gros boulet.....on a d'ailleurs eu l'occasion de s'en rendre compte ici même sur NUMERAMA quand il a cru pouvoir faire du Lobying à la Frédéric lefebvre et qu'on l'a renvoyé à ses partitions et ses magouilles spéciales sacem.... on dirait des chiens en train de se bagarrer pour ronger un os !!!sur 100 euros , donnez nous la repartition et ce qui revient au chanteur interprete ! on va pleurer ! quand a la Sacem , loin de perdre de l'argent , elle affiche une progression de CA tous les ans de plus de 15 a 18 % .et si on modifiait la repartition de l'argent pour donner un peu plus aux createurs et interpretes ? Donc un peu moins aux producteurs et autres majors et autres maisons de disques .Voila une idée qu'elle est bonne , non ?
6 euro obligatoire pour de la musique par mois ? Et le mec qui télécharge pas ? celui qui DL tout les 3 mois ? celui qui DL des films ? Des jeux video ? Des logiciels ?
Vive le raquette légale. C'est pas eux qui disaient qu'une licence globale payée par tout le monde serait injuste car tout le monde ne consomme pas de la musique avec son abonnement internet ?
Tristement prévisible. Mais eux qui refusaient le principe d'une vraie licence globale sous prétexte que l'obligation de payer pour ceux qui ne téléchargeaient pas était intolérable, ils ne craignent visiblement pas les contradictions.
pour le coup je nage en pleine confusion, quel choix je dois faire pour tirer un minimum de revenus de ma musique : sacem ? licence libre ? autre ?
Des concerts ! et vendre des tee-shirts et autres produits dérivés, et des CD à la sortie du concert... Sinon si tu ne te produis pas sur scène, tenter le licensing sur des sites dédiés à ça (revostock, audiomicro...) Tout cela implique que tu gères toi-même tes droits donc pas d'inscription SACEM ! après, licence libre et pas c'est un choix philosophique, ça peut être imposé par des sites sur lesquels tu voudrais être, par exemple Jamendo qui te demande de choisir une licence Creative Commons (mais qui te fait accepter une licence différente pour le deal avec eux... eh oui eux ils demandent le droit de faire de l'argent avec ta musique...) Il y a un truc que je ne comprend pas. Numerama juge utile qu'on rémunère un producteur sur le nombre d'écoute ?
Je ne suis on ne peut plus pas d'accord. Je vis dans la musique, où que j'aille j'ai toujours des écouteurs vissées aux oreilles, il n'y a que pour les études que j'arrête (et encore...). Et également je ne compte pas les fois où je me suis endormi avec de la musique, des fois où j'écoutais pas, des fois où mes écouteurs pendouillait alors qu'ils étaient en marche, des fois où je vais faire à manger en laissant la musique sur mon ordinateur, je ne peux pas l'entendre pour manger mais elle y est toujours. Je devrais payer pour chaque écoute ? Du coup a quoi sert HADOPI ? Des taxes, de la répression partout, de la surveillance, quoi tout cela sert-il, à qui ?
Ateention au retour de flammes: 1- Modification du contrat d'abo = Résiliation de celui-ci sans frais et sans pénalités 2- La vente forcée est interdite en France 3- Quid des formats audio = Avec leurs sales habitudes, ce sera WMA+DRM... Et comment ont fait sous Linux ? 4- Si tu change de FAI, les fichiers seront illisibles (DRM inside) 5- Restreindre les fichiers aux catalogues des Majors signataires veut dire forcément choix limités. 6- Etc, etc...
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