La Poste, géant de la santé connectée de demain : c'est le constat que l'on peut faire au CES de 2018. L'application La Poste eSanté n'a en tout cas rien d'un gadget.

Quand on pense à notre bonne vieille Poste, l’innovation numérique et la santé n’arrivent pas forcément tout de suite à l’esprit. Et pourtant, on nous rassure d’emblée quand on entre sur le stand de La Poste au CES : « On ne le sait pas, mais nous sommes le premier hébergeur de données médicales en France  ». Ce serait donc vrai. La Poste aurait eu l’excellente idée de se diversifier et de proposer des services bien au-delà du transport de lettres et de colis. Dans les grandes salles de conférence du Venetian, elle avait une demi-heure pour nous le prouver.

David de Amorim, directeur de l’innovation pour Docapost — branche professionnelle du service postal –, nous reçoit pour nous parler de l’une des innovations du groupe les plus ambitieuses de ces dernières années. L’application dédiée à la santé de la Poste, après une période d’incubation, va faire s’ouvrir au public. Loin d’un gadget pour compter vos pas, cette application est médicale, approuvée par tous les organismes de santé et fonctionne avec les dispositifs médicaux des plus grands distributeurs. Elle a été expérimentée dans plusieurs hôpitaux et cliniques — Bichât à Paris par exemple — et se présente comme un carnet de santé 2.0.

Carnet de santé moderne

Derrière ce terme parfaitement démodé, on trouve une idée extrêmement intéressante et un concept qui commence à mûrir. L’idée, c’est de permettre à un patient d’être suivi à distance par son médecin traitant sans avoir à rester des jours en observation à l’hôpital ou à se déplacer pour le moindre bobo. Le concept, c’est la santé dite préventive qui, grâce aux objets connectés notamment, peut permettre d’agir avant qu’un problème se déclare ou qu’une douleur apparaisse. On change ainsi tout un paradigme de soin : au lieu de se présenter chez le médecin après coup, on surveille régulièrement sa santé et le médecin peut avoir accès à ces données.

Bien entendu, cette application sera d’abord utile aux personnes qui ne sont pas en bonne santé. La Poste estime qu’elle peut être particulièrement efficace pour suivre des patients souffrant de maladies chroniques ou des personnes venant tout juste d’être opérées. Contrairement à une application qui serait non agréée — au hasard celle d’un traqueur d’activité quelconque –, l’application de La Poste fonctionne avec des dispositifs médicaux et sait classifier les sources d’information pour le médecin. Si vous entrez votre tension à la main, le médecin saura qu’il s’agit d’un ajout manuel à votre fiche. Si un dispositif médical agréé prend votre tension et transmet les données à l’application, le résultat sera certifié.

Pour les médecins, cela rend le suivi d’un patient particulièrement fiable. Pour les hôpitaux, les coûts sont divisés : entre un patient en observation dans une chambre et un patient chez lui qui envoie ses relevés régulièrement à son médecin traitant, le calcul est vite fait. Pour les patients, qui ont un contrôle total sur les informations qu’ils souhaitent partager à des tiers, c’est un moyen de ne pas avoir à subir l’ambiance hôpital qui peut vite taper sur le moral tout en gardant l’assurance d’un suivi professionnel. Grâce à une messagerie intégrée à l’app, le médecin peut d’ailleurs directement renseigner son patient à distance.

Grâce à cette avance, une homologation précieuse et des partenariats avec de grands hôpitaux, La Poste prend une avance certaine en France dans le domaine de la santé connectée et des améliorations concrètes qu’elle peut amener au quotidien — bien au-delà des applications liées au bien-être.

Vous pouvez déjà télécharger l’application La Poste eSanté sur iOS et Android.

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