L'Union européenne et les États-Unis ont appelé la Chine à renoncer au logiciel de filtrage Green Dam et à être plus attentif à la liberté d'expression, notamment sur Internet où 300 millions d'internautes chinois sont recensés.

Mise à jour : le gouvernement chinois a finalement décidé de reporter la mise en place de son logiciel de filtrage « Green Dam » après les demandes américaines et européennes. Ce logiciel devait être installé sur les ordinateurs neufs à partir du 1er juillet.

Après le gouvernement américain il y a quelques jours, c’est au tour de l’Union européenne, à travers la voix de la Commission européenne, de signifier son inquiétude et sa réprobation sur la volonté des autorités chinoises d’imposer le logiciel de filtrage Green Dam sur les nouveaux ordinateurs. Pour l’Europe, la censure du contenu pornographique sur Internet risque fort de censurer plus largement la toile et de « limiter la liberté d’expression« .

Cela fait désormais plusieurs années que la Chine lutte contre les contenus déviants sur Internet. Officiellement pour empêcher les internautes chinois de voir des images et des vidéos violentes ou pornographiques. Selon les autorités, il était nécessaire de mettre en place un logiciel de filtrage directement sur les postes individuels. Or, Green Dam était beaucoup trop « performant », puisqu’il confondait les corps d’hommes ou de femmes avec des images de… porcs. Par ailleurs, tout site faisant mention de la mouvance Falun Gong était banni. Mieux encore, le logiciel ferait même planter les logiciels de traitement de texte lorsqu’une expression bannie comme « Falun Gong » est saisie. Les forums de discussion dédiés à la communauté homosexuelle étaient également filtrés, voire bloqués. Récemment encore, la Chine a envoyé un coup de semonce à Google, accusant le moteur de recherche d’introduire du contenu pornographique dans le pays. Google Chine n’aurait pas mis les filtres adéquats pour bloquer le contenu litigieux.

« Nous pressons la Chine de repousser la mise en œuvre du système » a ainsi appelé la Commission européenne, ajoutant qu’une réunion au niveau technique était nécessaire pour mieux comprendre les enjeux d’une telle mesure. « L’objectif de ce filtre d’Internet, contrairement à ce que les autorités chinoises affirment, est clairement de censurer Internet et de limiter la liberté d’expression. La Chine ne peut pas concurrencer les autres puissances du monde seulement sur le plan économique, sans faire attention à la liberté d’expression« . La Commission a indiqué vouloir profiter de la rencontre prévue le 9 juillet prochain à Pékin pour aborder ses problématiques qui peuvent impacter durablement les quelques 300 millions d’internautes chinois dans le monde. Un filtrage mis en place officiellement pour protéger la jeunesse des dérives du web.

Une situation qui contraste malgré tout avec les changements sociaux que connait la Chine, comme nous le rappelle nos confrères d’Aujourd’hui la Chine : en effet, la jeune génération, profitant d’une amélioration des conditions de vie et d’une hausse du pouvoir d’achat, s' »occidentalise » davantage, notamment sur le terrain des moeurs. Selon le site spécialisé sur la Chine, pas moins de 2 000 sex-shops sont ainsi déployés à Pékin et à Shanghaï, attirant tout une tranche d’âge pour découvrir ces boutiques dédiées à « la santé de l’adulte ».

Et Li Yin, experte des questions de société, de préciser que l’ensemble de la société est bien obligée d’accompagner ces changements. « L’ouverture économique il y a trente ans a généré cette ouverture sur la sexualité, en exposant la société chinoise aux influences extérieures, après trois décennies d’un strict puritanisme communiste. »

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