La HD-2D est un style graphique inventé et déposé par Square Enix pour décrire la direction artistique d’Octopath Traveler en 2018. En combinant des sprites en 2D à des environnements entièrement modélisés en 3D, l’éditeur a donné naissance à une esthétique aujourd’hui immédiatement reconnaissable.
Depuis, les jeux adoptant cette formule ont tous un point commun : des graphismes somptueux et une forte dimension nostalgique. Alors, lorsque Square Enix et la Team Asano — déjà à l’origine des séries Octopath Traveler, Bravely Default et Triangle Strategy — reviennent avec une nouvelle aventure inspirée cette fois directement des Zelda en 2D, l’attente est forcément immense.
The Adventures of Elliot: The Millennium Tales se présente ainsi comme l’héritier à la fois des RPG HD-2D du studio et de quarante ans d’histoire des Zelda-like. Cet enfant assumé est un action-RPG pensé pour séduire le plus grand nombre, accessible sans être simpliste et malin à bien des égards. Il pousse également le style HD-2D dans ses derniers retranchements. Reste une question : est-il à la hauteur de ses prestigieux modèles ? Réponse dans ce test.
Points forts
- La HD-2D plus belle que jamais
- La formule Zelda digérée et maîtrisée
- Des combats qui procurent de bonnes sensations
Points faibles
- Une carte répétitive et peu inspirée
- Le concept de voyage dans le temps sous-exploité
- Une histoire trop convenue
La HD-2D fait encore une fois des merveilles
On ne va pas revenir une énième fois sur le style HD-2D, toujours aussi beau et impressionnant. Pour The Adventures of Elliot: The Millennium Tales, Square Enix et la Team Asano prouvent encore qu’ils maîtrisent cette direction artistique en poussant le genre dans ses retranchements.
La profondeur de champ, les effets de lumière et de particules, les couleurs : tout dans le jeu est composé comme une illustration vivante, avec cette fois des angles de caméra plus libres. Le résultat est particulièrement plaisant lors des cinématiques, où la caméra se déplace, certes timidement, mais juste assez pour dynamiser les cutscenes. Un luxe que les équipes s’autorisent même dans certains segments du monde ouvert, pour le plus grand plaisir des yeux.

Pour exploiter pleinement cette direction artistique, la diversité des biomes est impressionnante, tout comme leur traitement visuel. Déserts, forêts luxuriantes, plaines enneigées, volcans, grottes marines : chaque environnement est traité avec le plus grand soin et apporte une vraie valeur ajoutée à une carte certes réduite, mais dense et riche.
Une ambition artistique avec un twist : la carte et les décors de The Adventures of Elliot se déclinent en plusieurs versions, chacune avec ses particularités, que nous ne vous révélerons pas. Et c’est l’une de ses qualités, autant que l’un de ses principaux défauts.
An Elliot to the Past
Pour lever la malédiction qui pèse sur la princesse Heuria, Elliot, un aventurier accompagné de Faie, une fée qui n’est pas sans rappeler Puck de Berserk, franchira la Porte du Temps et voyagera à travers différentes époques, en s’enfonçant toujours plus loin dans le passé.
The Adventures of Elliot: The Millennium Tales raconte ainsi une histoire qui se déroule à travers plusieurs âges, et autant de déclinaisons de sa carte principale, mais aussi des lieux de son monde ouvert. La structure est relativement simple : un grand ensemble divisé en plusieurs zones, dont une ville principale. Multipliez cela par le nombre de temporalités dans lesquelles vous devrez voyager, et vous obtenez une carte vaste, mais qui repose finalement sur une répétition de ses environnements, avec peu de véritables variations.

Le problème ici est que les différentes itérations de la carte ne sont pas suffisamment distinctes les unes des autres, ce qui nuit à la sensation d’exploration et, surtout, n’encourage pas vraiment à s’y aventurer. À cela s’ajoutent plusieurs dizaines de grottes à explorer, elles aussi très similaires pour la plupart, ainsi que des collectibles et des épreuves disséminés un peu partout : un monde foisonnant sur le papier, mais rapidement répétitif dans les faits. Et c’est dommage, car la carte en elle-même est bien fichue, et recèle de moments de découverte magiques, de petits raccourcis amusants à trouver et de nombreux chats. Oui, des chats par centaines.

