L'entreprise Western Digital, spécialisée dans les disques durs, propose 19 milliards de dollars pour prendre le contrôle de SanDisk et de son savoir-faire dans le domaine de la mémoire flash.

C’est une opération gigantesque qui prouve que l’avenir du stockage informatique se trouve dans les produits à base de mémoire flash. En effet, Western Digital, dont le cœur de métier est la fabrication de disques durs, vient d’annoncer l’acquisition de SanDisk, une société dont la spécialité est justement de concevoir des supports équipés de ce type de mémoire. Montant de la transaction ? 19 milliards de dollars.

19 MILLIARDS DE DOLLARS

Pour ce projet, Western Digital troquera chaque action SanDisk contre un mélange de cash et de titres lui appartenant. Toutefois, le montage financier n’est pas encore définitivement fixé car il est lié à des facteurs extérieurs. En fait, Western Digital attend surtout de savoir si l’investissement prévu par la société chinoise Unisplendour (3,76 milliards de dollars) sera bien finalisé.

SanDisk et Western Digital sont deux sociétés qui sont très complémentaires sur le papier, avec chacun un domaine bien identifié. Les deux groupes espèrent d’ailleurs réaliser des synergies importantes (l’on parle de 500 millions de dollars par an), en mettant en commun leurs ressources. Il faudra néanmoins vérifier que cette synergie ne cache pas en fait une réduction du personnel qui ne dit pas son nom.

Le nouvel ensemble, s’il voit effectivement le jour, sera également un géant de la propriété industrielle : au total, il contrôlera plus de 15 000 brevets dans le monde (déjà obtenus ou en cours de validation). Western Digital précise en outre que le partenariat entre SanDisk et Toshiba via une coentreprise perdurera après l’acquisition, même si Western Digital et Toshiba sont rivaux dans les disques durs.

Carte flash SanDisk
CC Colin Campbell

L’ÉMERGENCE DU FLASH

L’opération de Western Digital rappelle celle menée en tout début d’année dernière par le groupe japonais Toshiba. Tout comme son rival américain, l’industriel nippon a voulu se développer en direction des produits à mémoire flash. Il a donc procédé au rachat de la société américaine OCZ pour en faire une filiale, profitant de ses difficultés pour ne dépenser que 35 millions de dollars dans l’opération.

Avec les manœuvres conduites par Toshiba et Western Digital, il apparaît que le marché de la mémoire flash passe progressivement sous le contrôle des géants des disques durs.

Aujourd’hui, ce secteur, qui a connu une forte concentration en l’espace de quinze ans, est dominé par trois gros acteurs : Western Digital, Seagate et Toshiba. Tous les autres, comme Fujitsu, Maxtor, Hitachi, Samsung, IBM ou HP, ont disparu ou ont vu leurs activités dans les disques durs être récupérées par la concurrence.

Cette situation n’est pas surprenante : ce type de matériel est concurrencé de plein fouet par le SSD. D’une part parce que le prix au gigaoctet s’est effondré, et d’autre part parce que cette technologie a des atouts indéniables : elle est silencieuse, ne subit pas de la fragmentation, a un temps d’accès très court et présente une meilleure vitesse de lecture / écriture. Pour le client, le choix est vite fait.

Dès lors, la montée en puissance du SSD constituait clairement une menace à terme pour les affaires de Western Digital, Seagate et Toshiba. Mais avec les acquisitions d’OCZ et de SanDisk, qui en appellent d’autres du même genre, les trois entreprises sont en train de passer à l’offensive pour garder ce marché en plein boom sous leur coupe. Et assurer ainsi leur avenir.

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