La Fédération Internationale de l’Industrie Phonographique (IFPI) annonce que l’année 2007 signe une nouvelle chute du chiffre d’affaires de l’industrie, avec 1,86 milliards d’albums vendus, ce qui inclue un album pour dix morceaux vendus à la carte sur iTunes et consorts. C’est un niveau qui ramène à celui des 1,8 milliards d’albums de 1986, et constitue une chute de moitié par rapport à l’année d’or de 1996 avec ses 3,4 milliards d’albums écoulés. En termes de revenus, les ventes ont généré 19,4 milliards de dollars en 2007, dont 15,9 milliards pour les revenus physiques (- 13 %) et 2,9 milliards pour les revenus numériques (+ 34 %).

Il y a deux façons d’analyser le retour au niveau des années 1980. La première, comme le fait l’IFPI, est de pleurer à regret sur un chiffre d’affaires qui ne semble plus vouloir s’arrêter de glisser vers les tréfonds des comptes bancaires. La seconde, plus optimiste, est de réaliser l’excellente nouvelle que constitue cette chute.

Alors que l’on nous répète à longueur d’année que l’industrie musicale est en crise et que la création est menacée, on réalise que c’est en fait une parenthèse de 20 ans qui se referme. Celle qui a vu la musique devenir une industrie de masse à la fin des années 1980. Une bulle créée par l’apparition du CD, un objet industriel froid et sans âme qui est le principal responsable de la crise que connaît aujourd’hui l’industrie. Si elles avaient su préserver l’attachement à l’objet que permettaient les grandes pochettes vinyles, pleines de couleurs et de détails, les maisons de disques auraient gardé un avantage concurrentiel déterminant sur le simple MP3 dématérialisé. Au contraire, le CD est devenu un objet banal, rarement joli, qui peut être substitué sans difficulté par un simple fichier.

La désindustrialisation de la musique est donc probablement la meilleure nouvelle qui puisse arriver à la musique. A condition qu’elle accepte de voir avec plus de modestie la valeur commerciale de la musique elle-même, et qu’elle voit donc son avenir davantage dans un retour au bien matériel que dans une monétisation irréaliste de la musique dématérialisée qui peut être clonée à l’infini et gratuitement par les consommateurs.

Dans tous les cas, les années 1980 et 1990 resteront une parenthèse dorée dans l’histoire commerciale de la musique.

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