Présent aux Rencontres Mondiales du Logiciel Libre à Nantes, le président du fournisseur d'accès à Internet alternatif French Data Network (FDN) a dévoilé que SFR, filiale de Vivendi, avait rompu son contrat de location de tuyaux au moment-même où FDN tentait de convaincre les députés de ne pas voter la loi Hadopi. Pour lui, la coïncidence n'est pas innocente.

Benjamin Bayart s’est rendu célèbre en 2007 aux Rencontres Mondial du Logiciel Libre (RMLL) à Amiens en 2007, où il avait présenté au public sa fameuse et incontournable présentation sur le « minitel 2.0 » (voir vidéo ci-dessous). Président du FAI associatif French Data Network (FDN), et farouche défenseur de la neutralité du net, Benjamin Bayart était encore présent cette année aux RMLL de Nantes, où il a de nouveau réalisé une brillante démonstration des dangers que portent l’atteinte au principe de non discrimination du réseau. « La neutralité du net c’est comme le principe de la séparation des pouvoirs dans les pays« , a-t-il dit en référence à la séparation des contenus et des transporteurs. « Lorsque la séparation des pouvoirs n’existe pas c’est que nous ne sommes pas dans un pays libre« .

Militant, il était également présent aux premières loges à l’Assemblée Nationale lors des débats sur la loi Hadopi. « A un jet de tomates de la tribune des lobbyistes de Vivendi« , a-t-il précisé. Il y était notamment le 30 mars, lorsque les députés ont voté, malgré les supplications de Jean Dionis du Séjour, une disposition qui autorise le recours au filtrage pour lutter contre le téléchargement illégal. Le député centriste était alors à genoux dans les travées de l’Assemblée pour supplier Christine Albanel d’y renoncer. En vain. Les lobbyistes de Vivendi avaient gagné. A un jet de tomates de là, Benjamin Bayart se prenait lui aussi la tête dans les deux mains.

Mais il ne savait pas, alors, qu’une lettre en recommandé partait le même jour au siège de FDN. Elle était signée de SFR, filiale de Vivendi, qui l’informait qu’elle mettait fin au contrat de location de tuyaux qui permettait à FDN de fournir l’accès à Internet à ses abonnés sans investir les millions d’euros nécessaires à une architecture réseau indépendante. Le préavis donnait à M. Bayart seulement trois mois pour trouver une solution. Pourtant, « nous n’avions jamais eu aucun problème, toutes les factures étaient payées rubis sur l’ongle« , a assuré le président de l’association.

Dans un court message, FDN avait jusqu’à présent uniquement indiqué le 3 avril sur son site que « suite à un incident sérieux avec Vivendi-SFR-Neuf-Cegetel (notre grossiste actuel), FDN suspend la possibilité de souscrire des abonnements ADSL« . C’est cette semaine, lors des RMLL à Nantes, que l’association a dévoilé les raisons de la suspension, et annoncé qu’il avait réussi à trouver un nouveau prestataire, Nerim. Les abonnements ont donc repris.

Pour Benjamin Bayart, les intentions de Vivendi ne font aucun doute. « Ils ont essayé de nous tuer, mais nous sommes toujours là, ça fait 18 ans que nous sommes opérateurs, et nous seront toujours là l’an prochain !« , a-il lancé dans un amphithéâtre outré.

L’opération a coûté à FDN un trou de 10.000 euros dans sa trésorie. « L’équivalent de trois mois de chiffre d’affaires« , a précisé le président de l’association, qui compte moins de 100 lignes ouvertes.

« On va se venger au tribunal« , a-t-il annoncé.

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