Le vainqueur de la Coupe du monde, le nom du prochain président, le prix du Bitcoin dans cinq minutes, l’issue du conflit entre la Russie et l’Ukraine ou les mots prononcés par Donald Trump lors d’un discours… Sur Polymarket ou Kalshi, on peut parier sur tout et n’importe quoi.
Depuis deux ans, les « marchés de prédiction » sont en vogue. On achète pour quelques centimes une part sur une issue future et, si elle se réalise, cette part vaut un dollar. L’idée est de spéculer sur tout et n’importe quoi et de prédire l’information avant qu’elle ne se produise, en misant sur le fait que les personnes qui savent placeront des paris discrets pour s’enrichir personnellement.
Mark Zuckerberg, le patron de Meta, veut son propre Polymarket
Dans un article publié le 23 juin, le New York Times révèle que Mark Zuckerberg a chargé une petite équipe de développer une application baptisée en interne « Arena ». D’après le journal, qui cite deux salariés au courant du projet, Arena serait une application distincte de Facebook ou Instagram.


La grosse différence avec Polymarket et Kalshi : Arena ne permettrait pas de parier avec de l’argent réel, au moins au départ. L’application reposerait sur un système de points, façon jeu vidéo, où les meilleurs « parieurs » seraient récompensés avec un classement.

Un marché de prédiction sans argent peut-il prédire des choses ?
Reste néanmoins une question : Arena aura-t-il de l’intérêt ou servira-t-il juste à donner son avis sur des matchs sportifs ?
Toute la théorie défendue par Polymarket repose justement sur l’argent. Son fondateur, Shayne Coplan, répète depuis des années que la mise financière est ce qui rend ses marchés fiables : les gens ne parient gros que sur ce qu’ils savent vraiment. Mieux, il assume que le délit d’initié soit, selon ses mots, « effectivement autorisé, peut-être même encouragé ».
L’idée est que quelqu’un qui détient une information confidentielle va miser dessus, faire bouger les cotes, et révéler ainsi un secret avant l’heure. C’est ce qui donne à Polymarket sa réputation d’anticipateur d’avenir, même si les parieurs se trompent souvent à cause de mouvements de foule où tout le monde parie la même chose en pensant suivre un « insider ».
Les délits d’initié sont monnaie courante sur Polymarket. Parmi les exemples les plus connus, un soldat américain a été arrêté après avoir empoché plus de 400 000 dollars sur la chute de Nicolás Maduro, grâce, selon l’accusation, à des informations classifiées. Quelques semaines plus tard, un ingénieur de Google a gagné 1,2 million de dollars en pariant sur des classements de recherche grâce à des données internes. Mais ces personnes parieraient-elles sur Arena si la plateforme ne leur rapporte rien ?
Un clone de Polymarket qui devrait passer en France
Puisque l’application de Meta devrait être un jeu de pronostics, il est probable qu’elle ne soit pas bloquée en France. Polymarket est interdit en France, comme Kalshi, parce que ces plateformes reposent sur des paris en argent jugés illégaux.
Une application qui ne fait jouer que des points échapperait sans doute à cette interdiction. Arena pourrait donc être le premier portail accessible légalement dans l’Hexagone et, à quelques mois de l’élection présidentielle 2027, pourrait donner des tendances intéressantes (ou, au contraire, prouver que les gens parient aléatoirement sans argent).
Le groupe Meta a l’habitude de copier ce qui marche ailleurs, de Threads face à X aux Reels face à TikTok, sans oublier ses nombreuses tentatives de copier Snapchat (qui ont abouti aux Instagram Stories). Meta accumule autant de réussites que de flops : rien ne dit qu’Arena sera un grand carton.
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