El Niño se renforce actuellement, et devrait culminer à la fin de l’année 2026. Ce phénomène climatique, de retour depuis l’été, inquiète en raison de son intensité et de ses effets en cascade potentiels sur la planète. Mais d’où vient son nom ?

« Une intensité sans précédent » : c’est ainsi que l’Organisation météorologique mondiale (OMM) décrit à quoi pourrait ressembler l’épisode actuel d’El Niño. Déclaré officiellement de retour en juin par l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), El Niño continue de se renforcer. Il devrait culminer à la fin de l’année et, selon l’OMM, se maintenir jusqu’en février 2027, avec une probabilité proche de 100 %. Ce renforcement fait notamment craindre une nouvelle flambée des concentrations de gaz à effet de serre.

Mais de quoi parle-t-on ? El Niño n’est pas une tempête, mais un phénomène climatique naturel. Concrètement, il se manifeste par des températures de surface de la mer plus chaudes que la normale dans l’océan Pacifique équatorial. El Niño est la phase chaude d’un phénomène plus large qu’on appelle ENSO, pour « El Niño – Southern Oscillation » (en français, « El Niño – Oscillation australe »). La Niña en est la phase froide.

Il s’agit donc d’un phénomène localisé dans le Pacifique, mais susceptible de déclencher une cascade d’effets secondaires ailleurs sur le globe. Les scientifiques scrutent de près chacun de ses retours, qui surviennent de façon irrégulière, tous les 2 à 7 ans environ. La dernière fois qu’El Niño s’est produit, c’était entre l’été 2023 et le printemps 2024.

Mais pourquoi ce phénomène a-t-il été nommé El Niño ?

Quelle est l’origine du nom El Niño ?

El Niño est un phénomène connu depuis plusieurs siècles. Son nom remonterait au 16e siècle, et le premier épisode d’El Niño consigné par écrit date de 1578. La première mention écrite connue du nom dans un contexte climatique est plus tardive. En 1892, le capitaine péruvien Camilo Carrillo explique devant la Société de géographie de Lima que les marins ont baptisé ce courant chaud en référence à l’enfant Jésus. Ce sont les pêcheurs péruviens qui « ont été les premiers à remarquer ce phénomène de réchauffement des eaux qui rendait la pêche moins fructueuse », explique Météo-France. On ignore comment les populations autochtones du Pérou désignaient ce phénomène.

Les colons espagnols ont remarqué que ce phénomène avait tendance à se manifester vers la fin et le début de l’année, à la période des fêtes de Noël. Cette coïncidence a inspiré son nom. « El Niño », qui signifie « le petit garçon » en espagnol, fait référence à « El Niño de Navidad », l’enfant Jésus qui est célébré à Noël.

Les premiers travaux scientifiques arrivent au 20e siècle. Dans les années 1920, le physicien britannique Gilbert Walker, alors en poste en Inde pour prévoir la mousson, décrit et baptise l’oscillation australe, un balancier de pression atmosphérique entre l’est et l’ouest du Pacifique. Les climatologues constatent ensuite qu’elle survient en même temps qu’El Niño. Il faut attendre 1969 pour que le météorologue Jacob Bjerknes explique le mécanisme physique qui relie les deux phénomènes.

Aujourd’hui, les mécanismes derrière ce phénomène sont mieux compris par les scientifiques, mais il reste encore des inconnues. Alors qu’El Niño devrait atteindre son pic en novembre ou en décembre, selon Météo-France, ses répercussions ne devraient pas se limiter aux côtes péruviennes. Ajouté au réchauffement climatique, cet épisode augmente aussi les chances que 2026 ou 2027 atteigne une température moyenne mondiale proche du record de 2024, voire supérieure, prévient Météo-France.

Qu’en est-il pour la France hexagonale ? Météo-France reste prudent. En moyenne, un épisode El Niño apporte en début d’hiver un peu plus de pluie et des températures plus douces sur l’Europe de l’Ouest, mais ces effets « ne sont pas systématiques ». Leur influence reste bien plus faible que celle du changement climatique, et El Niño pèse surtout sur les territoires d’outre-mer situés dans les régions tropicales.

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