Crise de l'industrie musicale : les vrais chiffres

Guillaume Champeau - publié le Mardi 26 Août 2008 à 11h44 - posté dans Musique Numérique

L'industrie musicale est-elle réellement en crise ? Les derniers chiffres livrés par la Sacem américaine autorisent le doute. En dix ans, le chiffre d'affaires collecté au bénéfice des auteurs, compositeurs et éditeurs a presque doublé.

Cela fait 24 ans que la Broadcast Music Inc. (BMI) n'a pas annoncé de revenus en baisse, et ça ne sera pas encore pour cette année malgré la crise qui, officiellement en tout cas, secoue l'industrie musicale. Bien au contraire. La Sacem américaine annonce encore cette année un record de revenus, en dépassant dans son exercice 2008 la barre des 900 millions de dollars collectés, en hausse de 7,2 % par rapport à l'année précédente.

Après déduction des frais de gestion, les auteurs, compositeurs et éditeurs de musique représentés par la BMI vont percevoir 786 millions de dollars de droits d'auteur, ce qui est supérieur de 8 % à l'année précédente, anne qui avait elle-même établi un record dans les mêmes proportions.

Quelle industrie soit-disant en crise peut se vanter de voir son chiffre d'affaires progresser de près de 10 % chaque année ?

En dix ans, c'est-à-dire grosso modo depuis l'apparition du diabolique Napster détesté par les maisons de disques, la société de gestion collective a quasiment doublé les sommes collectées pour ses 375.000 adhérents.

Et la BMI n'est pas une exception. La Sacem britannique, la MCPS-PRS Alliance, montre elle aussi une forme spectaculaire. Entre 1997 et 2007, les sommes collectées par la société de gestion ont sans cesse progressé, passant de 392 millions de livres sterling à 562 millions.

En France, la Sacem n'affiche pas le même état de forme, mais ses revenus ont tout de même progresser en 2007, d'un léger 0,4 % à 759 millions d'euros. En 1998, la Sacem collectait 541 millions d'euros. La société de gestion collective souffre d'un dynamisme moins vibrant que ses cousines anglosaxonnes, pourtant au moins aussi exposées aux problématiques de piratage.

Alors, pourquoi ce décalage entre le discours alarmiste des maisons de disques, soutenu par des projets de loi plus liberticides les uns que les autres, et le réalité des chiffres bruts ?

En réalité, seuls les revenus de la musique enregistrée (les disques) baissent d'année en année. Mais tous les autres revenus, en particulier ceux liés aux licences d'exploitation pour la radiodiffusion et la télévision, explosent. Avec la multiplication des médias numériques (télévision par câble, par satellite, sites Internet, webradios...), il n'y a jamais eu autant de diffuseurs et donc de payeurs qu'aujourd'hui. La crise du disque est largement compensée par la croissance des nouveaux médias.

"Notre attitude favorable à la technologie et favorable aux entreprises a fait qu'il a été possible pour la BMI de voir notre chiffre d'affaires continuer à croître de plus de 7 % chaque année, en moyenne, ces dix dernières années", explique ainsi le président de la BMI, Del Bryant. La société de gestion américaine compte 6.500 clients issus des nouveaux médias, en hausse de 50 % sur un an (pardonnez du peu). Ces nouveaux médias comptent désormais pour 26 % des revenus de la BMI.

La BMI explique également qu'elle utilise les nouvelles technologies pour améliorer sans cesse la perception des relevés d'utilisation des oeuvres, avec plus de 9 milliards d'utilisations traitées dans sa dernière année. Cette informatisation des relevés lui a permis de baisses ses frais de gestion à 11,7 % des perceptions, un record historique. En France, la Sacem compte un peu moins de 15 % de frais de gestion.

Publié par Guillaume Champeau, le 26 Août 2008 à 11h44
 
 
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Commentaires à propos de «Crise de l'industrie musicale : les vrais chiffres»
 

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'HiP', le 01/01/1970 - 01:00
c'est quoi la FM ?

