MySpace Music ou l'anti-licence globale
Guillaume Champeau -
publié le Jeudi 25 Septembre 2008 à 14h00 -
posté dans Musique Numérique
![]() Cette fois c'est fait. Après des mois de négociations et de retard à répétition, MySpace a annoncé officiellement ce jeudi la création de la société MySpace Music, une joint-venture dont le capital est détenu par le géant des médias News Corp et par les quatre majors du disque EMI Music, Sony BMG, Universal Music Group et Warner Music Group. Disponible dans un premier temps uniquement aux Etats-Unis, le service MySpace Music s'appuie sur le catalogue des quatre majors pour proposer l'écoute gratuite et illimitée de chansons en streaming, financée par la publicité. Mc Donald's, Sony Pictures, State Farm et Toyota sont ainsi les premières marques à acheter des campagnes sur le service musical qui compte s'appuyer sur une audience globale de 120 millions d'utilisateurs. MySpace Music "proposera à terme un vaste catalogue de contenus premiums et promotionnels, de nouveaux outils de partage entre utilisateurs, et la possibilité pour les artistes de développer leurs revenus, à travers par exemple le merchandising et la vente de places de concert", indique la société dans un communiqué, qui précise qu'une "sélection de fonctionnalités tels que le nouveau player music et la nouvelle interface, est rendue disponible mondialement dès aujourd'hui".
L'antithèse de la licence globale Mais voilà, MySpace Music pose de sérieuses questions éthiques et juridiques. Avant d'être racheté par le géant News Corp, le site s'est formé grâce à des milliers d'artistes et de labels indépendants qui ont fait la notoriété du site en y exposant leurs chansons. MySpace ne les oublie pas d'ailleurs dans son communiqué, en rappelant qu'il "compte plus de cinq millions d'artistes issus de majors, de labels indépendants ou non signés". Mais ces indépendants-là sont exclus de la joint-venture et ne recevront pas leur part des revenus publicitaires générés par MySpace. Le seul effort consenti a été d'intégrer les 1,3 millions de chansons du catalogue de l'agrégateur de musique indépendante The Orchard, qui a signé un accord avec le site mais n'est pas intégré au capital de la joint-venture. Les artistes et les labels indépendants qui souhaitent bénéficier d'une part des revenus générés devront donc obligatoirement s'en remettre au seul The Orchard, sans possibilité de négocier les conditions financières. En dehors des quatre majors et de cet intermédiaire, point de salut. C'est exactement ce que les partisans de la licence globale souhaitaient éviter. Sans licence globale, les majors du disque (qui contrôlent plus de 80 % de la musique enregistrée vendue dans le monde) ont en effet la possibilité de sélectionner au cas par cas les prestataires qui peuvent diffuser leur musique en ligne, et d'exclure tous les autres en les menaçant de les poursuivre en justice s'ils proposent leurs chansons en écoute ou en téléchargement. Les quatre majors peuvent ainsi négocier âprement leurs autorisations, en exigeant des quelques heureux élus que leur catalogue musical soit le mieux possible mis en avant sur le service, au détriment des catalogues des maisons de disques indépendantes. Ils contrôlent ainsi la concurrence et amoindrissent la diversité de l'offre musicale en utilisant tout leur poids sur le marché pour favoriser une poignée de services qui deviendront incontournable aux yeux du public, parce qu'ils proposent les chansons les plus populaires. Les autres, ceux qui exposent le catalogue des artistes indépendants mais ne disposent pas des droits sur les catalogues des majors, sont condamnés à la marginalité faute d'attractivité. Avec une licence obligatoire comme la licence globale, les