Les itinéraires intelligents en temps réel de Waze, vous ne voyez pas le problème ? Demandez aux habitants des petites villes autrefois tranquilles vers lesquelles les flux de conducteurs sont déplacés...

Il est aisé de penser que les applications facilitant la mobilité sont une aubaine pour tout le monde. Waze et ses trajets intelligents en temps réel ont par exemple changé le quotidien d’un paquet d’automobilistes. Quand l’application détecte en effet un embouteillage ou un ralentissement sur un trajet, elle est capable de proposer en temps réel une alternative parfois loufoque, qui fera emprunter de petites rues plutôt que des autoroutes ou des nationales, mais qui s’avère très souvent gagnante in fine.

Cela dit, le bonheur des wazeurs ne fait pas le bonheur de tous. Imaginez que, à peu près tous les jours ouvrés à la même heure, votre petite ville autrefois tranquille et à quelques centaines de mètres d’une autoroute très empruntée soit envahie par des voitures. Le coupable est bien entendu Waze qui, comme une horloge bien réglée, va rediriger ses utilisateurs vers les petites rues calmes et vides quand l’autoroute se retrouve bouchée — typiquement le matin et le soir quand les conducteurs se rendent au travail.

C’est l’amer constat des résidents de la petite ville de Leonia, dans le New Jersey américain. Une décision radicale a alors été prise : de 6 heures à 10 heures du matin et de 16 h à 21 h pour le soir, 60 rues seront fermées et uniquement accessibles aux résidents. La ville avait en effet un sérieux problème dans la mesure où le trafic généré par les applications de navigation intelligentes allait parfois jusqu’à empêcher les résidents de sortir au moment des pics de circulation. Leonia a commencé par fermer les quelques routes les plus empruntées, mais, malin, Waze a tout simplement redirigé les 250 000 conducteurs qui utilisent son app tous les jours vers d’autres artères de la ville, déplaçant le problème sans le résoudre.

Cette décision de fermeture des routes va amener son lot de problèmes (comment, par exemple, laisser passer quelqu’un qui a une bonne raison de venir à Leonia mais n’est pas résident ?), mais ils seront peut-être plus simples à gérer que ceux engendrés par le détournement des flux de véhicules des autoroutes vers les petites rues. Quoi qu’il en soit, l’article du New York Times estime que le problème de ces itinéraires bis générés par des algorithmes va être de plus en plus présent… et gêner de plus en plus les villes qui se trouvent sur des itinéraires populaires.

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