Faut-il payer des droits d'auteur pour lire une histoire à voix haute à son enfant ?

Guillaume Champeau - publié le Mardi 17 Février 2009 à 15h23 - posté dans Société 2.0

Aux Etats-Unis, la Guilde des Auteurs demande à ce que la lecture des livres à haute voix donne lieu au paiement de droits d'auteur spécifiques, lorsque c'est une machine qui réalise la traduction du langage écrit en langage parlé.

"Faut-il payer des droits d'auteur pour lire une histoire à voix haute à son enfant ?". La question peut paraître idiote. Elle l'est, assurément. Et pourtant la Guilde des Auteurs américains l'a posée très sérieusement, et a même donné immédiatement une réponse : oui, il faut payer des droits lorsque l'on veut lire un livre à haute voix dans l'intimité du foyer. Ou plus exactement, lorsque celui qui lit à haute voix n'est pas un humain fait de chair et d'os, mais une machine. Car apparemment, ça fait toute la différence.

La polémique est née de la sortie aux Etats-Unis du Kindle 2, le livre électronique d'Amazon. Parmi les nouveautés apportées par cette deuxième version figure un module de synthèse vocale capable de lire les textes affichés à haute voix, ce qui est pratique pour les personnes à déficience visuelle ou pour les jeunes enfants qui souhaiteraient écouter des contes de fée pendant que papa regarde son match de foot et que maman fait la vaisselle (ou l'inverse, bien sûr).

Paul Aitken, le directeur de la Guilde des Auteurs, s'est offusqué de cette avancée technologique. "Ils n'ont pas le droit de lire un livre à voix haute. C'est un droit audio, qui est un droit dérivé du droit d'auteur", a-t-il assuré au Wall Street Journal.

Quelques jours plus tard, il précise sa pensée : "Certains ont interprété les remarques comme si elles suggéraient que la Guilde estime que la lecture à voix haute dans le cadre privé était protégé par le droit d'auteur. Ca n'est pas le cas, sauf si la lecture est réalisée par une machine. Et même la lecture réalisée à voix haute par une machine est acceptable, ajoute-t-il, si c'est à partir d'une copie audio autorisée".

Donc si vous achetez un livre et que vous le lisez vous-même à voix haute, vous ne payez qu'une fois les droits d'auteur et tout va bien pour la Guilde. En revanche, si vous achetez un livre et que c'est une machine qui lit le contenu à voix haute, c'est illégal, et il faut acheter en plus la version audio donc payer deux fois les droits d'auteur. C'est une certaine vision du progrès, qui en plus ne repose sur aucun fondement juridique. Jusqu'à la prochaine révision des traités internationaux sur le droit d'auteur.

Publié par Guillaume Champeau, le 17 Février 2009 à 15h23
 
 
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Commentaires à propos de «Faut-il payer des droits d'auteur pour lire une histoire à voix haute à son enfant ?»
 

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lew, le 01/01/1970 - 01:00
ca permettrait a certains ecrivains de se passer d editeurs et de distribuer leurs oeuvres eux memes via le web.

Attention, suppression des éditions papiers ne veux absolument pas dire disparition des éditeurs.
Ayant bossé dans le milieu de la presse scientifique, qui est un milieu où la dématérialisation est très en avance, j'ai pu constater plusieurs choses :

-les prix des abonnements ont explosé depuis que les revues sont passées du format papier au format numérique, et ce malgré la réduction des coûts matériels et logistiques.

-le principe de l'édition n'a pas bougé d'un poil : l'éditeur achète le contenu et le revend sous une mise en page dont il est également propriétaire. L'auteur de l'article n'a plus le droit d'utiliser sa publication gratuitement. De plus, publier un article scientifique est payant et l'auteur ne touche AUCUNE royalties.

-les auteurs recherchent la visibilité ce qui se traduit par être publiés dans les revues les plus prestigieuses. A ce titre, plus d'un auteur signe les yeux fermés son contrat avec l'éditeur...qui va s'en mettre plein les fouilles.

