Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce Subnautica 2, déjà détenteur d’un record, plonge dans le grand bain, mais garde des bouées de secours. Ce que j’entends par cette lourde métaphore aquatique, c’est que l’ampleur du jeu semble considérablement plus ambitieuse, mais que le studio Unknown Worlds est resté prudemment sur ses acquis à bien des égards. On s’en rend compte dès les premières secondes lorsque l’on s’écrase dans l’immense océan d’une planète inconnue : on a notre petite capsule de sauvetage qui flotte à la surface, des débris de notre gigantesque vaisseau à découvrir et un ordinateur qui repère de temps à autre les signaux de survivants que l’on essaiera d’atteindre pour comprendre ce qui s’est passé et trouver un moyen de se sortir de ce vilain pétrin. Oui, ça paraphrase sévère.

Subnautica 2 améliore plus qu’il n’innove (et ce n’est pas grave)
Côté gameplay, on est comme un poisson dans l’eau. On retrouve exactement les mêmes éléments avec cette chasse sous-marine aux matières premières pour créer d’autres matières premières pour créer tout un tas d’accessoires qui nous aideront dans notre chasse aux matières premières qui nous permettront de créer encore d’autres accessoires pour… Bref, vous connaissez par cœur cette boucle de gameplay qui est en réalité un tourbillon d’une puissance folle. Elle nous entraîne irrémédiablement jusqu’aux tréfonds de cet océan de contenu. J’en veux pour preuve : j’ai enchaîné 15 heures de jeu en seulement deux jours.
Ce qui change par rapport au premier épisode tient dans l’équilibrage global du jeu (à l’heure actuelle de cet early access, en tout cas). On sent bien que les développeurs et développeuses avaient bien conscience du risque de redondance et ont adouci l’amorce de l’aventure pour une progression plus rapide. Les animaux marins susceptibles de nous fournir eau et nourriture sont assez abondants à proximité de notre petite capsule flottante ; les ressources (titane, quartz, organique…) sont également généreusement parsemées ; les éléments de craft (mobiliers, outils, équipements…) que l’on doit scanner pour être capable de les reproduire ensuite grâce à l’imprimante 3D magique de notre capsule se trouvent assez facilement. On est donc bien plus vite en capacité de créer une jolie petite base sous-marine tout confort dans la première zone de jeu peu profonde sans pour autant que l’exploration perde le moindre intérêt et que l’aspect survie n’oublie de venir la pimenter en ajoutant cette petite once de pression dès lors que l’on s’éloigne trop loin ou trop profondément.

Et justement, en parlant de base, Subnautica 2 propose un système de création d’une fluidité et d’une facilité de prise en main remarquables. Ce nouvel épisode permet également de créer des structures beaucoup plus complexes en agrandissant salles, couloirs et hublots ce qui offre bien plus de possibilités de personnalisation et d’appropriation des lieux — une bonne nouvelle pour les joueurs et joueuses créatifs qui disposent d’ores et déjà de bien plus d’outils pour laisser libre cours à leurs passions architecturales. Subnautica 2 supprime aussi la petite collection de véhicules du premier épisode au profit d’un seul module, le Têtard. Petit, mobile et peu coûteux en ressources, ce dernier est évolutif à la faveur de châssis aux fonctions diverses (vitesse, capacité de chargement…) qui peuvent venir s’y greffer. Et il est bien sûr toujours possible de lui fabriquer des améliorations indispensables pour une meilleure résistance à la pression des profondeurs, une baisse des dépenses électriques ou encore un blindage plus solide.
La petite surprise de ce deuxième épisode, c’est que notre personnage peut aussi être amélioré. À différents endroits de l’open world se trouvent en effet d’étranges structures organiques aux faux airs de plantes carnivores qu’il convient de soigner pour qu’elles éclosent et nous donnent ainsi accès à une modification de notre ADN. Elles sont fondamentales pour l’aventure et jalonnent notre progression. La première d’entre elles permet, par exemple, de modifier notre microbiote intestinal ce qui aura pour effet fort bienvenu de rendre comestibles les poissons du jeu (pratique pour éviter de crever d’une vilaine tourista au bout d’une heure). Mais il est aussi possible — moyennant, vous l’imaginez bien, la construction d’une machine dédiée et l’amélioration du scanner — de débloquer des améliorations passives et actives : les Biomods. En scannant certaines espèces rôdant dans les eaux troubles du jeu, vous pourrez ainsi en reproduire certaines caractéristiques : un dash, une moindre dépense d’oxygène quand vous ne nagez pas, des phéromones qui se dégagent de vous pour marquer votre chemin tel le Petit Poucet (et éviter ainsi de vous permettre dans certains labyrinthes coralliens) ou encore une surbrillance des matières premières dans un périmètre autour de vous… Subnautica 2 donne ainsi une nouvelle bonne raison d’être curieux et de fouiller le moindre recoin dans l’espoir de découvrir un nouveau spécimen.

La vie d’ma mer, j’ai kiffé !
Si la structure du jeu, son gameplay et sa narration semblent très familiers, on retient de Subnautica 2 cette plus grande souplesse et modularité de tous ses systèmes. Cela rend l’aventure encore plus intéressante et propice à l’autre grande nouveauté : le jeu en coop. Vous pouvez en effet embarquer dans vos expéditions océaniques jusqu’à trois camarades et ainsi briser cette solitude à la fois réconfortante et écrasante typique du premier épisode. Explorer ensemble pour découvrir et partager à plusieurs les incroyables merveilles que recèlent les abysses de cette suite ou collaborer en répartissant les tâches pour que l’aspect survie et construction passe à une tout autre échelle, cette nouvelle facette du jeu est évidemment fondamentale et devrait suffire à elle seule à vous convaincre de plonger dedans — si tant est que vous soyez un minimum sociable et philanthrope.

Sans grande surprise, Subnautica 2 cherche à perfectionner et densifier l’expérience de base plutôt qu’à renverser la table. Un choix prudent qui fonctionne très bien tant la nouvelle zone de jeu épate par sa richesse, sa grandeur et sa complexité. Si d’un point de vue purement technique (et malgré un passage d’Unity à Unreal Engine 5), le jeu n’émerveille pas outre mesure. La variété de ses décors, l’immensité de ses structures et l’impression de vie qui émerge de ce biotope aquatique extraterrestre suffisent à notre bonheur. En revanche, pour l’heure, le contenu de l’early access reste relativement limité. Il suffit en effet d’une quinzaine d’heures pour arriver au bout de sa trame narrative. Il y a, certes, deux, voire trois, voire quatre fois plus de choses à découvrir et débloquer. Mais vous resterez limité dans vos explorations par de vilains murs oranges signalant les limites de l’aire de jeu et vos découvertes en terme de structures, items et crafting se tariront aussi relativement vite. Pour l’heure, Unknown Worlds reste flou sur ses plans futurs. Si l’early access promet d’être sérieusement suivie, la v.1 attendra 2027 voire 2028 pour sortir. Entre frustration et impatience, à vous de voir quel sentiment l’emportera chez vous. Pour ma part, je ne regrette pas d’avoir replongé, mais je me contenterai de ce premier trempage d’orteils dans ce fascinant océan. Je pense désormais attendre sagement jusqu’à ce que le jeu soit définitivement prêt pour le grand plongeon.
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