C'est un média 100% dédié à la pub
'ze_katt', le 01/01/1970 - 01:00
'Nioubi', le 01/01/1970 - 01:00
@Godvicien :

J'avoue que la frontière est mince et donc difficile à expliquer. Mais je voulais juste faire une sorte de distinction entre l'artiste en tant que profession (qu'il bosse pour lui ou une maison de disque, peu importe) et le citoyen qui s'essaie à l'art.
Une idée pour trancher?


Oh putaingggg.... c'est encore pire que ce que j'imaginais

A peine croyable...et les gens payent pour voir ça ? :D
Ils doivent entendre autre chose.
Petite rectif ..

La sacem gère le DE (Droits Execution) et le Phono( Ventes de disques par exemple)
LE BMI ne gère pas le Phono donc elle ne peut être affectée autant que la Sacem sur ce terrain ..

Donc La sacem comme la MCPS et BMI les perceptions sont en hausses en DE et non en baisse .

La Sacem Anglaise qui s'occupe du Phono c'est la PRS . Pour les US il me semble que c'est Harry Fox mais en aucun cas Le BMI et l'ASCAP..
"Moi si je perds mon job, ormis le chômage auquel je cotise, on ne prend d'argent aux nantis de ma société pour me payer mon chômage."

Désolé de te contredire, mais si. Ce ne sont pas tes cotisations qui font que tu touches le chômage, mais ceux des autres. Ton patron cotise ton chômage et ton collègue aussi. C'est le principe même de la solidarité inscrit dans nos gênes depuis la Libération et c'est le cas aussi de l'Assurance Maladie et de la Retraite.
Et oui, ce bon vieux socialisme a quelque chose de bons. Tout le monde en profite. Dingue !
...pour l'instant, en tout cas Salienco. Mais ceci est un autre débat. ;o)
'salienco', le 01/01/1970 - 01:00
"Moi si je perds mon job, ormis le chômage auquel je cotise, on ne prend d'argent aux nantis de ma société pour me payer mon chômage."

Désolé de te contredire, mais si. Ce ne sont pas tes cotisations qui font que tu touches le chômage, mais ceux des autres. Ton patron cotise ton chômage et ton collègue aussi. C'est le principe même de la solidarité inscrit dans nos gênes depuis la Libération et c'est le cas aussi de l'Assurance Maladie et de la Retraite.
Et oui, ce bon vieux socialisme a quelque chose de bons. Tout le monde en profite. Dingue !
Je suis curieuse de savoir comment ils s'y sont pris poour inscrire ca dans nos genes à la libération. :biggrinthumb:

C'est le principe même de l'assurance quelle qu'elle soit. Quand tu est indemnisé après une accident de voiture t'as pas l'impression que les nantis ont payé pour toi.
Je viens de jeter un coup d’œil sur les comptes de l’Adami ;qui sont moins nombreux que les Comptes de la Sacem,consultable sur le Net.

Je me rend compte que les droits de 2007 de l’Adami ont augmentée sur 1 an par rapport à 2006 de 14.3%(c’est leur propre chiffre !)

En 2002 le credit du compte artistes distribué etait de 23m€
En 2007 - - -- - - etait de 38m€

Soit en 5 ans une augmentation de 65% !!!
Et ils se plaignent!

ADAMI c'est la Société de gestion collective des droits des Artistes Interpretes
Sur le sujet des webradios, simple constat :

Pour lancer une webradio, une petite webradio associative entre potes pour partager sa passion, il faut :
- Payer le serveur (mettons 30 Euros chez OVH avec un Kimsufi)
- Payer la SACEM : 60 Euros HT par mois pour le contrat le plus petit proposé, soit environ 70 Euros TTC par mois.
- Payer la SCPP : 47 Euros par mois strict minimum envisageable : dans la pratique si on veut par exemple rajouter un stream bas-débit pour les 56k et un stream sur port 80 (pour les gens firewallés), il faut rajouter 16 Euros. Ce qui mène à 63 Euros pour la SCPP. Et encore, sous des conditions drastiques et nécessitant la mise en place de structures techniques compliquées, voire coûteuses.
- Payer la SPPF : à 120 Euros HT par an + 20 Euros HT par canal supplémentaire, on en arrive à 16 Euros TTC par mois.