Mais bon, tout n'est pas perdu, il existe des regroupements d'institutions qui publient leurs articles sous des formes libres de droit, pour permettre la diffusion gratuite du savoir...des infos ici
lew, le 01/01/1970 - 01:00
peut etre que le papier disparaitra un jour comme le dis hiro. j espere que les ebook couteront moins chers que les livres (pas toujours bons!) sortis par des editeurs racoleurs (une biographie de loana..! et puis quoi encore!).
ca permettrait a certains ecrivains de se passer d editeurs et de distribuer leurs oeuvres eux memes via le web.
bon ce que j ecris vaut surtout pour universal c est vrai. au temsp pour moi...


Ca existe déjà, certains sites ont un modèle économique très en avance sur le temps ou n'importe quel écrivain peu publier et vendre directement ses écrit en touchant une grande partie des gains.

Par contre impossible de me souvenir du nom.
Bonjour,

Je suis moi même affilié à la SACEM. Et là depuis des années les droits d'auteurs sont mis à toute les sauces. Et surtout deviennent encombrant au point de provoquer plus que de limiter les risques.
Manipuler un droit d'auteur n'est pas choses facile à sa base, c'est à dire percevoir une somme sur son travail d'auteur. Normale je dirais. Mais de là à le compliquer avec des lois sans queue ni tête... Mh, je doute de l'efficacité.

En faite le gros problème est que les auteurs n'ont pas assez de crans, pour faire leur propre business de vente Ce qui les opposerait aux éditeurs qui leur rafle tout. Car un auteur qui vendrait ses bouquins ou autres œuvres d'auteur directement à l'acheteur, ne se poserait pas tant de questions. Il ferait comme toute "entreprise" : Il crée son bouquin, le protège, le promouvoit et le vend. Enfin s'il fait bien son business, mais ça c'est autre chose...
Mais un autre problème survient alors. L'auteur et sa reconnaissance. Non, non pas celle de son œuvre, mais bien la sienne. Vous savez le best-seller et autre connerie du genre trophée, coupe, prix qui le place dans les meilleurs, la classe, la bête, l'unique, le seul... Bref lui, LE. Du coup, ben, trimer un peu pour sa vocation pourrait l'ennuyer... Heureusement que seuls les métiers d'arts sont soumis à ce type de commercialisation : devoir passer par un éditeur, une agence, une production, un label et autres mange tout...

Je veux dire par tout ça que si l'auteur se bougeait un peu plus le c... pour son travail, sa vocation et n'attendait pas toujours après les autres pour vivre, alors il verrait surement son "secteur professionnel" réellement évoluer. Oh ce ne serrait pas sans mal, certes. Mais au moins ce serait vraiment le sien.

Alors messieurs les auteurs, écrivez et si c'est du bon alors vendez les vous même. Internet peut être une excellente opportunité de faire connaitre vos œuvres. Faites en un allier. Quand on a peu de budget, franchement le ebook est une solution réelle. Ca réduit considérablement vos frais de productions papier. Ne serait que cela. Et si vos œuvres en sont vraiment et que vous vous bougez en leur sens, alors vous toucherez votre public et votre argent. Même au détriment de quelques copie.

Quant au copieur, pirate, voleur... Dites vous bien qu'il est comme tout le monde. Il ne faut pas voir en lui une tête de "raptou" (heu, je dois quelque chose à WD sur ce coup :-) ? ) et autres bandits. Il est fort possible que dans votre entourage il y a quelqu'un qui copie (film, musique, images...). Alors parlez avec lui et vous aurez déjà un première approche de ce fameux pirate. La plus part du temps c'est le côté interdit et malheureusement ludique de la chose qui le "pousse" à le faire.
Je reste persuadé que si ce sont les auteurs qui affichent eux même leur travail et non des pompes à frics, beaucoup de ces fameux pirates sauront faire la différence. D'autant plus qu'à mon avis le prix d'achat du livre ne sera pas le même. Moi je me suis toujours demandé : pourquoi aller toucher 10% sur mon travail alors que je peux tout toucher et gérer moi même les frais impliqué... ?

