Dans une interview au Point, le député socialiste Patrick Bloche estime que l'affaire TF1-Bourreau ne pourra pas en rester à la simple suspension du collaborateur de Christine Albanel, et avance l'idée d'une commission d'enquête sur les relations entre le pouvoir et les grands groupes de médias.

Au début de l’année, Numerama avait compilé une longue liste de faits susceptibles selon nous de justifier l’ouverture d’une enquête parlementaire sur Christine Albanel et son « indépendance » à l’égard des puissances médiatiques, culturelles et financières. Appuyée par plus de 10.000 membres sur Facebook, notre appel du pied est resté lettre morte auprès des parlementaires… jusqu’à l’affaire TF1-Bourreau, qui donne corps à nos soupçons.

Interrogé par Le Point, le député socialiste Patrick Bloche annonce que le PS pourrait demander l’ouverture d’une enquête parlementaire. « On aurait pu demander une commission d’enquête parlementaire mais les faits se sont révélés entre le moment où j’ai interpellé la ministre dans l’hémicycle et aujourd’hui« , dit-il à propos de l’Hadopigate. « Je m’interroge sur le fait de demander une commission d’enquête plus générale sur les relations coupables entre le pouvoir et les grands groupes de médias de notre pays. Car si on parle beaucoup de TF1, il n’y a pas qu’eux. »

« Ce qui me frappe, c’est le sentiment d’impunité qui n’existait pas à ce niveau dans notre bonne vieille République avant l’élection de Nicolas Sarkozy« , ajoute-t-il.

Reste à voir s’il sera suivi par la direction du Parti Socialiste, pour le moment muette sur ce dossier. Il est difficile, lorsque l’on prétend accéder au pouvoir, de se mettre à dos le média le plus influent de France. D’où sans doute la volonté d’étendre la commission d’enquête à un sujet plus large que TF1.

Sur la décision de suspendre un mois le directeur adjoint du cabinet de la ministre de la culture, Patrick Bloche estime que « la décision de Christine Albanel est une décision a minima, très en deçà de la gravité des faits« , et que « la ministre ne sait que suspendre : elle suspend les internautes dans le projet de loi Hadopi, elle suspend son collaborateur« .

« Je constate qu’il y a des habitudes républicaines qui se perdent. Ça ne peut pas se terminer comme ça« , ajoute Patrick Bloche, qui demande en filigranne la démission de Christine Albanel.

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