Après un bien piètre Mortal Kombat en 2021, Simon McQuoid est de retour pour une suite, sobrement intitulée Mortal Kombat II. Et il a enfin compris comment faire honneur à ce lore complètement WTF, articulé autour de combats sanglants et violents. Notre critique.

En amont de la sortie de Mortal Kombat II (le film, pas le jeu), je me suis farci à nouveau Mortal Kombat, son piètre prédécesseur. Je n’en avais pas gardé un bon souvenir, et ce deuxième visionnage n’y a rien changé. C’était même pire que ce que j’avais gardé en tête : après une introduction il est vrai réussie, le film s’enlise dans un scénario sans queue ni tête, et beaucoup trop serious business pour une telle adaptation.

Mais Warner Bros. ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin. Puisque les « sagas cinématographiques » sont à la mode, l’idée était de faire de Mortal Kombat un point de départ pour des suites. Il fallait toutefois un sacré pompon pour me donner envie de faire un nouveau tour de manège. Et Mortal Kombat II l’a trouvé en la personne de Karl Urban. Par chance, l’acteur de la série The Boys (entre autres) n’est pas l’unique atout d’un film qui fait absolument tout mieux que son prédécesseur. Ce qui n’était pas très dur…

Il n’y a pas d’offres pour le moment

Le film Mortal Kombat II a mieux compris Mortal Kombat que le film d’avant

Qu’on se le dise, Mortal Kombat, premier du nom, s’était trompé de chemin, en hissant son récit bien trop loin du lore, il est vrai WTF, de la saga vidéoludique. Comme s’il y avait la volonté d’intellectualiser toute une mythologie réputée pour sa violence et, surtout, son kitsch. Simon McQuoid a fait fausse route en se contentant de ramener quelques noms autour d’une histoire risible. En gros, les méchants, n’ayant plus qu’un tournoi à remporter pour accaparer la Terre, avaient décidé de tricher en tuant les héros avant l’événement. Pas de tournoi, pas de vrai Mortal Kombat, et surtout zéro fidélité à l’essence de l’oeuvre originale.

Mortal Kombat II opère donc le grand écart attendu

Mortal Kombat II opère donc le grand écart attendu, digne d’un Johnny Cage qui s’apprête à asséner un coup de poing dans les parties intimes de son adversaire. Dans Mortal Kombat II, alleluia, le tournoi a bien lieu et tout ne devient plus qu’un prétexte à un enchaînement de combats plus ou moins impressionnants et gores (ce qui n’était pas le cas de Mortal Kombat). Soit exactement ce pourquoi on a envie d’aller voir un film estampillé Mortal Kombat, jamais très loin du défilé. On aurait quand même aimé voir plus de sang, puisque tous les décors sont un peu trop sombres. En n’y voyant pas grand-chose, on perd un peu du spectacle jubilatoire des jeux développés par NetherRealm Studios (qui va de plus en plus loin dans l’hémoglobine), d’autant que les effets spéciaux ne sont pas toujours à la fête.

Mortal Kombat 2
Mortal Kombat 2 // Source : Warner Bros.

Dans ce vaste cirque bien plus assumé, Karl Urban cabotine à la perfection, évitant d’en faire des caisses pour ne pas tomber dans la caricature d’un personnage déjà bien trop caricatural (une ex-gloire d’Hollywood ratée, ringarde et désabusée). Il surnage dans ce casting où se côtoient le passable, le médiocre et le correct. Karl Urban, qui a la gueule de l’emploi, a été engagé pour ça, sachant que l’absence de son personnage était très étrange dans le premier opus. Les scénaristes avaient préféré inventer un héros de toutes pièces, devenu figurant, ou presque, dans Mortal Kombat II. Une autre manière d’assumer les forces de l’univers, en les respectant beaucoup mieux.

Bien évidemment, Mortal Kombat II n’est pas du tout un film intelligent, mais le ton décomplexé permet de mieux digérer le grand n’importe quoi qui défile à l’écran : les combattants sont téléportés dans des décors qui ressemblent aux niveaux d’un jeu vidéo, et leur objectif est d’assurer des chorégraphies qui en donnent pour leur argent. Entre temps, ce bon vieux Johnny Cage aura pris soin de balancer une ou deux punchlines, avec même quelques piques à certaines sagas phares (Squid Game, Le Seigneur des anneaux…). Cet humour est là pour contrebalancer la violence, avec des blagues qui compensent les crânes brisés, les torses empalés et les gorges lacérées. Et Mortal Kombat II n’est jamais en quête de subtilité, dans le fond comme dans la forme. C’est une sacrée marque d’autodérision, même si le film gagnerait encore à être plus kitsch (comme le tout premier réalisé par Paul W.S. Anderson, avec Christophe Lambert).

Mortal Kombat II n’oublie pas non plus d’incarner ce fan service qui fera plaisir aux férus de l’univers imaginé par NetherRealm Studios, de la bande son à certaines phrases emblématiques (« Finish him ! »), en passant par l’apparition d’Ed Boon — l’un des pères des jeux vidéo Mortal Kombat — ou une poignée de signature moves. Tous ces ingrédients font que le long métrage m’aurait presque donné envie de jouer, ce qui est plutôt une bonne nouvelle.

Le verdict

Mortal Kombat II. // Source : Warner
7/10

Mortal Kombat 2

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Alleluia, Mortal Kombat II fait tout mieux que son prédécesseur. D’aucuns diraient que ce n’était pas très difficile, au regard de là où on partait. Mais quand même : faire tenir un empilement de combats au sein d’un lore WTF, avec une intrigue prétexte et un casting suffisamment impliqué, relève de l’exploit. Mortal Kombat II est en réalité ce qu’aurait dû être son prédécesseur, relégué au rang de film qui a fait fausse route. En s’axant sur les combats et en assumant beaucoup plus le côté nawak des jeux vidéo, cette suite remplit sa part du marché. C’est neuneu comme pas possible, mais suffisamment jouissif pour assurer le spectacle.
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