Hadopi : le Sénat se prononcera sur la solidité des preuves

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 29 Octobre 2008 à 20h35 - posté dans Société 2.0

Nous n'avons jamais cessé de répéter quasiment quotidiennement sur Numerama, sans lassitude mais avec conviction, que le problème fondamental de la riposte graduée prévue par l'accord Olivennes puis par le projet de loi Création et Internet n'est pas dans le fait de sanctionner l'internaute "pirate". Mais dans l'irrespect flagrant et dangereux des principes républicains d'un état de droit, en particulier ceux des droits de la défense. Le mécanisme présenté mercredi soir par Christine Albanel ne prévoit en effet aucune exigence sur la qualité du relevé des preuves à partir desquelles la Haute Autorité expédiera, de façon automatisée, ses lettres de prévention puis ses décisions de sanctions.

Deux problèmes fondamentaux se posent aux parlementaires :

Nous avons émis de nombreuses fois la crainte que la question ne soit jamais soulevée par les parlementaires, plus préoccupés par la nature de la sanction finale que par la véracité de son fait générateur. Mais la question sera bien abordée par les sénateurs, qui ne pourront pas l'éviter.

La Commission des affaires économiques présidée par le sénateur Bruno Retailleau (photo ci-dessus), qui a rendu son avis sur le projet de loi, va en effet proposer à la chambre une série d'amendements destinés à renforcer les preuves exigées pour la mise en oeuvre de la riposte graduée. S'ils votent contre, les sénateurs devront s'en justifier.

Le premier de ces amendements prévoit d'imposer que le prélèvement d'une adresse IP soit accompagnée d'un début de téléchargement pour s'assurer que le fichier est effectivement mis à disposition par l'abonné. "Afin d'éviter la sanction d'internautes innocents, l'HADOPI ne doit pas se contenter de présomptions de piratage", prévient M. Retailleau, qui constate dans son rapport que "certains des outils utilisés par les sociétés mandatées par les ayant-droits pour effectuer des relevés se limitent à interroger les serveurs qui fournissent la liste des dernières adresses IP ayant partagé tel fichier piraté".

"Or des pirates peuvent glisser dans ces listes des adresses IP prises au hasard et détourner ainsi la sanction vers des internautes innocents; afin d'éviter ces " faux positifs ", l'HADOPI doit vérifier systématiquement les faits en interrogeant chacune des adresses IP pour initier un téléchargement et constater ainsi que le suspect partage effectivement l'oeuvre pour laquelle son adresse a été prélevée".

D'autres amendements visent à "imposer à la commission de protection des droits de fournir au destinataire d'une de ses recommandations la liste des oeuvres ou objets qu'il lui est reproché d'avoir utilisés illicitement", à "mettre en oeuvre une riposte effectivement graduée" (en donnant aux différentes étapes un caractère obligatoire), et à donner à l'abonné le droit de "contester toute recommandation qu'il estime recevoir à tort et à imposer à la commission de protection des droits de justifier son envoi".

Par ailleurs, le rapporteur demande que l'éventuelle coupure de l'accès à Internet soit suspendue en cas de contestation, pour qu'elle ne soit appliquée qu'en cas d'échec du recours. En effet, dans le texte présenté par le gouvernement les recours ne sont pas suspensifs et la coupure de l'accès aurait donc déjà eu lieu une fois l'appel examiné par un tribunal. L'amendement proposé a donc le double avantage pour la Commission d'éviter ordre et contre-ordre successifs au fournisseur d'accès à internet chargé de mettre en oeuvre les décisions de l'Hadopi, et surtout de renvoyer la question cruciale de la vérification des preuves aux tribunaux s'ils sont saisis d'une contestation.

Ce sont en effet les tribunaux, en cas d'appel de la sanction, qui devront dire si l'abonné avait oui ou non mis en oeuvre les mesures de protection préconisées par l'Hadopi et communiquées par le FAI. En pratique, le doute devrait toujours bénéficier à l'internaute, puisque la preuve est impossible à apporter.

Publié par Guillaume Champeau, le 29 Octobre 2008 à 20h35
 
 
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Commentaires à propos de «Hadopi : le Sénat se prononcera sur la solidité des preuves»
 

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Le plus gros problème et non des moindres dans ce cas de figure est le streaming, (lecture en continu pour les gérontosénatiques) en effet le fichier (qui peut être sous droits) est téléchargé dans une mémoire tampon pour pallier les latences plus ou moins grandes de la connexion. Si un sniffeur de l’Hadopi prend une partie de ce téléchargement, que se passera –t-il ? considérera-t-il cela comme un téléchargement illicite ? Donc le risque est la de se voir prendre une amende en se servant d’un lecteur de Stream. Exemple : lecture d’une radio broadcast avec winamp.
aie aie
j'espère qu'ils auront réunis le nombre nécessaire pour saisir le conseil constitutionnel nostalgique des peines lourdes(pour lui le piratage=contrefaçon donc 300000€ d'amendes)
http://www.liberatio...ance-sur-le-net

Il y a au moins un Socialo qui sait de quoi il parle, arrivera t il à expliquer tout ça à ses "camarades".. Rien n'est moins sur..
Homer et Darthob
Ces questions sont effectivement de très bonnes questions que tout internaute un tant soit peu au fait se pose inévitablement.

