Avec Brain2Qwerty v2, Meta affirme avoir franchi un cap dans le décodage de phrases à partir de signaux cérébraux, sans implant ni chirurgie. Une avancée importante pour les interfaces cerveau-machine, même s’il ne s’agit pas encore d’une IA capable de lire vos pensées.

Non, Meta n’a pas inventé une machine capable de lire dans votre cerveau à distance, contrairement à ce que beaucoup affirment sur les réseaux sociaux.

Mais l’annonce de Brain2Qwerty v2, un projet de recherche dévoilé le 29 juin 2026, est tout de même très prometteuse. La nouvelle intelligence artificielle de Meta décode des signaux cérébraux produits dans un protocole très précis, pendant qu’une personne tape des phrases sur un clavier. Elle est capable de deviner des caractères et, par déduction, tente de reconstruire des mots et le sens global des phrases.

Transformer l’activité du cerveau en texte

Pour fonctionner, Brain2Qwerty v2 s’appuie sur la magnétoencéphalographie, que l’on peut aussi abréger MEG. Cette technologie mesure les minuscules champs magnétiques produits par l’activité du cerveau. Elle a un avantage majeur : elle ne nécessite aucune chirurgie. Contrairement à Neuralink ou à d’autres interfaces cerveau-machine invasives, il n’y a pas besoin d’ouvrir le crâne pour placer des électrodes au contact du cerveau : il suffit de porter un casque.

Peut-on néanmoins parler de miniaturisation ? Le casque MEG de Meta est un équipement de laboratoire volumineux, coûteux et très spécialisé. Brain2Qwerty v2 n’est donc pas une fonction qui pourrait arriver demain dans des lunettes connectées ou un casque Meta Quest : c’est une démonstration scientifique.

Par rapport à l'ancien modèle, Brain2Qwerty v2 comprend les phrases et ne se contente pas des lettres.
Par rapport à l’ancien modèle, Brain2Qwerty v2 comprend les phrases et ne se contente pas des lettres. // Source : Meta

Dans l’expérience de Meta, neuf volontaires ont chacun passé environ dix heures dans un appareil MEG, pendant qu’ils mémorisaient puis tapaient des phrases sur un clavier QWERTY. Au total, Meta indique avoir entraîné son système sur environ 22 000 phrases. L’IA apprend alors à faire le lien entre les signaux cérébraux enregistrés et les phrases produites au clavier.

La nouveauté de Brain2Qwerty v2 est d’utiliser de l’apprentissage profond (deep learning) capable de travailler directement sur les signaux cérébraux bruts. Meta explique avoir combiné plusieurs niveaux de décodage : des caractères, des mots, puis un modèle de langage chargé de reconstruire une phrase cohérente. L’IA capte des indices incomplets, bruités, puis utilise un modèle de langage pour proposer la phrase la plus probable : une sorte d’auto-correction appliquée au cerveau.

Brain2Qwerty v2 ne fait pas une transcription brute du cerveau mais produit une hypothèse statistique, à partir d’une activité cérébrale liée à une tâche très encadrée : taper une phrase. C’est pour cette raison que l’on ne peut pas vraiment parler de contrôle mental, même si la technologie est avancée.

61 % de précision : c’est beaucoup, mais pas assez

Meta revendique une précision de 61 % au niveau des mots avec Brain2Qwerty v2. Le meilleur participant atteint même 78 %, avec plus de la moitié des phrases décodées avec une erreur ou moins. Pour une méthode non invasive, c’est un résultat très élevé : Meta affirme que les méthodes précédentes de ce type plafonnaient autour de 8 % de précision au niveau des mots.

Ces chiffres montrent que les interfaces cerveau-machine non invasives progressent rapidement. Jusqu’ici, les meilleurs résultats en matière de communication assistée venaient surtout d’implants cérébraux. L’intérêt de Brain2Qwerty est d’explorer une autre voie : demain, nos produits pourront peut-être pilotés sans que l’on ait besoin de toucher un clavier. Il y a aussi un intérêt évident pour l’accessibilité : certaines personnes pourraient de nouveau écrire grâce au concept.

Meta dit avoir amélioré la précision à 69 % par rapport au modèle v1 (61 %).
Meta dit avoir amélioré la précision à 69 % par rapport au modèle v1 (61 %). // Source : Meta

Avec 61 % de précision, le modèle de Meta reste insuffisant pour une conversation fiable au quotidien. Le système fait encore beaucoup d’erreurs, demande un long entraînement personnalisé et repose sur une machine volumineuse. Il a aussi été testé sur des volontaires en bonne santé qui tapaient réellement au clavier, pas sur des patients paralysés qui tenteraient de communiquer uniquement par la pensée. De quoi, pour l’instant, largement relativiser l’exploit.

Ce n’est pas la première fois que Meta s’appuie sur le cerveau : le Neural Band des Meta Ray-Ban Display, un bracelet capable de détecter les signaux musculaires du poignet pour piloter les lunettes connectées, est déjà commercialisé aujourd’hui. Les deux technologies ne font pas la même chose mais montre que Meta est un des géants tech les mieux positionnés sur ce secteur. Dans les prochaines années, ce pari pourrait s’avérer payant.

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