Pourra-t-on utiliser son smartphone Android pour valider son trajet dans les transports parisiens, bientôt ? C’est en tout cas ce qui est promis par les organismes en charge du sujet. Cette nouvelle étape vers la dématérialisation des tickets se repose sur la technologie HCE. Voici ce qu’il faut savoir dessus.

La numérisation des titres de transport parisien évolue à tout petit pas. Depuis des années maintenant, la RATP et Île-de-France Mobilités (IDFM) promettent que nos smartphones pourront remplacer nos cartes Navigo. Depuis, certains smartphones Samsung ont en effet pu profiter de cette fonctionnalité, tout comme les propriétaires de cartes SIM Orange ou Sosh équipées de la technologie NFC. Une innovation timide qui a seulement permis à quelques milliers d’utilisateurs et d’utilisatrices de se débarrasser de leur carte plastique.

Malheureusement, comme nous l’apprend un article du Parisien daté du 3 novembre, les nouvelles cartes SIM distribuées par Orange ne profitent plus de cette fonctionnalité NFC. Résultat, au lieu de se démocratiser, l’offre de transport dématérialisée s’est appauvrie. Mais tout n’est pas noir pour autant, puisque selon IDFM une autre solution logicielle arrivera à partir de la mi-2022 : l’utilisation de la technologie HCE.

C’est quoi, la technologie HCE ?

Pour faire simple, la technologie HCE est une brique logicielle qui permet d’émuler la présence d’une carte électronique sur son smartphone. Le nom vient d’ailleurs de là, puisque l’acronyme HCE signifie Hosted Card Emulation (soit « émulation de carte hôte »). Un smartphone compatible HCE peut donc se faire passer pour une carte bancaire ou une carte de transport lorsqu’il est posé sur un terminal de contrôle. En fonctionnant de concert avec la technologie NFC (pour Near Field Communication, soit communication en champ proche), le HCE peut donc transformer votre téléphone en ticket ou en carte Navigo dématérialisée.

Née en 2012, cette technologie a été implémentée sur Android en 2014 dans la version 4.4 du système (après avoir commencé sa vie sur CyanogenMod, un dérivé d’Android populaire de l’époque). Jusque là, les smartphones qui souhaitaient communiquer avec un terminal de paiement ou de validation devaient embarquer une puce NFC dotée d’un secure element, un composant dédié au stockage des cartes virtuelles. Le HCE fait fi de cette exigence en le remplaçant le secure element par une brique logicielle. Cela permet selon Google « à toute application Android d’émuler une carte et de communiquer directement avec le lecteur NFC. » Dans le cas des titres de transport parisien, cela signifie que la plupart des téléphones Android dotés d’une puce NFC pourront se transformer en carte Navigo. Point de salut pour les iPhone par contre, puisque Apple n’a pas implémenté le HCE dans ses téléphones.

À gauche le fonctionnement d’une carte virtuelle avec un secure element, à gauche le fonctionnement simplifié avec le HCE // Source : Google

L’avantage de la technologie HCE est donc qu’elle est facilement implémentable, qu’elle n’exige pas de brique matérielle dédiée (à part la puce NFC qui agit en tant que point de contact) et qu’elle ne dépend pas de la coopération d’un constructeur ou d’un opérateur pour être déployée.

Pour des questions de sécurité, il est aussi possible d’utiliser un mécanisme de tokenization avec le HCE. Cette fonction va en quelque sorte générer des numéros de carte « jetables » liés à votre compte. Cela permet de protéger vos données, puisque les informations personnelles de votre carte ne seront jamais transmises en clair.

Enfin, le HCE peut aussi fonctionner hors-ligne, ce qui peut-être pratique dans les couloirs de métro parisien.

La lente dématérialisation du réseau

« L’usage de la technologie HCE, implantée avec une simple mise à jour, permettra de s’affranchir des contraintes matérielles d’une carte SIM, d’un opérateur ou d’un modèle particulier », a précisé IDFM au Parisien. Malheureusement, les tickets dématérialisés concerneront, en premier lieu, exclusivement le circuit de transport de Paris intra-muros.

Les tickets « origine – destination » qui permettent d’aller de banlieue à Paris (ou inversement) resteront en format carton « tant que l’ensemble des valideurs du réseau SNCF ne seront pas remplacés » précise Le Parisien.

Sur le papier, utiliser le HCE est une idée intéressante qui a le potentiel de démocratiser le billet dématérialisé. Cependant, les organismes en charge des transports parisiens évoluent lentement. En 2018, on nous promettait déjà l’arrêt des tickets papier à l’horizon 2021. Et si le projet a bien avancé avec l’achat de ticket par SMS ou via une application, on est encore loin d’un smartphone qui offrirait la même flexibilité qu’un pass Navigo.

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