majors du disques n'auraient plus la possibilité légale de s'opposer à ce que des services proposent leur catalogue en téléchargement ou en streaming. La licence serait en effet accordée d'office à tous les services qui le souhaitent, en contrepartie de la taxe payée par les fournisseurs d'accès à Internet. Les majors du disque n'auraient donc plus aucun contrôle sur le marché, et seraient progressivement noyées sous la masse des artistes et des labels indépendants placés pour la première fois sur un pied d'égalité. C'est pourquoi le refus de la licence globale n'est pas un choix dirigé par des considérations technologiques (une soit-disante impossibilité de compter les téléchargements des oeuvres), ou par un choix économique (une soit-disante incapacité de la licence globale à subvenir aux besoins de la création), mais par un choix de politique culturelle. Celui de l'appauvrissement de l'offre au bénéfice d'une poignée d'industriels. à lire aussi
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Commentaires à propos de «MySpace Music ou l'anti-licence globale»
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Makhno
le 26/09/2008 à 18:56
AvidaDollars, le 01/01/1970 - 01:00 C'est celaaaaa oui...... La très grande majorité respecte tellement les règles qu'on en est rendu à la licence globale....Raminagrobizz, le 01/01/1970 - 01:00 Donc c'est major ou abandonne tes droits ? (Je suis allé visiter le site de the orchard, je n'ai pas l'impression que ce site puisse accepter de la musique non produite aux USA). Qu'en pense la SACEM de tout ça ? Pour mémoire, la loi française (et US) est claire : Diffusion de musique = rémunération des ayants-droits. C'est même la base (officielle) de la chasse aux pirates. Si seuls les majors sont rémunérés, alors tout titre SACEMisé (ou apparenté) sur myspace est illégal... et myspace responsable. Alors, que fait la SACEM ? Seri, le 01/01/1970 - 01:00 - les radios sont taxées au forfait (je ne sais pas si la communication des playlists est obligatoire pour la répartition ou si elle peut se faire au sondage).Ashareth, le 01/01/1970 - 01:00 Seri>> C'est exactement ça, d'où le fait que plein de gens s'étranglent de rage quand les même mecs nous expliquent que la licence globale peut pas marcher à cause de l'impossibilité d'une répartition équitable, alors que les majors expliquent, par l'intermédiaire de leurs succursales genre Big Champagne, Overpeer and co, qu'ils sont capables de donner des chiffres fiables de tous les dl sur les différents réseaux, surtout les 2/3 plus connus (bt, ed2k, gnutella). Makhno, le 01/01/1970 - 01:00 Ashareth, le 01/01/1970 - 01:00 Seri>> C'est exactement ça, d'où le fait que plein de gens s'étranglent de rage quand les même mecs nous expliquent que la licence globale peut pas marcher à cause de l'impossibilité d'une répartition équitable, alors que les majors expliquent, par l'intermédiaire de leurs succursales genre Big Champagne, Overpeer and co, qu'ils sont capables de donner des chiffres fiables de tous les dl sur les différents réseaux, surtout les 2/3 plus connus (bt, ed2k, gnutella). Je sais, je confirmais et insistait lourdement là-dessus en indiquant qu'en plus c'était bien hypocrite parce que le principal argument des majors/ayant-droit contre la LGO c'est qu'ils prétendent qu'ils ne sont pas capables d'obtenir ces chiffres et donc une répartition correcte. Traitez moi de parano si vous voulez, mais j'ai bien peur qu'ils (les décideurs) savent pertinemment qu'ils peuvent avoir des chiffres fiables (bien plus que maintenant) et que c'est bien ce qui les embêtent, parce qu'ils sont très différents des chiffres pipeaux qu'ils balancent pour le moment. NIDLE...gros projet myspace avec 12 featurings du monde entier!!!!!
