Sur le papier, c’est une sacrée victoire pour David Ellison. Le gouvernement britannique et l’autorité de la concurrence viennent de donner leur feu vert sans condition à l‘acquisition de Warner Bros. Discovery par Paramount Skydance pour 110 milliards de dollars.
Après l’Union européenne et le ministère de la Justice américain plus tôt cet été, les régulateurs ont estimé que le futur groupe ferait face à une concurrence bien suffisante sur le marché ce 6 août 2026. Paramount s’est simplement engagé à préserver l’indépendance éditoriale de ses chaînes d’information.
Fin du suspense ? Absolument pas.
Un bras de fer à 7 millions de dollars par jour pour Warner et Paramount
Si l’Europe et les régulateurs fédéraux déroulent le tapis rouge, la justice américaine, elle, vient de poser un énorme tacle glissé au calendrier.
Une coalition de 12 États américains (emmenée par la Californie) et le syndicat des scénaristes ont attaqué le rachat en justice pour stopper ce qu’ils considèrent comme une menace pour la concurrence. Paramount espérait un procès expéditif dès novembre pour plier l’affaire. Raté : le début du procès a été fixé au 2 mars 2027.

Et c’est là que le piège financier se referme. Le contrat de mariage prévoyait un bouclage au 30 septembre. Passé cette date, Paramount doit verser des « ticking fees » (des pénalités de retard) aux actionnaires de Warner. Le tarif ? 7 millions de dollars par jour (soit environ 650 millions par trimestre).
En clair, avant même d’avoir posé le premier pied dans le bureau de Warner en mars 2027, Paramount aura déjà dû débourser plus d’un milliard de dollars en pures pénalités. Et si le procès tourne au vinaigre et que le rachat saute, le chèque d’abandon s’élèvera à 7 milliards de dollars.
Pourquoi Paramount s’obstine
Du côté de la direction, l’agacement est palpable face au blocage des États américains, alors que des dizaines de pays ont déjà validé l’opération. Mais la stratégie reste inchangée : pour survivre face à l’hégémonie des géants de la tech et du streaming, il faut faire du muscle, coûte que coûte.
Reste à savoir si le groupe aura encore assez d’oxygène financier quand le verdict tombera enfin dans un an et demi.
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