Mise à jour 21h05 : Jean Dionis du Séjour a souhaité démentir nos informations. Le député est « formel et définitif, il n’y a jamais eu cette phrase ou une phrase proche » de la part de Nicolas Sarkozy. Fidèle à la position qu’il a tenu lors de la première lecture, M. Dionis du Séjour votera pour le projet de loi Création et Internet si la coupure est remplacée par une amende, s’abstiendra si la double peine (coupure + amende) est supprimée, et votera contre si la double peine est maintenue. La position du groupe Nouveau Centre risque en revanche de s’infléchir vers plus de votes favorables ou d’abstentions.

« Tu fermes ta gueule ou tu es mort politiquement« . C’est, selon des échos rapportés à Numerama, ce qu’auraient entendu récemment les oreilles du député Jean Dionis du Séjour, violemment secoué par le chef de l’Etat lors d’une rencontre informelle avec le groupe Nouveau Centre. Très opposé au projet de loi Création et Internet, Dionis du Séjour avait affiché la position officielle de son groupe (l’abstention) jusqu’au dernier jour du vote final, où il a finalement craqué et décidé de voter contre le texte, après l’avoir vilipendé pendant plus de 40 heures de débats. Le député n’aurait pas cédé aux menaces du Président de la République, mais il pourrait mettre de l’eau dans son vin pour sauvegarder le groupe Nouveau Centre, qui en faisant sécession d’avec François Bayrou souhaitait rester dans la majorité parlementaire.

Vexé par le coup politique réussi par les députés de l’opposition, et ostensiblement énervé par les multiples obstacles qui se posent à l’Hadopi, Nicolas Sarkozy a prié les députés de la majorité d’être en rangs ressérés pour voter comme un seul homme le texte lorsqu’il sera présenté en seconde lecture, à partir du mercredi 29 avril. Toute tête qui dépasse sera rasée. Avec ici un ministère qui s’éloigne, là une promesse d’une investiture ou d’un service rendu.

Rarement Nicolas Sarkozy, pourtant habitué aux coups de sang, n’était apparu aussi furieux face aux parlementaires. Ce qui laisse une question : pourquoi ?

Pourquoi contre vents et marées le Président de la République tient-il tant à ce texte ?

La réponse tient dans la suite du programme législatif, et en particulier la future loi de programmation de sécurité intérieure (LSI), sans cesse repoussée, qui prévoit une obligation de surveillance et de filtrage des contenus consultés par les internautes. Derrière la lutte contre le piratage, qui n’est qu’une façade, Nicolas Sarkozy souhaite faire entrer le cheval de Troie qu’est l’Hadopi et son obligation d’installer des « logiciels de sécurisation » sur tous les postes des foyers français. Une fois les filtres imposés sur tous les PC, ll suffira d’étendre au moment de la LSI les types de contenus ou les sites bloqués.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés