Il y a quelque chose de magique dans les jeux de l’ère 16-bits, qui tient autant à leurs graphismes pleins de charme qu’à leur gameplay soigné, fruit d’une époque dont les développeurs maîtrisaient parfaitement tous les codes, au sens propre comme au figuré.
Avec Elementallis, le développeur Iván Ruiz Lozano prouve qu’il est encore possible de créer des jeux rétro comme s’ils sortaient tout droit des années 1990, entre hommage appuyé aux licences cultes et véritable recréation de leur esprit.
Points forts
- Des graphismes et une D.A magnifiques
- Tellement fun à jouer
- Un joyeux retour dans le passé
Points faibles
- Une carte pas toujours très claire
- Un manque de lien entre les binômes
- Pas de textes en version française pour le moment
Un Zelda-like très assumé
Elementallis est un jeu d’action-aventure en vue de dessus, très inspiré de Zelda, et plus particulièrement de l’épisode A Link to the Past, sorti en 1992 chez nous sur Super Nintendo. Développé par AnKae Games, le titre vous invite à explorer le monde d’Elregir, composé de huit biomes très différents les uns des autres : zones volcaniques, déserts, montagnes enneigées, plaines verdoyantes… auxquels s’ajoutent des villages centraux et des temples.
Chaque région est également liée à son propre élément, pour un total de huit : feu, glace, eau, terre, etc., qui viennent structurer l’univers du jeu dans son ensemble. Visuellement, le titre s’en sort haut la main pour retranscrire l’ambiance propre à chacun de ces biomes, appuyée par de délicieuses musiques. Les décors sont à la fois beaux et chaleureux, et l’envie de découvrir la carte grandit au fil de la progression. Les villages, bien que modestes, suffisent à donner vie aux régions, peuplées d’habitants variés mais unis par leur rapport aux éléments.

Si la 2D façon Zelda peut sembler naïve en 2026, force est de constater qu’elle n’a rien perdu de son pouvoir d’immersion et de sa magie. Elementallis est un jeu qui ravit les yeux du début à la fin et qui profite des avancées technologiques actuelles — effets de lumière, pluie, fluidité des animations — pour faire renaître une certaine nostalgie, de la plus belle des manières.
Petit détail qui peut sembler anodin au premier abord, mais qui change beaucoup de choses : le jeu regorge de pots à casser et de buissons à couper. On sent immédiatement le fan de Zelda chez le développeur. Un fan qui a passé du temps — beaucoup de temps –, enfant, à détruire tout ce qu’il trouvait sur son chemin dans ses jeux vidéo. Un plaisir coupable qui fonctionne à tous les coups et qui, étonnamment, procure toujours autant de satisfaction à chaque session de jeu.
Une carte qui souffle le chaud et le froid
Dans Elementallis, votre personnage entreprend un voyage pour redorer l’image des Élémentalistes, une caste de magiciens capables de manipuler les éléments et dont la réputation n’est plus vraiment au beau fixe. Comme à l’ère 16-bits, la force du titre ne réside pas forcément dans son scénario, assez convenu et déjà vu dans ses grandes lignes, même si l’ensemble est globalement bien amené.
Là où Elementallis fait véritablement mouche, c’est dans son monde, dont la progression est directement liée à vos compétences. Dès le début de l’aventure, vous pouvez partir où bon vous semble, sans la moindre indication pour vous guider. Une liberté qui devient rapidement limitée : certaines zones restent inaccessibles tant que vous n’avez pas débloqué les aptitudes nécessaires. Elementallis est donc un jeu assez linéaire, mais qui fonctionne plutôt bien et dont le plaisir de l’exploration est réel.

