Si vous avez suivi chaque instant de la mission Artémis II et de son départ vers la Lune, vous savez que ce type de mission constitue un événement d’une grande complexité à orchestrer, tant sur le plan logistique qu’humain. Entre les calculs précis de trajectoire, la coordination des équipes au sol et la préparation minutieuse des astronautes, chaque détail compte pour assurer le succès et la sécurité d’une mission comme celle de la NASA.
Des préparatifs qui ne sont pas forcément montrés au grand public, souvent plus friand des décollages spectaculaires et des images impressionnantes que des longues heures de calculs, d’entraînements et de vérifications minutieuses.
Quels sont les meilleurs mangas de science-fiction (SF) en 2026 ?
- Space Brothers
- Planètes
- 2001 Nights Stories
- Léviathan
- Eden: It’s an Endless World !
- A Journey Beyond Heaven
- Neon Genesis Evangelion
- Je suis Shingo
- Last Hero Inuyashiki
- Blame !
Space Brothers
C’est pourtant le parti pris du manga Space Brothers, écrit et dessiné par Chūya Koyama, que de raconter l’entraînement de deux frères pour devenir astronautes. À la manière de l’excellente bande dessinée Dans la combi de Thomas Pesquet de Marion Montaigne, Space Brothers relate les étapes de la préparation de plusieurs personnages pour participer à une mission spatiale.

L’œuvre n’appartient pas totalement au genre de la science-fiction, mais n’en est pas moins une belle introduction à celui-ci. La crédibilité scientifique et le réalisme du manga permettent de parler du défi d’être astronaute d’une manière rarement abordée dans la bande dessinée. Le récit n’en oublie pas d’être profondément humain, en particulier le duo fraternel central et leurs rêves d’enfance. Space Brothers compte actuellement 45 volumes, édités en France par Pika. La fin du manga est prévue pour cet été au Japon.
Planètes
Space Brothers offre une vision finalement terre-à-terre du métier d’astronaute, approche que partage également le mangaka Makoto Yukimura dans son excellent manga Planètes, édité chez Panini en une édition en 3 tomes. En poussant son récit jusqu’en 2075, Yukimura aborde la conquête spatiale sous un prisme différent : celui des éboueurs de l’espace.

Planètes suit le quotidien de Hachimaki, un éboueur qui rêve de posséder son propre vaisseau, et qui va aller de galère en galère pour poursuivre son rêve. Toujours très proche de notre réalité, le manga évoque, par son aspect nettoyeur de l’espace, le très beau segment La Rose Magnétique du film Memories, dont le manga est d’ailleurs édité chez Glénat dans l’Anthologie de Katsuhiro Otomo. Les deux œuvres offrent une vision moins glamour des métiers de l’espace, mais terriblement passionnante.
2001 Nights Stories
Ce réalisme cru se retrouve dans de nombreux titres qui ont marqué les grandes heures du manga, dont le chef-d’œuvre de science-fiction 2001 Nights Stories. Né de l’imagination de Yukinobu Hoshino et pensé comme une suite spirituelle de 2001 : L’Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick et d’Arthur C. Clarke, 2001 Nights Stories raconte l’exploration du système solaire par l’espèce humaine, jusqu’aux confins de l’univers.

Longtemps introuvable en France, cette édition majestueuse en 2 tomes, signée Glénat, permet de profiter du trait si délicat de Yukinobu Hoshino dans un grand format très agréable. Si vous êtes passionnés par le genre et souhaitez découvrir un monument de la science-fiction, l’épopée de 2001 Nights Stories pourrait bien vous emmener très loin.
Léviathan
Mais l’exploration spatiale, ce n’est pas seulement des découvertes fabuleuses et la contemplation des étoiles. C’est aussi le syndrome du mal de l’espace, les nausées, la désorientation… et parfois les meurtres sanglants. C’est en tout cas le récit dans lequel nous plonge Shiro Kuroi dans son manga en 3 tomes intitulé Léviathan, édité chez Ki-oon. Le Léviathan, c’est un immense vaisseau spatial à la dérive, dans lequel s’est déroulé un massacre pour le moins barbare entre collégiens d’une même classe.

À la manière de Kazuo Umezu et de son École emportée — qui profite d’ailleurs d’une super réédition chez Glénat –, le mangaka prend un malin plaisir à mettre en scène un jeu de massacre entre enfants, perdus dans l’immensité de l’espace. Léviathan, c’est à la fois étrange et violent, et c’est surtout un whodunnit bien ficelé et aux graphismes léchés, qui s’inscrit pleinement dans le genre de la science-fiction.
Eden: It’s an Endless World !
Mais, alors que tout ce beau monde évolue parmi les étoiles, il serait dommage d’oublier que la science-fiction ne se résume pas à la conquête spatiale. Pendant que certains naviguent dans l’immensité de l’univers pour le meilleur et pour le pire, celles et ceux qui restent sur notre bonne vieille Terre ont de quoi faire. Dans Eden: It’s an Endless World! d’Hiroki Endo, l’humanité est confrontée à une pandémie mondiale qui transforme les gens en minéraux.