Les politiques et les représentants d'ayants-droit, quant à eux, ne la poseront jamais, c'est évident.

Les questions sont tellement évidentes en soi que je ne puis imaginer qu'aucun conseiller ne l'ai jamais suggérée aux parties en lice.

Les raisons sont ailleurs. Le Sarko a reçu un mandat tacite, de par son élection, de tout faire pour satisfaire les lobbies de tout bord.
Partant de là, quelle que soit l'imbécilité et le caractère impraticable d'une telle reloi (DAVSI est passé par là également) elle passera ! Elle passera par VOLONTE POLITIQUE.
On notera au passage que la volonté politique s'éloigne, depuis les années 70, à une vitesse proche de celle de la lumière de la volonté du peuple (aka démocratie).
La loi passera, quoi qu'il en coûte aux deniers de l'Etat (ie du contribuable) et des FAI.

Quelques internautes pas très au courant du fonctionnement des échanges se feront prendre, pour l'exemple.
D'autres, innocents, se feront attraper suite à cafouillage dans l'adresse IP.
Des téléphones portables, des serveurs, des gares de péage autoroutières, des routeurs, des firewalls, des commutateurs téléphoniques, des objets nomades se feront prendre la main dans le sac de la mise à disposition de films ou de musique !
Mais ça nous n'en entendrons pas parler.

Et l'immense majorité continuera joyeusement à télécharger et mettre à disposition via des réseaux publics chiffrés et obfuscant l'adresse source de toute manière, via des groupes de news téléchargés depuis l'étranger et confidentialisés par SSL, via des torrents privés et confidentialisés et via des versions d'outil P2P ne mettant pas à disposition par défaut, etc, etc.

Mais le gouvernement aura fait SON boulot (une deuxième fois) : satisfaire le monde de l'édition musicale et du cinéma.
Que derrière cela ne change rien, c'est insignifiant. L'essentiel c'est la COMMUNICATION !

L'essentiel sera de se féliciter publiquement, de se faire de bonnes grosses bouffes entre SACD, SACEM, représentants du cinéma et de l'état tout en communiquant très FORTEMENT sur les 2 ou 3 cas d'arrestation de pillard qui ne manqueront pas de survenir.
L'industrie de l'édition musicale et du cinéma féliciteront le gouvernement, affirmeront être désormais "rassurés" et pourront, ainsi, enfin prétendre proposer des offres dignes de ce nom (*), les années passées à se battre contre des moulins à vent n'ayant servi, officieusement, qu'à gagner du temps.

A noter que l'offre digne de ce nom existe chez Apple depuis maintenant depuis 5 ans. Bon, il y a encore les DRM à virer.

Si jamais ces offres ne fonctionnent pas l'industrie en question pourra toujours repartir au créneau en noyautant à nouveau un gouvernement.

La crainte, si elle existe, est que ce genre de débilité fasse tâche d'encre et qu'au final, même les serveurs de news étrangers soient obligés de fermer boutique car condamnés dans leur pays de résidence.

db

(*) Personnellement je reste convaincu que le monde de l'édition cherche coûte que coûte à remettre les DRM en service.
Si la loi produit, malgré tout et techniquement, des effets positifs (réduction réelle du téléchargement sauvage) les DRM reviendront à la charge, l'industrie ne pouvant absolument pas s'asseoir sur les revenus que la commercialisation à l'usage est susceptible d'engendrer.
Dans tous les cas, ils devront avoir une copie du fichier supposé être "illégal au téléchargement libre" pour pouvoir prouver l'irrespect des droit d'auteur... donc....

A moins, que ce soient eux qui les mettent à disposition sur les réseaux P2P, bittorent, téléchargement direct etc... pour pouvoir ficquer...
question con

je prend un programme pour générer des fichiers bidons des tailles que je veux ( ca existe)

je renomme ces fichiers en johnnyhalliday_dernierebouse.mp3 et autres noms du meme accabit

je les met en partage (en guise de leurre)

que se passera t il lorsqu'ils aurotn constaté un telechargement initié depuis mon ip sur ces fichiers
la ?

initiative qui peux etre interessante (pour le faire, etre sur d'avoir un pc CLEAN par contre pour servir de leurre)
personnellement ce qui m'inquiète c'est l'énorme dérive qu'il y a en ce moment.

- des sociétés privées auront le droit de "verbaliser"!
- plus besoin de preuve pour être coupable mais on devra être obligé de prouver sont innocence....
- je me fait pirater ma ligne c'est quand même de ma faute car je ne l'ai pas assez protégé ( qui est capable de créer une protection efficace à 100% en informatique? vite son téléphone...)

J'ai toujours cru qu'on était innocent jusqu'à preuve du contraire serais ce un rêve....
saxo, le 01/01/1970 - 01:00
- plus besoin de preuve pour être coupable mais on devra être obligé de prouver sont innocence....
Il y aura quand même besoin d'une preuve, même s'il est vrai que ce n'était pas le cas dans le texte d'origine. Reste à savoir ce que l'HADOPI considérera comme une preuve. Lors de l'affaire Techland, les lettres de menace s'appuyaient sur une "preuve irréfragable". Si la preuve est du même niveau, on est mal, surtout que vu les effectifs de la commission et ses objectifs, elles ne seront jamais contestées par la commission elle même.

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