Fermé en 2016, le site KickAss Torrents a depuis été remplacé par de nombreux clones. Quant à son fondateur, il est censé être extradé aux USA. Mais le dossier n'avance pas.

Kim Dotcom n’est pas la seule personne à risquer l’extradition vers les États-Unis pour une affaire de téléchargement illicite. Alors que le fondateur de MegaUpload met tout en œuvre depuis sept ans pour éviter d’avoir à quitter le territoire néo-zélandais, il y a un autre accusé qui pourrait aussi être envoyé de force de l’autre côté de l’Atlantique. Mais comme avec Kim Dotcom, le dossier traine.

drapeau usa états-unis
Les USA visent aussi l’extradition du propriété supposé de KickAss Torrents. // Source : Steve Harwood

Voilà en effet plus de deux ans qu’un tribunal polonais a approuvé en première instance le transfert aux USA de l’Ukrainien Artem Vaulin. Or, depuis mars 2017, rien ne s’est passé. C’est ce que confirme l’équipe juridique chargée de la défense de l’intéressé à nos confrères de TorrentFreak. Aucune étape significative n’a été franchie. Un rapport d’un procureur américain confirme la paralysie de l’affaire.

Les choses pourraient toutefois bouger d’ici le mois d’octobre. Une audience consacrée à l’état d’avancement de l’affaire est prévue pour cet automne. Elle devait initialement avoir lieu mi-juillet, mais elle a été décalée. Il n’est pas exclu, d’ailleurs, qu’elle soit à nouveau reportée à une date ultérieure. En attendant, Artem Vaulin est maintenu en liberté sous caution en attendant la suite des évènements.

Des clones ont pris la suite de l’ancienne gloire du P2P

Outre-Atlantique, Artem Vaulin est considéré comme l’éminence grise de l’ancien site de téléchargement illicite KickAss Torrents, dont les activités ont été brutalement stoppées à l’été 2016. À l’époque, les USA accusaient cette plateforme d’être « le site de partage illicite de fichiers le plus visité  ». Le site était visité chaque mois par 50 millions de visiteurs, selon les autorités.

La nature ayant horreur du vide, la disparition de KickAss Torrents a donné lieu à une série de clones reprenant plus ou moins fidèlement le nom du site (les adresses originales ayant été saisies, il n’est plus possible de les utiliser) et son design. Encore aujourd’hui, plusieurs de ces successeurs sont fonctionnels et permettent de télécharger des oeuvres en toute illégalité, via le protocole BitTorrent.

Des fichiers téléchargés via un client compatible avec le protocole BitTorrent.

KickAss Torrents a vu le jour en 2008 et s’est imposé au fil des mois comme l’un des plus importants sites de liens BitTorrent. Reconnaissance ultime, si l’on peut dire, son nom a figuré dans les listes noires des pires sites illicites qui sont établies par la MPAA et la RIAA, deux associations américaines en charge de défendre les intérêts des studios de cinéma et des labels de musique.

Avant l’opération qui a mis fin à ses activités, et poussé mécaniquement les internautes à aller voir ailleurs, KickAss Torrents était parfois confronté au déclassement de ses résultats sur Google et au filtrage des opérateurs — quand la justice leur ordonnait de le faire. Pour cela, KickAss Torrents a parfois renouvelé son nom de domaine et procédé à diverses modifications techniques.

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