Le signal politique est fort. Le président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale Jean-François Copé a souhaité que la proposition de loi sur l'inceste, dont la lecture était prévue à partir du 28 avril, soit repoussée pour permettre d'y inscrire à la la place la seconde lecture du projet de loi Création et Internet.

Nicolas Sarkozy ne veut pas abandonner le projet de loi Création et Internet et exige une seconde lecture du texte après son rejet au Parlement la semaine dernière. Mais face à un agenda parlementaire chargé, il faut trouver une date. Le Président de l’Assemblée Nationale Bernard Accoyer a ainsi annoncé lundi la convocation d’une conférence des présidents ce mercredi 15 avril à 16H30, pendant les congés parlementaires, pour programmer la date du nouvel examen du projet de loi défendu par Christine Albanel. Cette réunion rassemble les présidents de groupes politiques, les présidents des commissions de l’Assemblée, et le membre du gouvernement chargé du Parlement, Roger Karoutchi.

Depuis la réforme de la Constitution, la modification de l’ordre du jour doit être ratifiée en séance publique de l’Assemblée Nationale. On ne saura donc que le 28 avril si la loi Création et Internet est ré-examinée le jour-même, ou non, comme le souhaite le gouvernement.

« Jean-François Copé a proposé de renoncer au texte sur l’inceste qui était prévu dans la semaine d’initiative parlementaire, à partir du 28 avril. On pourrait donc y inscrire le texte Internet pour une nouvelle lecture« , a indiqué Roger Karoutchi dans une interview au Monde. A quelques semaines des élections européennes, l’UMP ne semble pas avoir peur d’affronter son électorat et l’opinion publique en maintenant un texte impopulaire, au détriment d’un texte consensuel.

Reste à voir si l’UMP saura maîtriser la gronde parlementaire, dont le rejet de la loi en première lecture délie les langues. Alors que Nicolas Sarkozy s’en est pris à « l’amateurisme » des députés UMP absents de l’Hémicycle, le député Franck Martin s’est dit « fier d’être amateur« , en notant que « ce projet de loi est mal ficelé et suscite beaucoup de défiance chez les députés de toutes tendances« .

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