Originellement publiée en 1998, Eden est avant tout une œuvre politique, qui emprunte énormément aux créations de Masamune Shirow (Appleseed et Ghost in the Shell) pour son univers crédible et ses mechas, et à Akira pour ses graphismes saisissants. C’est aussi, et surtout, un manga de SF cru et violent, qui n’épargne personne : ni les religions, ni les États, ni ses personnages. Dans son édition Perfect en 9 volumes, publiée chez Panini Manga, Eden: It’s an Endless World! est à (re)découvrir d’urgence.
A Journey Beyond Heaven
Maladies et catastrophes sont également au cœur de A Journey Beyond Heaven, le manga de Masakazu Ishiguro, publié depuis 2018 au Japon et, chez nous, depuis 2020 par Pika. Si les graphismes et l’histoire font d’abord penser à Akira, le rythme et la mise en scène s’inscrivent moins dans le dynamisme que dans la contemplation. Dans un monde où une catastrophe sans précédent a détruit la civilisation moderne, un groupe d’enfants vit dans un établissement isolé du monde extérieur, sous le contrôle de scientifiques. Ailleurs, un garçon voyage à travers ce Japon dévasté à la recherche d’un lieu au nom énigmatique.

A Journey Beyond Heaven pourrait être un titre confus en raison de ses multiples points de vue et temporalités. Il l’est d’ailleurs souvent, mais retombe toujours sur ses pieds. Masakazu Ishiguro a l’intelligence de réduire l’échelle à mi-parcours pour mieux se raccrocher à ses personnages, tous attachants. 13 tomes sont pour l’instant sortis dans ce titre qui pourrait bien devenir un futur classique du genre.
Neon Genesis Evangelion
Et quand on parle de classiques, il est difficile de ne pas évoquer certains grands titres de la SF en manga, que nous ne citerons pas ici, l’idée étant plutôt de partager d’autres œuvres — vous avez tous lu Akira et Gunnm, on est d’accord –. Pourtant, un classique est sur le point de revenir sur le devant de la scène, et sa version manga mérite vraiment d’être lue. Parue avant l’anime, Neon Genesis Evangelion compte 7 tomes dans sa Perfect Edition, publiée chez Glénat.

Parallèlement à la diffusion de l’anime, le manga, écrit et dessiné par Yoshiyuki Sadamoto, le character designer principal de la série, a été publié au Japon à partir de 1994. Bien que le scénario suive globalement celui de l’anime, plusieurs différences existent entre les deux œuvres, notamment sur la fin, qui ne correspond ni à celle de la série ni à celle des films. Mieux maîtrisé sur certains aspects, le manga est empreint d’une mélancolie encore plus prononcée que celle de l’anime, ce qui n’était pas une mince affaire. Si vous aimez les robots géants et les ados en pleine crise, foncez.
Je suis Shingo
Des robots, il y en a aussi dans l’œuvre étrange et fascinante de Kazuo Umezu, Je suis Shingo. Shingo, c’est un robot industriel tout ce qu’il y a de plus classique, sauf dans les yeux de Satoru, dont le père travaille dans l’usine qui accueille la machine. Lorsque le jeune garçon découvre qu’un robot a été mis en service sur la chaîne de production, il se prend de fascination pour lui, et lui donne un prénom. Mais, dans ses circuits imprimés, commence à germer un début d’âme.

Il est impossible de résumer Je suis Shingo sans passer pour un fou, tant l’œuvre de Kazuo Umezu, maître incontesté du manga d’horreur — à qui Junji Ito doit beaucoup — est démesurée et inclassable. À la fois histoire de science-fiction pure, manga d’horreur et récit de métaphysique absolue, Je suis Shingo parvient, en 6 tomes seulement, à recréer le mythe de Frankenstein version boulon, tout en étant précurseur sur la question de l’IA. Culte.
Last Hero Inuyashiki
Frankenstein reste encore et toujours à la base de l’idée de transformation du corps humain, sous tous ses degrés et excès. L’œuvre de Mary Shelley, considérée comme la première œuvre de science-fiction jamais écrite, trouve également sa place dans le registre du body horror, dont Last Hero Inuyashiki pourrait être un digne représentant. En 10 tomes, le manga de Hiroya Oku — à qui l’on doit la très populaire série Gantz — explore ici les thèmes du corps qui change, de l’esprit qui vieillit, et de la place des laissés pour compte dans la société.

Ichirō Inuyashiki approche de ses 60 ans, et sa santé se dégrade, tout comme sa place au sein de sa famille et de la société japonaise. Frappé par un étrange objet tombé du ciel, le corps du vieil homme se transforme et s’agrémente de pièces mécaniques qui lui confèrent d’immenses pouvoirs, qu’il mettra au service de l’humanité. On retrouve, en effet, un peu du chef-d’œuvre Tetsuo, le film de Shin’ya Tsukamoto, dans Last Hero Inuyashiki. Mais ici, la noirceur laisse place à un souffle d’espoir, dans un récit sous haute tension.
Blame !
Il est difficile de placer Blame!, le manga de Tsutomu Nihei, dans cette liste déjà bien fournie. Le mettre en toute fin semble être la meilleure manière d’aborder l’œuvre colossale du mangaka, tant elle donne le vertige par son échelle spatiale et temporelle gigantesque. Ce manga de science-fiction cyberpunk échappe presque à toute classification, si ce n’est celle de la démesure.

« Peut-être sur Terre. Peut-être dans le futur », nous dit l’introduction. La Mégastructure dans laquelle se déroule le récit est une cité gigantesque et labyrinthique, d’une taille impossible à appréhender. Killee est un enquêteur en quête d’un terminal génétique sain. Pour y parvenir, il doit parcourir cette cité immense, dont la construction ne s’arrête jamais, afin de trouver l’objet de sa mission.
Dans Blame! se succèdent des espaces liminaux, des zones impossibles à comprendre, des étendues sans fin. Mais surtout, la cité futuriste dépeinte par Tsutomu Nihei est sans doute la plus inouïe jamais imaginée dans une œuvre, à l’image de cette pièce gigantesque que traverse le personnage principal et qui contenait jadis Jupiter dans son intégralité.
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