Mise à jour : selon notre confrère, « plusieurs signataires de cette lettre ont reçu des menaces à peine voilées par téléphone notamment d’autres grands noms du cinéma et de groupements influents« .

Nous rapportions ce matin la publication dans Libération d’une tribune particulièrement cinglante contre la loi Création et Internet, signée de 13 cinéastes parmi lesquels figurent des noms appréciés du grand public comme Catherine Deneuve ou Victoria Abril. Bien que très sévère à l’encontre du projet de loi et de la riposte graduée, la tribune perd beaucoup de son intérêt et de sa force médiatique en étant publiée après la bataille, alors que le projet de loi a été adopté par les 16 députés présents au moment du vote, jeudi dernier.

Notre excellent confrère PC Inpact a contacté l’auteur de la tribune, Juan Paulo Branco Lopez, pour demander les raisons de cette publication tardive. En fait, le texte était prévu pour arriver juste à temps. Nous avons « été pris de cours par la majorité présidentielle, le vote de l’Assemblée nationale était prévu aujourd’hui, et la Commission Mixte Paritaire la semaine prochaine…« , rappelle-t-il.

« On s’est un peu fait court-circuiter, je me demande d’ailleurs ce qui les a poussés a accélérer encore un calendrier chargé pour celle loi, et si les échos de cette lettre ne sont pas remontés jusqu’à eux…« 

Si la tribune arrive en retard, elle ne démontre pas moins beaucoup de courage dans un milieu très fermé où il n’est jamais bon s’opposer aux parains du cinéma. Interrogé ce midi sur RMC sur le contenu de la tribune après avoir une nouvelle fois versé son discours anti-piratage, le réalisateur Patrice Leconte s’est dit en accord avec les problèmes soulevés par ses confrères, mais regretté que ceux-ci se dressent publiquement contre l’action menée contre le piratage. Au nom du principe, il faut fermer les yeux sur tous les problèmes techniques, juridiques, et sociaux posés par la riposte graduée, et se plonger la tête dans le sable.

Il a aussi, sur un autre sujet, regretté l’influence artistique de TF1 et des grandes chaînes de télévision, qui en tant que co-producteurs et principaux financiers du cinéma imposent des castings ou rejettent des scénarios parce qu’ils ne sont pas assez formattés pour une grande audience en prime-time. Lequel TF1 a d’ailleurs publié un reportage ahurissant de mauvaise foi et de mensonges sur l’adoption de la loi Hadopi.

De là à dire que le lobbying du cinéma est téléguidé par les chaînes de télévision qui voient la concurrence d’Internet monter d’année en année, il n’y a qu’un pas facile à franchir.

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