Les quelques zones secrètes accessibles uniquement grâce à des capacités spécifiques servent à dynamiser l’ensemble, et évite à ce monde de devenir redondant. Heureusement, le récit aide également à donner un rythme à l’ensemble, et l’histoire est très régulièrement ponctuée de scènes de dialogues, dont les illustrations des personnages renforcent la dramaturgie, même si cela n’empêche pas l’histoire de rester parfois assez convenue.
Il est vrai que les poncifs du JRPG sont utilisés de manière efficace pour servir la narration, et l’ensemble s’en sort plutôt bien. Mais on aurait aimé davantage de punch dans cette aventure, qui finit par se refermer sur elle-même. Le tout est compensé par un joli final et une galerie de personnages attachants, à condition d’adhérer à la formule du JRPG.
Il faut quand même souligner le personnage de Faie, votre compagnon, qui parle autant qu’un enfant qui découvre l’usage des mots. C’est épuisant, mais une option permet de la rendre moins bavarde.

Un bel éventail d’armes et de pouvoirs
Le jeu de Square Enix a également la bonne idée de proposer très tôt un large éventail d’armes et de nombreux pouvoirs, permettant d’aborder les affrontements de manière dynamique et satisfaisante. Ainsi, les déplacements dans la carte sont régulièrement rythmés par des combats contre un bestiaire varié et agressif. La Team Asano délaisse ici les combats au tour par tour au profit d’un système en temps réel. Vous disposez de plusieurs armes — de la classique épée au plus jouissif grappin — pour défourailler tout ce beau monde et récolter du butin.

Les combats sont fun et les impacts bien ressentis, donnant constamment envie de remettre une pièce dans le juke-box de la bagarre. Faie dispose également d’une palette de pouvoirs permettant de se téléporter ou de se déplacer plus rapidement, ce qui n’est pas de trop pour parcourir les différentes cartes. Ajoutez à cela un système de téléportation efficace, et il semblerait presque que les développeurs aient conscience que le monde de The Adventures of Elliot: The Millennium Tales n’est pas le plus agréable à parcourir sur la durée.
Pourtant, de nombreux efforts ont été faits pour rendre l’univers du jeu à la fois attractif et riche. En témoigne une carte qui déborde de marqueurs de quêtes et de collectibles. Passé un certain cap dans le récit, il devient même indispensable de nettoyer tous ces repères si vous souhaitez terminer l’histoire principale. L’intérêt, et le plaisir qui en découle, dépendra donc entièrement du temps que vous voudrez consacrer au jeu.
Idem pour l’amélioration de vos armes, qui devient rapidement too much, à moins de jouer dans le mode de difficulté le plus élevé et d’avoir un besoin vital d’augmenter les stats de vos armes. En collectant des Magicithes, vous pourrez créer des gemmes utiles pour augmenter les statistiques de votre armement ou leur octroyer de nouveaux pouvoirs. Problème : on se retrouve vite inondé de gemmes inutiles, et la fonction finit rapidement reléguée au second plan. Cela ne gâche toutefois en rien le plaisir d’équiper différentes armes et de jongler entre elles en plein combat.

En optant pour un Zelda-like pleinement assumé, Square Enix et la Team Asano livrent une aventure old-school visuellement superbe, mais qui pourrait manquer de profondeur pour peu que l’on ne s’attarde pas sur les à côté. Si The Adventures of Elliot: The Millennium Tales reste plaisant à parcourir manette en main, l’ennui peut malgré tout pointer progressivement le bout de son épée. L’histoire aurait sans doute gagné à être davantage écrite, et le monde ouvert à être plus resserré. Malgré ses défauts, le titre dispose de (très) nombreuses qualités évidentes, surtout si vous avez du temps à lui consacrer et une certaine tolérance pour sa structure classique et étirée.
Le verdict

The Adventures of Elliot: The Millennium Tales
Voir la ficheOn a aimé
- La HD-2D plus belle que jamais
- La formule Zelda digérée et maîtrisée
- Des combats qui procurent de bonnes sensations
On a moins aimé
- Une carte répétitive et peu inspirée
- Le concept de voyage dans le temps sous-exploité
- Une histoire trop convenue
Les abonnés Numerama+ offrent les ressources nécessaires à la production d’une information de qualité et permettent à Numerama de rester gratuit.
Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l’I.A, contenus exclusifs et plus encore. Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Pour ne rien manquer de l’actualité, suivez Numerama sur Google !












