Commercialisée au tarif de 899 euros, l’Apple Watch Ultra 4 est la montre connectée la plus complète chez Apple en 2026-2027. Ses nouveautés ne sont pas très nombreuses, mais les changements effectués sous le capot donnent effectivement l’impression d’utiliser une montre plus moderne (rapidité, capteurs, batterie…). Après deux semaines d’utilisation permanente, sauf sous la douche, voici mon verdict.

Nouvelle rentrée, nouvelle Apple Watch ! Comme tous les ans, Apple met à jour sa montre connectée en septembre. Mais 2026 semble assez avare en nouveautés : l’Apple Watch Ultra 4 ressemble trait pour trait à l’Ultra 3 et la Series 12 a tout d’une Series 11.

La bonne nouvelle est qu’il ne faut pas s’arrêter au design : les mises à jour de 2026 sont peut-être les plus importantes depuis longtemps, notamment grâce à une nouvelle puce qui offre des possibilités inédites pour le produit. Il est fort probable que les futures mises à jour de watchOS débloqueront des nouveautés exclusives sur les Watch Ultra 4 et Series 12, les seules capables de supporter des fonctions qui nécessitent une analyse constante de plusieurs flux de données.

Que vaut l’Apple Watch Ultra 4 ? J’ai testé la montre haut de gamme d’Apple pendant deux semaines, le temps de laisser ses algorithmes s’étalonner à mes habitudes. Après 11 ans avec une Apple Watch au poignet, voici mon verdict honnête. Ce test est aussi valable pour l’Apple Watch Series 12 qui partage les mêmes nouveautés.

Notre test de l’Apple Watch Ultra 4 en vidéo

Une impression de rapidité permanente : la puce S11 est la vraie nouveauté

Depuis plusieurs générations, les puces de l’Apple Watch changent de numéro sans vraiment changer à l’intérieur. La S9 de 2023 avait marqué une vraie évolution, puis Apple l’a rebaptisée S10 en 2024 (avec un nouveau design) et l’a réutilisée en 2025 sans même changer son nom.

Puce S11.
Puce S11. // Source : Apple

La S11 est la première nouvelle puce pour Apple Watch depuis trois ans… et Apple ne se contente pas d’une petite mise à jour. Son CPU, son GPU et son Neural Engine sont dérivés de l’A20 Pro des iPhone 18 Pro, avec beaucoup moins de cœurs (deux cœurs d’efficacité, un seul cœur graphique et un Neural Engine à quatre cœurs), ce qui est déjà amplement suffisant pour une montre connectée. Apple a aussi ajouté des coprocesseurs en charge des tâches de fond ou de l’écoute audio, qui permettent de ne pas solliciter le système principal pour rien. Bref, on est sur un vrai rafraîchissement du cerveau de l’Apple Watch.

Le résultat est à la hauteur de la fiche technique. Si nous n’avons pas fait de benchmark de l’Apple Watch Ultra 4 (on ne peut pas et ça n’aurait aucun sens), la différence saute immédiatement aux yeux. L’interface est beaucoup plus réactive, les applications s’ouvrent sans latence, les réglages changent immédiatement et l’accès aux données sport/santé ne nécessite plus de patienter quelques secondes.

Apple disait avoir réécrit entièrement watchOS 27 pour se préparer à des calculs plus rapides, on sait désormais pourquoi : la puce S11 fait de l’Apple Watch un mini-iPhone. Et on peut d’ores et déjà être certains qu’Apple profitera de ce surplus de puissance pour tester de nouvelles choses avec watchOS 28 et watchOS 29.

L'Apple Watch Ultra 4 et son nouveau cadran IA qui affiche la bonne information au bon moment (et qui marche très bien). // Source : Numerama
L’Apple Watch Ultra 4 et son nouveau cadran IA qui affiche la bonne information au bon moment (et qui marche très bien). // Source : Numerama

Une autonomie facilement au-dessus des 2 jours, nuit et sport compris

Autre avantage de cette nouvelle puce gravée en 2 nm : avec l’Apple Watch Ultra 3, les deux jours d’autonomie étaient possibles, mais n’étaient pas toujours accessibles après une journée avec beaucoup de sport. Il fallait souvent recharger un peu avant la deuxième nuit.

Avec l’Ultra 4 pendant 2 semaines, j’ai pu effectuer plusieurs cycles de deux jours sans jamais charger la montre, à chaque fois avec deux heures d’activité physique enregistrée quotidiennement (ce qui consomme plus). C’est d’autant plus impressionnant que l’Apple Watch enregistre plus de données, que l’on dort avec et que l’écran est toujours allumé.