Cela représente un total de 179 Euros par mois, dont 149 vont directement dans les frais "droits d'auteurs / droits des producteurs / droits voisins".

Tout cela concerne les webradios qui ne génèrent aucun bénéfice, et qu'elles fassent 5, 50, 500, ou 5000 auditeurs par tranche de 24h (au dela des 5000 il faut payer plus cher).

Evidemment, économiquement, ce n'est absolument pas viable. 150 Euros mensuels de frais de musique pour une structure à but non lucratif ne générant pas de bénéfices, ce n'est pas techniquement possible, sauf à avoir dans l'équipe un généreux mécène prêt à dépenser 1/6ème de son salaire (excusez du peu) dans le projet.


Par conséquent, il existe bien des contrats pour créer des petites webradios, mais ils ne sont pas utilisables : c'est tout simplement trop cher. Il faut monter une structure commerciale ou presque, ou générer des sous par un autre moyen.


Du coup, la plupart des webradios sont pirates et ne rapportent pas un centime aux auteurs ni aux éditeurs. Parce que 150 Euros par mois pour être écouté par une douzaine de potes, c'est juste pas possible.


La logique voudrait que les redevances réclamées pour les structures ne générant aucune recette et faisant peu d'audimat soient infinitésimales. Le barème SCPP par exemple, fixe trois barèmes, dont le moins cher, pour les "toutes petites webradios", correspond à celles qui font moins de 5000 auditeurs par jour. Mais 4500 auditeurs par jour, ce n'est pas une "toute petite webradio" : c'est déjà la grosse grosse webradio.
Une toute petite webradio, elle se bat pour avoir 100 auditeurs par jour, quand ce n'est pas pour en avoir 20 par jour.


Si, pour ces "minuscules webradios", la SACEM réclamait 10 Euros, la SCPP idem, et la SPFF 5 Euros, la chose deviendrait immédiatement plus intéressante : ce n'est pas n'importe quel individu qui lancerait une telle webradio, mais les équipes de passionnés qui ont un projet en tête comme on en voit pas mal sur le web pourraient survivre en restant légales : surtout, elles apporteraient de l'argent à l'industrie musicale.

En l'état actuel des choses, elles ont le choix entre être pirates ou mourir : dans les deux cas, pas un centime ne va dans les caisses de l'industrie musicale.

Le principe actuel de gestion financière des webradios n'est pas mauvais, mais les conditions financières pratiquées ne sont simplement pas viables pour les touts petits : seuls les gros peuvent survivre. Divisons les tarifs par 10 en gardant le même système et les petits pourront vivre en apportant leur contribution financière à l'industrie du disque.
En même temps c'est complètement logique que les revenus augmentent, car le nombre d'adhérents augmentent forcément...
'Anakri', le 01/01/1970 - 01:00
En même temps c'est complètement logique que les revenus augmentent, car le nombre d'adhérents augmentent forcément...

ca serait quand même à corréler avec la pyramide des répartitions de revenus qui fait qu'un très grand nombre ne reçois rien et qu'une minorité vis très bien de ce qu'elle reçois.
Comme quoi les graphiques / statistiques, on leur fait dire tout ce que l'on veut.
'shamankick', le 01/01/1970 - 01:00
L'Etat et l'europe arrosent largement bien les agriculteurs alors que ce sont les premiers a hurler contre les chomeurs (tous des feignants..)


Marrant le rapprochement culture et culture, si les paysans sont subventionnés c’est pour que les prix des denrées ne soit pas trop cher pour certain qui ne pourrait se les payer. Alors il pourrait en être de même pour la culture (celle qui nourrit l’esprit) .
merci prozac pour les infos

petite question prozac : si je met mon serveur dans un autre pays aurais-je les même sommes à payer ??


@bourgpat : pas faux
Le vrai soucie c'est qu'on essaye de défendre un système obsolète depuis maintenant 5-10ans a grand coup de lois et de million.
Quid de la recherche d'une solution ?
Pourquoi refuse t'ont de changer les m?urs ? pour l'enrichissement d'un petit nombre.
Le mur arrive saura t'on l'éviter ou allons nous déployer l'airbag a millions ( voir milliards .... ) ?

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