à‡a fait vraiment plaisir du bon son comme cela...à tester et en plus un TOUR DU MONDE GRATUIT en octobre 2008!!!!ENORMEEEEE! http://www.myspace.com/nidle SONIATIFA, le 01/01/1970 - 01:00 NIDLE...gros projet myspace avec 12 featurings du monde entier!!!!! à‡a fait vraiment plaisir du bon son comme cela...à tester et en plus un TOUR DU MONDE GRATUIT en octobre 2008!!!!ENORMEEEEE! http://www.myspace.com/nidle Et sinon t'a essayé chez Drucker ? Makhno, le 01/01/1970 - 01:00 C'est l'Amérique ! Pas de droit d'auteur, tout appartient aux producteurs donc pas de SACEM.ASCAP et BMI tu connais ? Makhno, le 01/01/1970 - 01:00 AvidaDollars, le 01/01/1970 - 01:00 C'est celaaaaa oui...... La très grande majorité respecte tellement les règles qu'on en est rendu à la licence globale....AvidaDollars, le 01/01/1970 - 01:00 Makhno, le 01/01/1970 - 01:00 C'est l'Amérique ! Pas de droit d'auteur, tout appartient aux producteurs donc pas de SACEM.ASCAP et BMI tu connais ? AvidaDollars, le 01/01/1970 - 01:00 Makhno, le 01/01/1970 - 01:00 AvidaDollars, le 01/01/1970 - 01:00 C'est celaaaaa oui...... La très grande majorité respecte tellement les règles qu'on en est rendu à la licence globale....Makhno, le 01/01/1970 - 01:00 AvidaDollars, le 01/01/1970 - 01:00 Makhno, le 01/01/1970 - 01:00 C'est l'Amérique ! Pas de droit d'auteur, tout appartient aux producteurs donc pas de SACEM.ASCAP et BMI tu connais ? The American Society of Composers, Authors and Publishers (ASCAP) is a non-profit performance rights organization that protects its members' musical copyrights by monitoring public performances of their music, whether via a broadcast or live performance, and compensating them accordingly.
Broadcast Music, Incorporated (BMI) is a US performing rights organization. It collects license fees on behalf of its songwriters, composers, and music publishers and distributes them as royalties to those members whose works have been performed. Kad>>"Avec une licence obligatoire comme la licence globale, les majors du disques n'auraient plus la possibilité légale de s'opposer à ce que des services proposent leur catalogue en téléchargement ou en streaming. La licence serait en effet accordée d'office à tous les services qui le souhaitent, en contrepartie de la taxe payée par les fournisseurs d'accès à Internet."
Tiens donc c'est clairement une "évolution" de la licence globale qui initialement autorisait uniquement les citoyens à diffuser la musique SANS contrepartie commerciale. Si on accorde le droit à tous de VENDRE (ou faire des bénéfs sur) la musique des majors sans autorisation ce n'est plus DU TOUT la même loi qu'il faut préparer ! Cependant je défend moi-même la thèse selon laquelle il faut accorder une "licence légale pour Web Radio". Une licence automatique qui permettrait a n'importe quelle Web Radio de diffuser la musique des majors en échange d'un reversement sur leur Chiffre d'Affaires qui serait nécéssairement publicitaire puisqu'il ne VENDERAIENT pas la musique des majors mais ne feraient que la diffuser. En un mot : la Licence Globale est morte avec DADVSI ! Vive la Licence Web Radio ! Mouais...
Honteux : aucune place pour les indés ou les autoproduits (sauf à passer par The Orchard, qui si ça se trouve ne signe même pas d'artistes non étatsuniens...), or, à ce que je sache, au niveau juridique, les droits d'auteurs (vous savez, ce truc sur lequel ils s'appuient pour justifier leur chasse au pirate, DADVSI et autres HADOPI) ne se limittent pas aux seuls artistes signés en major... Je pense qu'il faudrait que se crée une union entre tous les syndicats de producteurs indépendants au monde (comme l'UFPI en France), une union des artistes indés et autoproduits, et une union des sociétés d'auteurs (SACEM, GEMA, SIAE, STIM...) dont la majorité des adhérents ne travaillent pas pour les majors, pour ENSEMBLE faire valoir le droit de TOUS les artistes, et pas juste d'un "happy (?) few" sélectionné par je ne sais quel directeur art... euh directeur commercial à une juste rémunération. Le modèle de financement par la pub est un bon modèle, maintenant le numérique permet de l'étendre à tous les artistes, alors pourquoi - à part d'évident intérets des majors - limiter le système à ces dernières ? Exigeons une alliance public-artistes-indés-sociétés d'auteurs pour que le droit à une rémunération équitable, basée sur le financement par la publicité et non basé sur les sondages, soit un droit pour tous (autoproduits, indés et majors) dans la société 2.0
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