En revanche, la progression peut parfois devenir un peu laborieuse, surtout si vous manquez d’attention. Entre les éléments indispensables pour franchir certains passages, que vous oublierez forcément à un moment ou à un autre, les PNJ qui glissent des indications précieuses au détour d’une conversation en apparence anodine, ou encore une carte qui n’est pas toujours très claire, Elementallis ne manque pas d’occasions de vous mettre quelques bâtons dans les roues. De quoi provoquer quelques soupirs, voire quelques moments de frustration.
Explorer le monde d’Elementallis représente donc à la fois l’une des plus grandes qualités du jeu — notamment si vous appréciez les Metroidvania — mais aussi l’un de ses principaux défauts. Son univers est magnifique et agréable à parcourir, mais certains obstacles et allers-retours finissent par devenir agaçants, surtout après une longue pause entre deux sessions de jeu.

Au cœur de cette exploration se trouvent les temples, au nombre de un par région. Véritables piliers du jeu, ils représentent la récompense méritée après chaque trajet, et l’unique manière d’obtenir de nouveaux éléments et pouvoirs. Chaque temple se compose de plusieurs salles, chacune s’articulant autour d’une ou plusieurs énigmes à résoudre au fil de la progression. C’est malin, toujours amusant, et cela renforce encore davantage le sentiment de progression dans l’aventure.
Un gameplay fun et soigné
Dans Elementallis, tout tourne également autour des éléments, qui vous attendent au cœur des temples. Au fil de votre progression, vous débloquerez de nouveaux pouvoirs, indispensables pour avancer dans l’aventure, mais également très utiles lors des combats. Le feu, par exemple, se montre particulièrement efficace contre les ennemis de type végétal et permet d’embraser la plupart des créatures croisées sur votre route. Chaque pouvoir est représenté par une petite créature qui adopte l’apparence de l’élément équipé. Une idée toute simple, mais franchement adorable.
Les pouvoirs se montrent variés : certains permettent même de se soigner, tandis qu’il est possible d’associer plusieurs éléments afin de créer des combinaisons particulièrement dévastatrices. Chaque élément apporte ainsi sa propre utilisation et contribue à un gameplay à la fois accessible et instinctif.

Pour le reste, qu’il s’agisse des déplacements ou des affrontements, les habitués de Zelda: A Link to the Past — encore lui — seront immédiatement en terrain connu. Une touche pour donner un coup d’épée, une autre pour utiliser un élément, une dernière pour se protéger avec son bouclier : la prise en main est immédiate. Les ennemis reposent sur des schémas relativement simples : esquiver, se protéger, frapper une ou plusieurs fois, puis recommencer. Une formule classique, mais toujours aussi efficace.
C’est dans les temples que vous trouverez les ennemis les plus redoutables : les sous-boss et boss. Ces derniers vous forceront à utiliser vos pouvoirs fraîchement acquis dans des combats qui nécessitent de bons réflexes et un peu de jugeote. Si certains combats peuvent donner un peu de fil à retordre, rien de particulièrement punitif dans l’ensemble.

Elementallis n’est pas un jeu difficile, ni dans ses énigmes ni dans ses affrontements. À condition de rester attentif à votre environnement et aux spécificités du biome dans lequel vous évoluez. Comprendre les mécaniques et trouver la bonne stratégie deviennent aussi naturels que satisfaisants une fois les codes du jeu assimilés.
Dans l’ensemble, Elementallis est un formidable retour en arrière, vers une époque où le jeu vidéo rimait avec simplicité et immédiateté, sans pour autant sacrifier sa richesse. Avec ses graphismes chaleureux, son gameplay solide et l’intelligence de sa mécanique basée sur les éléments, le titre a largement de quoi séduire les amateurs du genre. Dommage, en revanche, que le jeu d’AnKae Games se montre parfois aussi confus dans son exploration. Entre indications trop discrètes et progression parfois peu lisible, certains passages finissent par casser le rythme et peuvent, à terme, provoquer une certaine lassitude.
Le verdict

Elementallis
Voir la ficheOn a aimé
- Des graphismes et une D.A magnifiques
- Tellement fun à jouer
- Un joyeux retour dans le passé
On a moins aimé
- Une carte pas toujours très claire
- Un manque de lien entre les binômes
- Pas de textes en version française pour le moment
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