Pas d'entente sur les prix de la musique en ligne d'après la justice américaine
Guillaume Champeau -
publié le Lundi 17 Novembre 2008 à 12h31 -
posté dans Musique Numérique
![]() Avant qu'il ne soit contraint à démissionner après des révélations sur ses pratiques sexuelles, le procureur général de l'Etat de New York Eliot Spitzer était l'ennemi public numéro un de l'industrie du disque aux Etats-Unis. Très engagé dans une volonté de moraliser la vie des affaires, Spitzer avait d'abord réussi à faire condamner les majors et de grandes radios américaines pour des pratiques de corruption, avant de s'attaquer à une éventuelle entente sur les prix de la musique en ligne. Eliot Spitzer s'étonnait que l'ensemble des majors de l'industrie du disque pratique le même tarif de gros de 70 centimes par titre pour les services de téléchargement payant à la demande. A cause de ce tarif unique, toutes les plateformes de musique en ligne étaient contraintes de s'aligner au mieux sur le prix d'iTunes de 99 centimes par titre. Mais l'enquête, qu'il avait diligentée en 2006, vient d'être rangée dans un placard. La juge du district sud de New York Lorretta A. Preska a jugé qu'il n'y avait aucune preuve d'entente illicite sur les prix entre les majors de l'industrie musicale. "La cour n'a pas écarté cette affaire discrètement, mais avec une grande force", s'est félicité l'avocat des industries culturelles William Hochberg, interrogé par Digital Music News. Il a de quoi être heureux ; ce sont plus d'une trentaine d'actions collectives menées contre l'industrie du disque qui devraient tomber avec l'abandon des charges. Pour condamner les maisons de disques, il aurait fallu démontrer l'existence d'actions parallèles et de décisions concertées visant à bloquer le prix de gros minimum pratiqué auprès des revendeurs. Un tel comportement serait contraire au Sherman Antitrust Act et à l'ensemble des lois de protection des consommateurs aux Etats-Unis. Mais la juge Preksa a assuré qu'il n'y avait en l'espèce aucune preuve d'une entente préalable des majors. Elle a estimé que les actions parallèles menées par les quatre majors pour fixer leur prix de gros à 70 centimes étaient simplement le résultat naturel d'un alignement des prix sur le leader du marché. Le fait que l'industrie du disque soit dominée par un oligopole de quatre acteurs rend le marché particulièrement lisible par les quatre majors, qui n'ont pas besoin de se concerter pour ne pas se faire concurrence. Or, pour condamner des concurrents qui ne jouent pas le jeu de la concurrence, il faut démontrer l'existence d'une "entente réelle". Sur le même sujet
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Commentaires à propos de Pas d'entente sur les prix de la musique en ligne d'après la justice américaine
![]() laskov
Le 17 Novembre 2008 à 22h32
pourquoi ça sens le chéque verser sur le compte de la juré sur un compte en suisse ?
![]() Seri
Le 18 Novembre 2008 à 00h55
Sa conclusion ne m'étonne pas. Quand on détient 80% du marché mondial à 4, pas besoin d'entente sur les prix : si machin baisse un peu ses tarifs il y a toutes les chances pour que les autres se mettent au même niveau pour ne pas perdre de parts de marché, mais sans aller jusqu'à entrer dans une guerre des prix. Et comme ils estiment déjà qu'ils ne se font pas assez de tunes sur les ventes dématérialisées... (omg, j'ai failli écrire fictives ^^)
![]() ![]() Typhus
Le 18 Novembre 2008 à 05h33
Cela me rappelle l'entente entre les industries américaines du tabac dans les années 50. Elles ont menés les gens en bateau pendant presque 50 ans! Et cela continue pour les nouvelles générations. D'ailleurs elles sont surement cul et chemise avec les industrie musicales (comme elles le sont devenu avec l'agro-alimentaire): http://www.who.int/t...cais/music.html
Enfin il y aurait tellement de choses à dire sur ces enfoirés. Un reportage très intéressant, vu grâce à Wizzgo ;-) ![]() |
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