Ryan ToysReview est considéré comme le vidéaste qui gagnerait le plus d'argent sur YouTube, alors qu'il n'a que 7 ans. Il fait aujourd'hui l'objet d'une plainte.

Ryan, de la chaîne Ryan ToysReview, n’a que 7 ans. En 2018, il était pourtant le youtubeur qui aurait gagné le plus d’argent grâce à la plateforme, selon Forbes.

S’il a dégagé autant de revenus (estimés à 22 millions de dollars soit environ 20 millions d’euros), c’est grâce à ses revenus publicitaires mais aussi, et surtout, grâce aux partenariats. Selon l’organisation indépendante Truth in advertising, ces derniers ne seraient pas toujours clairement identifiables. Elle a déposé une plainte auprès de l’administration de régulation du commerce américaine, la FTC, à ce sujet, a repéré Tubefilter ce jeudi 5 septembre.

Truth in advertising détaille sa démarche dans un communiqué de presse. Ses membres ont étudié pendant plusieurs mois les vidéos du jeune youtubeur qui teste des jouets et montre son quotidien. Selon eux, les spectateurs ne seraient pas toujours en mesure de « faire la différence entre une publicité et un contenu classique » sur la chaîne de Ryan ToysReview.

Des partenariats pas toujours clairs ?

«  Chaque lien financier entre un publicitaire (en l’occurrence Ryan ToysReview) et le vendeur d’un produit devrait être clairement et visiblement indiqué, de telle manière à ce qu’il soit facile pour l’audience visée de le comprendre », précise l’organisation en se basant sur des règles édictées par la FTC elle-même.

Dans une vidéo dans laquelle il déballe des jouets Walmart, Ryan ou sa mère, que l’on entend derrière la caméra, ne précisent ainsi pas oralement qu’il s’agit d’un partenariat avec la marque. Il faut avoir lu la barre d’informations pour le comprendre… à condition de savoir lire et de connaître le terme « sponsorisé ». Un adulte le remarquera presque immédiatement en voyant les paquets cadeaux avec le sigle de l’entreprise. Un enfant n’en sera peut-être pas autant conscient.

Une vidéo sponsorisée. // Source : Capture d’écran YouTube / Ryan ToysReview

Pour Truth in advertising, le fait de ne pas indiquer clairement lorsqu’il s’agit d’un partenariat est d’autant plus problématique que l’audience de Ryan Toys Review est jeune. Lorsque l’on regarde les commentaires publiés sous ses vidéos, on se rend bien compte que beaucoup sont publiés par des enfants.

Entre janvier 2019 et fin juillet, Truth in advertising indique que 90 % des vidéos de Ryan ToysReview contenaient au moins une référence à un produit destiné aux enfants de moins de 5 ans (184 vidéos sur 211). Qu’elles soient indiquées comme sponsorisées ou non, elles sont, selon l’organisation, des publicités qui ne disent pas leur nom. « Des études montrent qu’un enfant de moins de 5 ans n’est pas en mesure de distinguer une publicité d’un autre contenu à la télévision », est-il ajouté dans le communiqué.

La chaîne violerait les règlements établis par la FTC et donc la loi selon Truth in advertising. En France comme aux États-Unis, celle-ci stipule que les partenariats des vidéastes ou instagrammeurs par exemple doivent être toujours mentionnés.

La FTC sévit au sujet des enfants

Les chaînes destinées aux enfants représentent un véritable business, souvent tabou. Elles comptent des millions d’abonnés et contiennent surtout des vidéos type tests ou déballage d’objets. Ce sont des contenus qui peuvent très facilement faire l’objet d’un partenariat — alors qu’une vidéo humoristique, par exemple, sera moins facile à monétiser. Ryan a des contrats avec de grosses marques comme Nickelodeon ou comme évoqué plus haut, la chaîne de supermarchés Walmart. Ryan ou ses parents n’ont pour le moment pas réagi à cette annonce.

Quelques heures seulement avant l’annonce de la plainte contre le vidéaste, YouTube a écopé d’une amende record infligée par la FTC. La plateforme devra payer 150 millions d’euros pour avoir mal protégé les données personnelles des utilisateurs mineurs. La FTC a soulevé l’hypocrisie de YouTube dans cette affaire. Le site est en théorie interdit aux moins de 13 ans et en conséquence, l’entreprise refuse de mettre en place certaines protections vis-à-vis des jeunes enfants. Pourtant, elle se vante régulièrement d’avoir un public jeune, notamment auprès des publicitaires qui recherchent ce type d’audiences.

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