Au dos, l'Apple Watch Ultra 4 a un nouveau capteur bien plus grand. // Source : Numerama
Au dos, l’Apple Watch Ultra 4 a un nouveau capteur bien plus grand. // Source : Numerama

Cette autonomie en hausse est à elle seule une bonne raison d’acheter l’Apple Watch Ultra qui, avouons-le, n’est pas le plus beau des produits Apple. Mais comme l’autonomie est le critère numéro 1 pour les personnes qui utilisent une montre pour suivre leur santé et leur activité physique : nous sommes heureux de voir Apple continuer de peaufiner cet aspect malgré son envie d’offrir toujours plus de puissance. Notons aussi que le nouveau chargeur de 10 W permet de charger plus vite. On récupère environ 50 % de batterie en se préparant le matin (douche, brossage de dents et habillage) pendant 15 minutes.

Le rythme cardiaque devient instantané, une première pour l’Apple Watch

L’autre nouveauté matérielle se trouve au dos. Apple a entièrement redessiné son capteur. Il y a de nouvelles électrodes pour l’ECG, des photodiodes disposées en anneau, des LED vertes plus grandes… Résultat, l’Apple Watch mesure désormais le rythme cardiaque toutes les cinq secondes, toute la journée, y compris en mouvement, soit 60 fois plus souvent qu’avant (la mesure se faisait toutes les cinq minutes, et seulement au repos). Un nouveau comportement qui se constate en soulevant la montre sur son poignet : le point vert clignote tout le temps, si bien qu’Apple propose un réglage pour le désactiver au cinéma.

Le suivi dy rythme cardiaque est parfaitement intégré à watchOS.
Le suivi du rythme cardiaque est parfaitement intégré à watchOS. // Source : Numerama

Grâce à ce suivi continu, on peut désormais afficher son rythme cardiaque à côté de l’heure. Et quand on ouvre l’app Fréquence cardiaque, une nouvelle interface s’affiche instantanément, avec une animation de cœur synchronisée avec ses vrais battements. Apple revendique le capteur le plus précis du marché devant Garmin, Samsung, Google, Huawei, Oura et Whoop. Ce n’est pas une raison de changer à part entière, mais c’est tout de même un point central. Apple revoit aussi son podomètre, désormais beaucoup plus précis.

L’autre nouveauté est la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC), qu’Apple mettait jusqu’ici peu en avant et qui passe désormais au premier plan. Elle est mesurée toutes les cinq minutes au repos au lieu de toutes les deux heures et se décline en deux variantes : une pour le stress et la fatigue au quotidien, l’autre pour la santé cardiovasculaire. Difficile de ne pas y voir une réponse à Whoop et Bevel, qui ont fait de cette donnée l’indice ultime de récupération. On note au passage un drôle de choix : l’app Signes vitaux remplace désormais la durée de sommeil par la VFC. J’aurais préféré un sixième indicateur plutôt qu’un remplacement, la durée du sommeil est une métrique qui change souvent et qui est plus facile à comprendre pour le commun des mortels.

La HRV est mise à l'honneur pour la première fois sur Apple Watch. Elle remplace le sommeil dans les Signes vitaux.
La VFC est mise à l’honneur pour la première fois sur Apple Watch. Elle remplace le sommeil dans les Signes vitaux. // Source : Numerama

« Indice de préparation » : une nouvelle application qui ne sert pas encore à grand-chose

Autre nouveauté santé : l’application Indice de préparation, ou Readiness en anglais. C’est l’une des raisons pour lesquelles je publie ce test après deux semaines : il faut sept nuits d’affilée avec la montre pour obtenir un premier score dans la nouvelle application de récupération d’Apple. Le principe : à partir de l’activité récente, du sommeil et des signes vitaux nocturnes, la montre attribue une note de 0 à 10, assortie d’une catégorie (récupérer, doser l’effort, prêt, à fond), censée dire à quel point on est prêt à faire du sport ou à affronter sa journée. La note s’ajuste pendant la journée : plus on travaille, plus elle descend.

Après sept jours, l’attente n’en valait pas la peine. Un 7 sur 10 sans commentaires n’a aucun intérêt : Bevel et Whoop font mieux avec des commentaires détaillés. On aimerait savoir quels sports sont recommandés plutôt qu’un simple chiffre. Apple doit encore muscler son jeu sur le coaching.

7 jours d'attente pour un score en plein écran.
7 jours d’attente pour un score en plein écran. // Source : Apple

Vivement la nouvelle application Santé, qui reste un cran en dessous de Bevel et Whoop

Justement, parlons du coaching santé de l’Apple Watch. La montre d’Apple est un sacré paradoxe : elle est probablement le meilleur capteur de santé qu’on puisse porter au poignet, mais ses données alimentent des applications Apple qui les exploitent mal, voire ne les exploitent pas du tout.

Je n’ai jamais autant aimé mon Apple Watch que depuis que j’ai découvert Bevel, une application tierce qui se branche sur Apple Santé et propose des scores d’effort, de récupération et de sommeil, du suivi de la musculation, et un coach dopé à l’IA à qui l’on peut demander de générer des séances et un vrai historique de son activité sportive. Bevel ne fabrique aucune donnée : son concept est de faire ce qu’Apple ne fait pas.

