Ca n'était pas qu'une sortie improvisée. Quelques semaines après le directeur de la Guilde des Auteurs, c'est le président du lobby des auteurs américains qui prend sa plus belle plume pour demander dans le New York Times que les machines qui lisent à voix haute des livres électroniques achetés par leur propriétaire payent des droits supplémentaires.

Nous rapportions il y a quelques jours que la Guilde des Auteurs, qui représente les écrivains aux Etats-Unis, avait demandé à ce qu’aucun gadget électronique ne puisse lire à voix haute leurs écrits sans payer des droits supplémentaires. Ils s’énervaient que le nouveau livre électronique d’Amazon, le Kindle 2, embarque une technologie de synthèse vocale qui fait concurrence à la vente de leurs livres audio. La loi n’est bien sûr pas de leur côté, car celui qui possède un livre peut en faire ce qu’il veut dans son intimité sans que l’auteur ne puisse s’y opposer. Or quelle différence cela fait-il que ce ce soit une machine qui lise « à son maître » un livre à voix haute ou un humain qui lise à voix haute un livre à son enfant ? Faut-il que le droit crée une scission entre l’homme et la machine ?

Aussi ridicule et dangereux pour l’innovation que soit l’argument, la Guilde des Auteurs l’a renouvelé cette semaine. Dans une tribune publiée par le New York Times, le président de la Guilde des Auteurs Roy Blount Jr. a enfoncé le clou.

« Le Kindle 2 est un appareil portable, sans fil, de la taille d’un livre, sur lequel les gens peuvent télécarger une bibliothèque virtuelle de titres numériques. Amazon vend ces téléchargements, et lorsque les livres sous droits d’auteur, il paye les royalties aux auteurs et aux éditeurs. Il sert les lecteurs, paye les auteurs : jusque là, tout va bien« , concède d’abord Blount. « Mais il y a autre chose à savoir sur le Kindle 2 – sa fonction de synthèse vocale fortement mise en avant. Le Kindle 2 peut lire des livres à voix haute. Et le Kindle 2 ne paye de droits audio à personne« .

En substance, la Guilde des Auteurs demande la création d’un droit général à taxer toute innovation technologique qu’ils ne peuvent pas contrôler et sans laquelle ils pourraient gagner, potentiellement, plus d’argent.

« Alors que les livres électroniques doivent encore démontrer leur capacité à attirer l’enthousiasme du grand public, les livres audio sont un marché d’un milliard de dollars, en pleine croissance. Les droits audio ne sont généralement pas inclus avec les droits du livre électronique. Ils ont plus de valeur marchande que les droits des livres électroniques« , assure Roy Blount Jr.

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