En tout cas, si vous n'êtes pas fichu de vous rendre compte que votre défense devient aussi lamentable et ridicule que celle de l'attaque (du piratage) alors, c'est que vous manquez d'ouverture d'esprit et pour des auteurs c'est quand même inquiétant.

Dans toute cette histoire j'ai l'impression que d'un côté il y a les pompes à fric et leur porte monnaie et de l'autre une graaaande bande d'auteur qui ne décollent pas (pour X raisons) et préfèrent penser que la seule faute vient des pirates, internet... Après reste les auteurs pour ça marche bien et qui soutienne la cause par solidarité... normal quoi.

Imaginer un auteur écrivant ses livres, les protégeant contre le vole en terme d'auteur, démarchant le public pour les faire connaitre, les vendre, créer autour d'eux une "communauté" de lecteur assidu... et tout cela sous le couvert d'un statut quelconque de commerce ou autre... Je suis sur qu'il en existe un qui pourrait coller. Donc imaginer tout cela serait impossible, utopique donc ? Ah, je doute. Sinon, dans ce cas, continuez comme ça, râlez, plaidez, manifestez, criez, levez le point... et surtout verrouillez bien vos œuvres. Car on en est à peine à l'état embryonnaire de tous ces problèmes de droit.

Et pour finir, gardez bien à l'esprit qu'au final vous avez soit l'acheteur, soit le voleur (pirate...) en face de vous. Voyez pour qui vous vendez. Apparemment, pour le moment, vous intéressez plus le pirate (...). Dommage !!
Le prêt de livre c'est du vol point barre.

Ouais et ça prouve bien qu'il y a un problème dans la notion de "droit d'auteur". La flemme de quote les autres trucs, on en revient toujours au même, cette histoire de rémunération des "droits d'auteur" qui pose problème car c'est un problème compliqué. Et ses dérives d'ailleurs car quand je vois l'écrivain de Harry Potter et sa fortune je me dis que ce n'est quand même pas normal qu'écrire quelques livres rapportent autant en "droit d'auteur". Ou que les enfants d'artistes vivent sur des "droits d'auteur" ça non plus ça n'est pas normal ...

L'art, la culture et le divertissement avec comme vecteur de motivation : "L'argent" c'est un problème non ?
Art. L. 211-3. Les bénéficiaires des droits ouverts au présent titre ne peuvent interdire :
1° Les représentations privées et gratuites effectuées exclusivement dans un cercle de famille
Art. L. 122-5. Lorsque l'oeuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire :
1° Les représentations privées et gratuites effectuées exclusivement dans un cercle de famille

(cercle de famille = famille et amis proches) Le prêt de livre c'est peut-être du vol, mais c'est entièrement légale. (en France en tout cas ^^)

Art. L. 122-5
6° La reproduction provisoire présentant un caractère transitoire ou accessoire, lorsqu'elle est une partie intégrante et essentielle d'un procédé technique et qu'elle a pour unique objet de permettre l'utilisation licite de l'?uvre ou sa transmission entre tiers par la voie d'un réseau faisant appel à un intermédiaire ; toutefois, cette reproduction provisoire qui ne peut porter que sur des ?uvres autres que les logiciels et les bases de données, ne doit pas avoir de valeur économique propre

Ce qui légalise (en France toujours) l'utilisation d'une machine comme intermédiaire pour la lecture d'un texte et ce gratuitement (bien que la machine, elle, soit payante).

Ce n'est pas un avis personnel, mais la loi, qui est sensée être juste. (Je dis sensée, mais compte tenu du comportement puéril de ceux qui actuellement les votes je doute de la justice et surtout de la partialité des lois qui seront voté. Vive le clivage gauche-droite! Lui qui empêche, d'après moi, l'établissement de la démocratie. Et je parle bien du "clivage" pas de l'existence des deux qui toujours d'après moi est nécessaire.)

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