Loin des comédies familiales téléphonées qui trustent le box-office, Éric Judor choisit d’aborder la fracture générationnelle par le prisme bien plus inattendu : la fantasy. Alors qu’il enchaîne les formats télévisuels populaires avec son complice Ramzy Bedia, son retour au cinéma en tant qu’auteur-réalisateur prouve sa volonté de ne pas céder à la facilité.
Plonger un père dépassé au milieu d’un univers où l’on se balade en armure dans des sous-bois offre un terrain de jeu visuel et comique au potentiel dévastateur, le tout en faisant une parodie du Seigneur des anneaux.
Quand la crise d’ado se règle à coups d’épée en mousse pour Le Roi du Game
Le film suit l’aventure d’Alexandre, un père totalement largué qui tente le tout pour le tout pour reconnecter avec sa fille. Pour apprendre à la connaître, il décide de s’infiltrer incognito dans sa passion dévorante : le « GN » (Grandeur Nature), ces sessions de jeu où les participants incarnent des créatures fantastiques en costume. Problème majeur : Alexandre ne pige absolument rien au cahier des charges strict des rôlistes. Pire encore, il se retrouve parachuté dans une escouade de bras cassés incapables d’aligner trois compétences tactiques.
Pour donner vie à cette quête absurde, Éric Judor s’est entouré d’une distribution taillée sur mesure. Il partage l’affiche avec Alexandra Lamy, un Marc Labrèche toujours aussi imprévisible, ainsi que son fidèle collaborateur Hafid Benamar. Ce choc frontal entre un profane totalement dépassé et un groupe d’illuminés en costume médiéval s’annonce déjà comme un moteur comique redoutable.
Le retour d’un auteur de l’absurde qui manque au cinéma français
Si Problemos a souffert d’une sortie timide en salles en 2017 avant de devenir une référence grâce au bouche-à-oreille, Le Roi du Game s’impose déjà comme l’un des projets les plus singuliers de l’automne. Éric Judor confirme sa trajectoire unique dans le paysage hexagonal : utiliser des sous-cultures de niche pour mieux disséquer les névroses contemporaines et les failles des relations humaines.
En associant une véritable proposition d’univers à son sens légendaire du contre-pied, le réalisateur pourrait bien tenir là son projet le plus abouti. Rendez-vous le 21 octobre 2026 dans les salles obscures pour vérifier si la magie opère.
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