L'interface de Bevel avec les données d'une Apple Watch et le chatbot à droite.
L’interface de Bevel avec les données d’une Apple Watch et le chatbot à droite. // Source : Numerama

Avec l’Apple Watch Ultra 4 sous watchOS 27.0, Bevel reste indispensable pour un suivi sportif avancé. Rien de ce que propose Apple ne permet de se passer de l’application.

Avec iOS 27.3, probablement en décembre, Apple promet d’en faire plus avec une nouvelle application Santé repensée autour d’Apple Intelligence et d’un tableau de bord plus complet, qui ne se contente plus d’empiler des données sans analyse. J’ai installé la bêta d’iOS 27.2 sur un iPhone pour l’essayer et, si je ne peux que saluer son nouveau design, je ne suis pas franchement rassuré. Il y a de nouveaux indicateurs comme l’âge corporel (qui compare le fonctionnement de votre corps à votre âge réel), une analyse de la journée en page d’accueil, mais Apple ne va pas beaucoup plus loin…

Apple Santé manque cruellement de conseils personnalisés, de l’intégration de Siri AI aux données santé ou d’un meilleur gestionnaire des activités du jour. L’application Forme, qui liste ce que l’on fait, reste beaucoup trop basique en 2026 et ne permet pas de décortiquer son activité et l’impact sur son corps.

La nouvelle application Santé qui devrait arriver dans iOS 27.3 (et qui est en test dans iOS 27.2 bêta). // Source : Numerama
La nouvelle application Santé qui devrait arriver dans iOS 27.3 (et qui est en test dans iOS 27.2 bêta). // Source : Numerama

Autre déception : cette nouvelle application Santé devrait arriver uniquement aux États-Unis, au moins au lancement. Et ce n’est pas l’Union européenne qui est en cause, mais une question de traduction et d’adaptation aux différents marchés locaux. Il suffit de passer son iPhone en anglais pour la débloquer, ce qui semble assez incompréhensible vu le retard d’Apple sur le coaching santé.

Plein de nouveautés logicielles au destin flou en Europe

Lors de sa keynote de septembre, Apple a annoncé plusieurs fonctions surprenantes qui transforment l’Apple Watch en assistant à l’écoute de notre quotidien. Live Rewind permet, d’un double clic sur la Digital Crown, de retrouver les 15 dernières secondes de ce qui vient d’être dit. Siri Recap génère des résumés des conversations de la journée… Ces fonctions s’appuient sur le micro de la montre et un traitement sécurisé dans la puce S11… mais vont assurément créer des débats sur la vie privée quand elles seront disponibles.

En France, le débat restera lointain. L’Europe risque d’être privée de ces fonctions pendant très longtemps, comme elle est déjà privée de Siri AI sur watchOS 27. Seules la reconnaissance des sons (sirènes, sonnette, bébé qui pleure) et la détection automatique de la musique avec Shazam, qui ne dépendent pas de Siri, sont disponibles chez nous.

Le verdict

En apparence, l’Apple Watch Ultra 4 n’est pas une révolution. Mais techniquement, elle est peut-être la plus grande évolution de la gamme depuis longtemps. Avec sa nouvelle puce S11, Apple rend possible un suivi du rythme cardiaque en continu, ouvre la porte à de nombreuses fonctionnalités (notamment en permettant l’analyse de son sans consommer trop de batterie) et booste l’autonomie au-dessus des deux jours y compris pour les plus sportifs. Pour qui porte son Apple Watch en permanence, c’est exactement ce qu’il fallait améliorer. Le vrai problème de l’Apple Watch Ultra 4 est logiciel. Apple fabrique probablement le meilleur capteur de santé qu’on puisse porter au poignet, mais ses propres applications en font trop peu. L’Indice de préparation se contente d’un chiffre, la nouvelle application Santé n’arrivera pas en France avant, au mieux, 2027. Et même avec elle, le coaching sportif et le suivi de la santé sont beaucoup trop limités par rapport à ce qu’offre la concurrence. On ne peut que recommander aux porteurs d’Apple Watch d’installer des logiciels comme Bevel pour exploiter vraiment leurs données, au risque de porter le traceur le plus évolué du marché pour simplement regarder des courbes. Reste une réalité : l’Apple Watch Ultra 4, comme l’Ultra 3 avant elle, est la montre Apple la plus capable. Et peut-être la montre connectée la plus capable tout court.

Où trouver les Apple Watch Ultra 4 et Series 12 au meilleur prix ?

Ce test s’applique aussi à l’Apple Watch Series 12, qui partage toutes les nouveautés de l’Ultra 4 (puce S11, nouveau capteur, VFC…), avec logiquement un design différent et un peu moins d’autonomie. Elle devient la plus fine des Apple Watch, à 9,7 mm, et gagne un verre plus résistant aux rayures sur les modèles en aluminium. Seul reproche : ses bordures d’écran, qui s’épaississent pour la deuxième année consécutive.

L’Apple Watch Ultra 4 est vendue 899 euros. L’Apple Watch Series 12 démarre à 449 euros en aluminium, et existe aussi en titane et, pour la première fois depuis longtemps, en céramique.

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