L’affaire remonte au mois de juillet. Alors que la planète cinéma vibrait au rythme de l’adaptation pharaonique de L’Odyssée signée Christopher Nolan (portée par un casting cinq étoiles réunissant Matt Damon, Tom Holland et Zendaya), Musk promettait de lancer une contre-offensive IA.
Le milliardaire jurait de boucler une fresque concurrente avant la fin de l’année 2026. Une annonce qui avait immédiatement fait bondir le réalisateur Scott Derrickson (Doctor Strange), dénonçant ouvertement l’inculture du patron de Tesla en matière d’art.
Ces attaques n’ont pas empêché le succès du film de Christopher Nolan, sorti mi-juillet. Selon le cabinet Comscore, il a rapporté plus de 264 millions de dollars (environ 230 millions d’euros) dans le monde lors de son premier week-end en salles.
Trois mois plus tard, Grok Imagine a livré le premier épisode d’une série générée par IA. Il sert surtout la guerre culturelle que mène Elon Musk contre le blockbuster d’Universal Pictures. Côté image, le résultat a été largement éreinté par la critique.
Une vendetta personnelle contre Christopher Nolan et son Odyssée
Pour saisir le contexte de cette sortie, il faut regarder du côté des obsessions de Musk. Ces derniers mois, le milliardaire a multiplié les attaques virulentes contre l’adaptation hollywoodienne de L’Odyssée réalisée par Christopher Nolan, ciblant en particulier le casting d’Elliot Page dans le rôle de Sinon et de Lupita Nyong’o dans celui d’Hélène de Troie.
Selon Musk, ces choix d’acteurs relèveraient d’une stratégie pour satisfaire les normes de diversité et d’inclusion imposées par l’Académie des Oscars. Le milliardaire a été jusqu’à qualifier Nolan de « raciste anti-Blanc » sur X, soutenant que l’attribution du rôle à l’actrice oscarisée n’aurait d’autre but que de ratisser des statuettes. C’est donc avec l’ambition d’offrir une alternative débarrassée des diktats hollywoodiens que Grok Imagine a été mis à contribution pour façonner ce projet « historiquement fidèle ».
Sept minutes d’images synthétiques
Sur le plan purement visuel, cet épisode inaugural de 7 minutes montre les capacités mais aussi les limites évidentes de la génération vidéo par IA. Produit avec le concours de Wonder Studios, le court-métrage aligne des séquences à l’esthétique léchée mais figée, portées par un casting exclusivement anglo-américain.
Dans les sections de commentaires, les réactions oscillent entre enthousiasme technique et rejet radical. Si certains saluent la vitesse d’exécution de la technologie, d’autres pointent du doigt la rigidité des animations, le manque d’incarnation des comédiens virtuels et une mise en scène sans éclat. Plusieurs spectateurs n’ont pas hésité à qualifier le rendu de fade et impersonnel, comparant l’expérience à un visionnage stérile sans supplément d’âme.
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