Dans mon essai de la Coros Nomad, je vous disais de passer directement sur une Apex 4 pour faire de l’escalade J’ai tenu parole : j’ai testé l’Apex 4. Voici pourquoi elle est, à mon sens, la meilleure montre pour grimper aujourd’hui.

En guise d’intro et pour celles et ceux qui n’auraient pas lu le premier test, reprenons là où je m’étais arrêté. Après plusieurs mois à grimper avec la Coros Nomad, j’étais arrivé à une conclusion aussi enthousiaste que frustrante : Coros a construit le meilleur outil logiciel d’escalade que j’aie jamais testé, et l’a glissé dans une montre trop fragile pour les disciplines outdoors un peu trop proches des cailloux. Ma reco était simple : gardez le logiciel, changez de boîtier, prenez une Apex.

Le logiciel, toujours cette masterclass

Commençons par ce qui ne bouge pas (ou qui bouge en mieux) : le Coros Training Hub reste ce que j’ai vu de mieux en matière de dashboard sportif. Vous rentrez d’une séance, tout est là – charge d’entraînement, niveau de forme, zones de fréquence cardiaque, état de récupération – présenté avec une clarté qui respire. Le dashboard fait l’affaire pour les pressés, le Training Hub donne accès à toutes les données précises et exportables pour les autres.

Une séance de bloc sur le Coros Training Hub // Source : Julien Cadot pour Numerama
Une séance de bloc sur le Coros Training Hub // Source : Julien Cadot pour Numerama

Pour l’escalade, c’est un vrai plaisir, parce que la saisie sur la montre comprend parfaitement les besoins de la discipline. Sur une grande voie, vous lancez l’activité au moment de l’approche : la montre enregistre la rando jusqu’au pied du mur, puis bascule sur la partie escalade.

À chaque relais, ou quand vous y pensez, vous logguez la longueur en un tap avec sa cotation. Au sommet, elle passe en phase descente et enregistre les rappels puis le retour au parking. La sortie est capturée du début à la fin, avec une trace GPS propre, visible en simili-3D dans l’app. On est au niveau des meilleures apps de la Watch Ultra, Redpoint en tête, avec un net avantage côté données : aucune aberration de dénivelé et un superbe rendu satellite.

En couenne, intérieur comme extérieur, le mode se déclenche seul aux premiers mouvements et repasse en repos à la fin de la descente.

Une séance de voie en salle sur le Coros Training Hub // Source : Julien Cadot pour Numerama
Une séance de voie en salle sur le Coros Training Hub // Source : Julien Cadot pour Numerama

Le seul cas un peu récalcitrant, c’est le bloc : sessions courtes, intenses, fragmentées, et une paroi trop basse pour que la montre gère tout automatiquement. Là, comme sur toute la gamme, il faut penser à enregistrer chaque tentative, et j’oublie une fois sur deux. Mais soyons clairs, ce n’est pas un défaut propre à l’Apex 4 : c’est le bloc qui se prête mal à un enregistrement sur un montre. J’avais le même problème sur mon Apple Watch Ultra.

Une randonnée un peu technique à Fontainebleau // Source : Julien Cadot pour Numerama
Une randonnée un peu technique à Fontainebleau // Source : Julien Cadot pour Numerama

Ce que l’Apex 4 corrige par rapport à la Nomad

Deux défauts condamnaient la Nomad dès qu’on l’emmenait grimper pour de vrai. L’Apex 4 règle les deux.

Le verre, d’abord. La Nomad est protégée par du verre minéral trempé renforcé : suffisant pour 99 % des usages, rédhibitoire au contact du rocher. Je l’ai grattée une seule fois dans une voie en salle et elle a pris une trace indélébile. L’Apex 4, elle, mise sur du verre saphir et une lunette en titane grade 5.

Et Coros connaît son sujet : un ami qui grimpe avec une montre équipée d’un verre similaire depuis trois ans, protégée par du saphir, n’a pas une égratignure. C’est exactement ce que j’ai constaté sur mon Apple Watch Ultra, martyrisée un an sans une rayure visible. En escalade, le saphir, c’est le minimum vital.

Affronter les rochers de Fontainebleau avec l'Apex 4 : done // Source : Julien Cadot pour Numerama
Affronter les rochers de Fontainebleau avec l’Apex 4 : done // Source : Julien Cadot pour Numerama

Le bracelet, ensuite. Sur la Nomad, le système quick draw ne cessait de sortir de ses trous : sur une ascension de 400 mètres, je l’ai remise en place six ou sept fois, dont deux avec la bouche parce que j’avais les mains sur la paroi. Sur l’Apex 4, le bracelet livré de série est plus serré et reste en place, ce qui est précisément ce qu’on demande à une montre quand on a les mains dans le vide. Je n’ai pas eu d’ouverture intempestive avec le bracelet de l’Apex 4. Pour le bloc, un loop tissu bien proche du poignet reste l’idéal, mais on ne bataille plus avec sa propre montre.

Ajoutez à ça la légèreté du boîtier – le vrai atout face à une Watch Ultra plus lourde et plus massive – un écran Memory-in-Pixel parfaitement lisible en plein cagnard comme dans la neige, un GPS double fréquence avec algorithmes verticaux et un baromètre double plage pour une altitude d’une précision remarquable, et vous obtenez le bon logiciel dans le bon boîtier.

Coros cumule aussi les petits plus par rapport aux autres marques : certains topos directement dans la montre, des séances de renfo des doigts sur fingerboard pré-enregistrées, le temps qu’il reste jusqu’à la tombée de la nuit pour anticiper les mauvaises surprises… bref, c’est tout ce que je demandais.

L'Apex 4 s'en sort bien aussi en salles // Source : Julien Cadot pour Numerama
L’Apex 4 s’en sort bien aussi en salles // Source : Julien Cadot pour Numerama

Et au-delà de l’escalade, ça vaut quoi ?

Comme toute la gamme, l’Apex 4 est aussi une excellente montre de sport tout court, portée par une autonomie qui frôle l’indécence : jusqu’à 65 heures en GPS multibandes et près de 24 jours en usage montre sur le boîtier 46 mm. Je l’utilise à vélo, VTT, en rando avec mon fils sur le dos, et en course pour ma prépa marathon.

En rando j’adore avoir la carte topographique précise au poignet pour savoir combien de D+ il reste avant le sommet. En course, ce n’est peut-être pas aussi typé que du Garmin, mais elle fait tout, et tout très bien : accroche GPS rapide, vitesse en temps réel qui matche parfaitement la Watch Ultra, résumés impeccables et surtout, le suivi des côtes et des descentes. Sur un itinéraire, elle préviendra en amont combien de D+ il reste à gravir en combien de mètres. Honnêtement, c’est un super atout psychologique. Et l’app Coros permet d’exporter une sortie au format CSV, que n’importe quelle IA peut lire et interpréter — sans même parler de la compatibilité avec Claude, bref, la rolls.

Le seul vrai reproche

À force de chercher, on lui trouve un défaut, et il est purement esthétique : les bracelets ne sont vraiment pas très jolis, quand on compare aux superbes options de l’Apple Watch. Fonctionnellement, celui de série tient mieux que sur la Nomad, c’est donc aussi un bon point. Reste que côté style, et côté cadrans – la marketplace Coros est un cimetière de designs ratés, préparez-vous à créer le vôtre – on est loin d’une montre qu’on est fiers de porter. Et par rapport à une Watch Ultra, comme sur la Nomad, on perd évidemment tout ce qui n’est pas sport : suivi santé fin, apps tierces, Siri, déclenchements malins des activités, etc.

Verdict : pour grimper, c’est celle-là

À 449 euros (42 mm) et 499 euros (46 mm), l’Apex 4 se paie le luxe de casser le marché : la Garmin Fenix 8 tourne autour de 1 099 euros, la Suunto Vertical à 679 euros, la Polar Vantage V3 à 599 euros (et aucune des trois n’arrive à la cheville de l’Apex 4). Autrement dit, le meilleur suivi d’escalade du marché, dans un boîtier qui n’a pas peur du rocher, pour plusieurs centaines d’euros de moins que la concurrence, qui, elle, ne sait toujours pas grimper : c’est un grand oui.

Alors je vais être aussi direct qu’à la fin de mon test de la Nomad, mais cette fois sans le « mais » : si vous grimpez, c’est cette montre-là qu’il faut acheter. Point final.

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